Un groupe d’opposants syriens affirmant représenter la majorité des mouvements d’opposition en territoire syrien a annoncé jeudi à Istanbul la création d’une « Alliance nationale » des forces révolutionnaires pour renverser le régime du président syrien Bachar al-Assad.
« Le régime a tué, arrêté, torturé et déplacé des dizaines de milliers de personnes. C’est pourquoi, différents groupes révolutionnaires ont cherché à unifier leur direction opérationnelle et politique pour joindre leurs forces et renverser le régime », a déclaré devant la presse Muhammed Bessam Imadi, ex-ambassadeur de Syrie en Suède et président de l’Alliance.
« Maintenant que les conditions (…) sont réunies, il est devenu nécessaire de nous révéler au public. Ainsi, nous annonçons l’Alliance nationale des forces, coordinateurs et conseils de la révolution syrienne (Al Leeqa) », a poursuivi M. Imadi, lisant un communiqué.
L’ancien diplomate a indiqué qu’Al Leeqa comprenait « la majorité des groupes révolutionnaires qui conduisent la révolution en Syrie ».
« Nous sommes parvenus à rassembler tous ces groupes sous un même parapluie », a-t-il ajouté, affirmant que son mouvement venait d’être reconnu et accepté au sein du Conseil national syrien (CNS), qui affirme également fédérer la majorité des forces d’opposition à la fois en Syrie et en exil.
Interrogé par l’AFP, M. Imadi a précisé qu’Al Leeqa était une structure rassemblant la plupart des Comités locaux de coordination (LCC), qui organisent l’activité des mouvements de contestation par quartier et par ville.
Les LCC étaient déjà représentés au sein du CNS, « mais seulement une faible proportion d’entre eux », a souligné l’opposant, estimant que le CNS avait « perdu le contact » avec la base des mouvements révolutionnaires en Syrie.
Répondant aux questions de journalistes, M. Imadi a indiqué qu’Al-Leeqa « soutient l’Armée syrienne libre », composée de déserteurs de l’armée passés à l’opposition, « dès lors qu’elle protège les civils et la révolution pacifique en Syrie ».
Le diplomate a souligné qu’à titre personnel, il avait principalement travaillé à la coordination des groupes révolutionnaires à Damas.
La Syrie a réagi à cette annonce en accusant M. Imadi d’avoir commis « des infractions et des crimes qui ont conduit à son licenciement ».
« M. Imadi a usé de son autorité pour acquérir des gains matériels alors qu’il était ambassadeur en Suède », a affirmé dans un communiqué Jihad Makdessi, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.
« L’adhésion d’une personne comme M. Imadi à l’opposition montre à l’opinion publique la réalité de ceux qui se font appeler les opposants de l’extérieur », a-t-il ajouté.
La haut commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU, Navi Pillay, a donné mardi une estimation de plus de 5.000 personnes tuées depuis le début de la contestation en Syrie, le 15 mars. Elle a également pressé le Conseil de sécurité d’en saisir la CPI.
ISTANBUL, 15 déc 2011 (AFP)
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