Irlande du Nord : Epicerie saccagée, véhicules incendiés… Les émeutes anti-immigration embrasent Belfast.

En Irlande du nord depuis une attaque au couteau imputée à un réfugié soudanais, des manifestations anti-immigration provoquent le chaos à Belfast.

Le chaos a deux sources essentielles : l’immigration et les violences qu’elle engendre, ainsi que le déni de la gauche, qui constitue une insulte aux victimes. Ces deux éléments poussent à la révolte dans la mesure où, au lieu de prendre la mesure du problème, celui-ci est nié par une caste gouvernante idéologisée qui méprise les nationaux, ceux qui ont bâti une nation, et privilégie des antinationaux qui n’ont aucune attache ni aucun respect pour les valeurs qui fondent le pays qu’ils méprisent.

Cette colère, qui s’exprime un peu partout en Europe, sonne le glas d’une gauche aveuglée par son idéologie et qui s’enferre dans un double déni : celui de la réalité et celui de l’échec d’un demi-siècle de domination dite intellectuelle et pseudo-morale. La même gauche qui, il y a peu, faisait l’éloge de la pédophilie à travers certains intellectuels qu’elle encensait accumule aujourd’hui les motifs de procès à son égard et accroît la vindicte de la population sur des sujets sociétaux qui concernent la majorité des citoyens.

De son côté, la gauche a privilégié les droits de certaines minorités au mépris de la majorité, comme pour mettre la poussière sous le tapis. La voilà rattrapée par tous les scandales qu’elle a favorisés et, au lieu de reconnaître ses erreurs, elle s’empresse d’insulter ceux qui dénoncent ses errements en les traitant de fascistes ou d’extrême droite, comme si cela suffisait à délégitimer leurs causes.

Cette double erreur favorise les extrêmes en provoquant une colère qui perturbe la raison.

Des incendies brûlent autour de véhicules de police alors que des manifestants derrière affrontent la police à Glengormley, au nord de Belfast, en Irlande du Nord, le 10 juin 2026. La police a utilisé des canons à eau tard le 10 juin pour disperser les petites foules qui s’étaient rassemblées pour une deuxième nuit en Irlande du Nord, les autorités britanniques accusant des militants d’extrême droite d’avoir attisé la colère sur les réseaux sociaux à la suite d’un violent coup de couteau.

Dès mardi, dans l’est de Belfast, des émeutiers anti-immigration ont incendié plusieurs véhicules, dont un bus, après l’agression au couteau.

L’intérieur détruit d’une épicerie indienne dans le quartier de Templemore, à la suite des émeutes nocturnes.

L’intérieur détruit d’une épicerie indienne dans le quartier de Templemore, à la suite des émeutes nocturnes.

Les appels à manifester ont été relayés par des figures d’extrême droite, notamment le militant Tommy Robinson - de son vrai nom Stephen Yaxley-Lennon - et par le milliardaire américain Elon Musk.

Les appels à manifester ont été relayés par des figures d’extrême droite, notamment le militant Tommy Robinson – de son vrai nom Stephen Yaxley-Lennon – et par le milliardaire américain Elon Musk.

Après les premières émeutes mardi soir, un travailleur a dû nettoyer les débris devant un bus incendié dans l’est de Belfast.

Après les premières émeutes mardi soir, un travailleur a dû nettoyer les débris devant un bus incendié dans l’est de Belfast.

Mercredi, au deuxième jour des émeutes, la police a utilisé des canons à eau pour disperser la foule près de Newtownabbey, à Belfast.

Mercredi, au deuxième jour des émeutes, la police a utilisé des canons à eau pour disperser la foule près de Newtownabbey, à Belfast.

Mardi, un bâtiment a été incendié dans le quartier de Sandy Row, dans le centre-ville de Belfast. La police d’Irlande du Nord a lancé un appel au calme, en vain.

Mardi, un bâtiment a été incendié dans le quartier de Sandy Row, dans le centre-ville de Belfast. La police d’Irlande du Nord a lancé un appel au calme, en vain.

Des voitures et bâtiments incendiés dans le quartier de Templemore à la suite des émeutes nocturnes. Des barrages routiers ont été mis en place dans tout Belfast, paralysant une grande partie de la ville. Les manifestants réclament l’arrêt de l’immigration en Irlande du Nord.

Des voitures et bâtiments incendiés dans le quartier de Templemore à la suite des émeutes nocturnes. Des barrages routiers ont été mis en place dans tout Belfast, paralysant une grande partie de la ville. Les manifestants réclament l’arrêt de l’immigration en Irlande du Nord.

Les habitants commencent à nettoyer la rue Lendrick après la première nuit d’émeutes anti-immigrés mardi.

Les habitants commencent à nettoyer la rue Lendrick après la première nuit d’émeutes anti-immigrés mardi.

Au deuxième jour des émeutes, les autorités ont dénoncé le rôle des réseaux sociaux et accusé certains d’avoir attisé la colère en ligne. La police a prévenu dans la foulée que la diffusion sur les réseaux sociaux d’adresses de ressortissants étrangers pourrait « constituer une infraction pénale ».

Au deuxième jour des émeutes, les autorités ont dénoncé le rôle des réseaux sociaux et accusé certains d’avoir attisé la colère en ligne. La police a prévenu dans la foulée que la diffusion sur les réseaux sociaux d’adresses de ressortissants étrangers pourrait « constituer une infraction pénale ».

Des manifestants ont lancé des projectiles, briques et bouteilles en verre sur les forces de l’ordre et incendié au moins une poubelle, a rapporté la police. Elle a fait usage d’un canon à eau pour disperser la foule.

Des manifestants ont lancé des projectiles, briques et bouteilles en verre sur les forces de l’ordre et incendié au moins une poubelle, a rapporté la police. Elle a fait usage d’un canon à eau pour disperser la foule.

La police veut empêcher les manifestants de rentrer dans le centre-ville alors que des centaines de manifestants anti-immigration masqués traversent mardi Glasgow, en Écosse, en parallèle des mouvements à Belfast. La manifestation, qui avait débuté dans le calme, est rapidement devenue violente.

La police veut empêcher les manifestants de rentrer dans le centre-ville alors que des centaines de manifestants anti-immigration masqués traversent mardi Glasgow, en Écosse, en parallèle des mouvements à Belfast. La manifestation, qui avait débuté dans le calme, est rapidement devenue violente.

« Nous ne nous soumettrons jamais » : après la terrible attaque au couteau de Belfast, l’Irlande du Nord s’enflamme contre les immigrés.

Après qu’un réfugié soudanais a grièvement blessé au couteau un homme âgé d’une quarantaine d’années, de violentes émeutes ont éclaté en Grande-Bretagne. Elles surviennent une semaine après une vague de colère suscitée par le meurtre du jeune Henry Nowak.

La capitale d’Irlande du Nord s’est embrasée. Une attaque « odieuse » au couteau perpétrée par un réfugié soudanais a mis le feu aux poudres. La colère anti-immigrés a viré à l’émeute mardi soir, des manifestants s’en prenant à des biens appartenant à des communautés d’origine étrangère. Une nouvelle poussée de fièvre qui intervient après d’autres émeutes à Southampton, ayant fait suite au procès du meurtrier du jeune Henry Nowak.

Les violences ont éclaté après l’annonce par la police de l’arrestation d’un Soudanais de 30 ans, Hadi Alodid. Les images de l’attaque, qui ont couru les réseaux sociaux, sont terribles. On voit l’agresseur armé d’un couteau, plaquant un autre homme au sol, s’asseyant sur lui avant de le poignarder à plusieurs reprises à la tête dans ce qui ressemble à une tentative de décapitation. La victime, Steven Ogilvy, un homme d’une quarantaine d’années, a perdu l’œil gauche et souffre de graves blessures au visage et au dos. Un couteau de cuisine a été retrouvé sur les lieux. Trois hommes sont intervenus, l’un d’eux neutralisant l’assaillant avec une espèce de batte.

Des centaines de manifestants, souvent masqués, se sont rassemblés mardi en début de soirée en plusieurs points de la ville, lançant des cocktails Molotov. Des voitures, un bus, un véhicule de police ont été incendiés. Puis c’est un immeuble, un magasin d’alimentation arabe et un salon de coiffure turc, et d’autres maisons qui ont été pris pour cible. Un pasteur a déclaré à la BBC que des personnes ont été chassées de chez elles « parce qu’elles sont noires ». Nombre de ces incidents se sont produits dans les quartiers loyalistes de Belfast-Est. Tout en dénonçant « l’odieuse » attaque au couteau, la première ministre nord-irlandaise, Michelle O’Neill, membre du Sinn Féin, a condamné les actes lâches de « voyous masqués qui incendient des maisons où vivent des familles ». Keir Starmer a dénoncé des violences « complètement inacceptables ».

« Nous ne nous soumettrons jamais »
D’autres troubles ont éclaté en plusieurs autres endroits de la province, voire du Royaume-Uni. Une manifestation importante a eu lieu dans le centre de Glasgow. Des hommes masqués y portaient notamment des banderoles où l’on pouvait lire : « Nous ne nous soumettrons jamais. » Sur les réseaux, des vidéos montrent des manifestants s’en prendre à des personnes qu’ils pensent être des immigrés. Un hôtel hébergeant des migrants aurait aussi été ciblé à Liverpool. Mercredi soir, plus d’une centaine de manifestants se sont à nouveau rassemblés en plusieurs points de Belfast, nécessitant parfois l’usage de canons à eau par les forces de l’ordre pour les disperser.

Mardi, dans la journée, des militants nationalistes avaient lancé un appel à manifester dans tout le pays. Stephen Yaxley-Lennon, alias Tommy Robinson, a ainsi dénoncé « une nouvelle attaque d’envahisseurs contre notre peuple ». L’activiste Jim Allister, chef du parti nord-irlandais Traditional Unionist Voice, formation probritannique radicale, s’est adressé aux députés en demandant : « Que fera-t-on pour empêcher l’importation d’une culture étrangère qui s’arroge le droit de décapiter quelqu’un au sein même du Royaume-Uni ? » Sur X, Elon Musk a relayé ces appels en encourageant à « manifester fortement ».

Sur le front politique, Nigel Farage, chef du parti Reform UK, et Rupert Lowe, un dissident de ce parti qui a créé lui aussi un parti anti-immigration, Restore UK, ont immédiatement demandé des détails sur le profil de l’attaquant. Le ministère de l’Intérieur a confirmé qu’il s’agissait d’un réfugié soudanais, titulaire d’un permis de séjour valable jusqu’en 2028, après être arrivé au Royaume-Uni en 2023, via Paris, puis Dublin, et avoir obtenu le statut de réfugié. L’homme affirme être entré au Royaume-Uni via la Common Travel Area (« zone commune de voyage »), qui permet la libre circulation entre le Royaume-Uni, l’Irlande, l’île de Man et les îles Anglo-Normandes. Depuis longtemps, des voix de la droite dénoncent une « porte dérobée » pour entrer au Royaume-Uni, l’Irlande appliquant des critères moins stricts en matière d’admission des réfugiés.

Deuxième poussée de fièvre en une semaine
Cette flambée de colère intervient un an après les émeutes anti-immigrés de Ballymena, qui avaient secoué l’Irlande du Nord durant plusieurs jours. Des violences contre des hôtels hébergeant des migrants avaient éclaté après l’arrestation de deux adolescents roumains accusés d’avoir tenté de violer une jeune fille dans le nord de la province. Des dizaines de policiers avaient été blessés. Un an avant encore, à l’été 2024, comme nombre de villes du Royaume-Uni, Belfast s’était embrasé après le meurtre au couteau de trois fillettes par un jeune homme d’origine rwandaise à Southport.

Il s’agit aussi de la deuxième poussée de fièvre dans le royaume en une semaine, après des manifestations, auxquelles Tommy Robinson a participé, à la suite du procès du meurtrier de Henry Nowak. Cet étudiant de 18 ans avait été poignardé à mort par Vickrum Digwa, un sikh britannique, à Southampton. Les images du jeune étudiant, accusé à tort d’injures racistes par son meurtrier et menotté par la police alors qu’il agonisait, ont suscité une profonde onde de choc. Deux émeutiers ont été condamnés à des peines de prison de près de trois ans. De manière plus ou moins virulente, la droite britannique dénonce une police à deux vitesses et le système tout entier « biaisé contre les Blancs ». Le vice-président américain, JD Vance lui-même, a donné de la voix. Le jeune homme « devrait être en vie aujourd’hui et il le serait si les dernières générations d’élites européennes avaient tenu bon face aux politiques de haine de soi et d’invasion massive de migrants, dont beaucoup méprisent l’Occident », a-t-il écrit sur X.

« Il ne s’agit pas de race. Il s’agit d’immigration, a déclaré Arlene Foster, ancienne première ministre nord-irlandaise issue du Parti unioniste démocrate, à Sky News. L’immigration incontrôlée est le problème et c’est sur cela que nous devons nous concentrer. » Tandis que le « tsar antiterroriste », l’expert indépendant chargé par le gouvernement britannique de l’examen de la législation antiterroriste, Jonathan Hall, a averti qu’il fallait se pencher sérieusement sur l’aspect déstabilisateur des migrations. En considérant non plus seulement le sujet sous l’angle de l’économie ou du logement, « mais aussi celui de la sécurité nationale ».

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