Effondrement spectaculaire de Simad Holdings
Moins de six mois après une levée de fonds de 620 millions de shekels sur le marché de Tel Aviv, Simad Holdings s’est retrouvée en crise de dette, marquant l’une des chutes les plus rapides de l’histoire boursière locale. Cette société, dirigée par les frères Michael et David Shabsels, a vu ses propriétaires vider les caisses avant de plonger dans un endettement abyssal, estimé à plus d’un milliard de dollars. Malgré un parcours jalonné d’irrégularités, Simad avait pourtant gagné la confiance de plusieurs grands gestionnaires d’investissement israéliens, ainsi que des agences de notation qui ont attribué à ses obligations une note favorable. Cette confiance s’est révélée mal placée, laissant les créanciers locaux dans une situation précaire.
Les frères Shabsels, figures bien connues de la communauté juive new-yorkaise, ont bâti leur empire à partir d’une entreprise de magazines sportifs avant de se lancer dans l’immobilier et les colonies de vacances juives aux États-Unis. Leur holding, Damis, détient une centaine d’actifs évalués à environ un milliard de dollars, comprenant des centres commerciaux, des hôtels, et près de 1 800 logements locatifs. Cependant, derrière cette façade prospère se cachait un réseau complexe de dettes et de garanties hypothécaires, aggravé par des prêts à court terme très coûteux, dits « merchant cash advances », qui ont généré des remboursements dépassant 200 millions de dollars. Le retrait de 32 millions de dollars par Michael Shabsels sur les comptes de Simad a précipité la suspension de la cotation des obligations et déclenché une enquête de l’autorité des marchés israélienne.
Cette crise a également mis en lumière des pratiques controversées, notamment la séparation des terrains des actifs immobiliers pour multiplier les hypothèques, ainsi que des conflits juridiques avec des partenaires des colonies de vacances. Malgré ces signaux, les autorités de régulation israéliennes et les institutions financières n’ont pas détecté les risques majeurs. Plusieurs sociétés d’investissement et compagnies d’assurance israéliennes avaient souscrit aux obligations émises par Simad, séduites par l’image philanthropique des frères Shabsels, qui s’étaient investis dans des œuvres communautaires juives. Toutefois, les relations entre les frères et leurs créanciers israéliens se sont rompues depuis leur éviction de la gestion de l’entreprise, désormais sous administration judiciaire.
L’affaire Simad Holdings illustre les risques liés à la complexité des structures financières internationales et à la confiance accordée à des dirigeants charismatiques mais aux pratiques douteuses. Elle soulève des questions sur la vigilance des régulateurs et des investisseurs face à des groupes aux dettes opaques et aux montages financiers sophistiqués. Alors que les procédures judiciaires se poursuivent, les créanciers israéliens tentent de limiter leurs pertes, tandis que l’avenir des colonies de vacances et des autres actifs du groupe reste incertain. Ce cas met en garde contre une expansion rapide sans contrôle rigoureux, même dans des secteurs apparemment stables et bien établis.
Cette débâcle financière, qui mêle dettes colossales, pratiques contestables et rupture des liens avec les investisseurs, marque un tournant dans la perception des risques liés aux investissements transatlantiques. Elle rappelle l’importance d’une surveillance accrue et d’une transparence renforcée pour éviter que de telles faillites ne se reproduisent, avec des conséquences lourdes pour les marchés et les communautés impliquées.
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