Après l’Allemagne, c’était au tour du Brésil de chuter
Les têtes tombent en Amérique. Pas celle de Folarin Balogun, revissée sur les épaules de l’attaquant de l’AS Monaco et de l’équipe nationale étasunienne par la grâce de la Fifa.
Non, en l’occurrence, après l’Allemagne en 16es de finale, c’était au tour du Brésil de chuter en 8es, dimanche.
La Seleçao, c’est le mythe, cette tunique dorée synonyme de jeu, de beau jeu, de football tout simplement.
Sauf qu’à l’image d’un Neymar qui n’est plus que l’ombre du génie qu’il a été, et qui prend sa retraite internationale, le Brésil n’a plus les atouts de ses devanciers, le rêve s’est estompé, la magie, envolée. Rivaldo, Ronaldinho, Ronaldo… Les stars sont en tribunes plus que sur le pré.
Cette équipe n’était pas vue comme l’une des favorites à la victoire finale avant les trois coups. Les plus optimistes pouvaient se dire : «pourquoi pas?». Mais non, la réalité a rattrapé ce faible Brésil.
Une réalité nommée Norvège (2-1), avec Erling Haaland en bourreau, Orjan Nyland en gardien du temple. Brocardés pour avoir aligné l’équipe B face aux Bleus (1-3), les Norvégiens ont réussi leur pari.
Carlo Ancelotti et les Brésiliens ont perdu le leur. Ils ont aussi et surtout perdu la flamme, la folie, le génie. Le Brésil n’est plus magique et a payé le prix de ses impairs avec cette triste sortie de piste.
Le Brésil inspirait à une époque, ce n’est plus le cas.
Rai, ancien capitaine de la Seleçao et champion du monde 94
Une surprise ? Pas si vous demandez à Rai, l’ancien capitaine de la Seleçao, champion du monde 1994. Il avait tout annoncé pour Le Figaro. Il n’y avait qu’à demander tout était dit, écrit noir sur blanc : «Les autres pays ont beaucoup évolué. Et mieux. Il y a aussi la partie artistique. Aujourd’hui, on voit des grands joueurs dans plusieurs pays différents. Le Brésil inspirait à une époque, ce n’est plus le cas. (…) Le Brésil a cru qu’il aurait à vie un Pelé, un Rivaldo, un Socrates prêt à tomber du ciel. Que le talent pur suffirait. Et depuis 20 ans, ce n’est plus la réalité. Il faut travailler, car les dirigeants ont été un peu fainéants, contrairement à la France, l’Espagne, le Portugal. Le pays s’est vu trop beau. Jusqu’en 2006, on était les meilleurs et après, tout s’est déréglé. Par manque de travail, de stratégie globale et de vision», assure l’ex-Parisien.
Si tout n’est pas à reconstruire, il y a du travail. Il a déjà été engagé. Il doit être poursuivi. Aujourd’hui, les magiciens sont Espagnols, Argentins, Français. Pas Brésiliens. Le géant auriverde est tombé. Mais en fait, ça ne date pas d’hier. À d’autres d’écrire en lettres d’or l’histoire de la Coupe du monde 2026. Le Brésil devra bosser pour reprendre le cours de la sienne.
JForum.fr avec lefigaro.fr
Vinicius et les Brésiliens ne verront pas les quarts de finale du Mondial. Carlos Barria / REUTERS
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