Le Hezbollah menace-t-il de déstabiliser le Liban? Il l’a déjà fait.

Chaim Lax

Le secrétaire général du Hezbollah a récemment menacé de renverser le gouvernement libanais, celui-ci ne défendant pas les intérêts du groupe terroriste.

Si le Hezbollah parvient à ses fins, ce ne serait pas la première fois que ce groupe terroriste soutenu par l’Iran déstabilise le Liban. Au cours des 25 dernières années, le Hezbollah a, à de nombreuses reprises, porté atteinte à l’État libanais, soit pour son propre profit, soit pour celui de son protecteur iranien.
Face au discours médiatique qui présente Israël comme la principale force déstabilisatrice de la région, les médias mettront-ils en lumière le rôle du Hezbollah dans la déstabilisation du Liban ou fermeront-ils les yeux ?
Avez-vous entendu dire qu’un groupe terroriste soutenu par l’Iran a menacé de renverser un gouvernement démocratiquement élu ?

C’est vrai.

Le secrétaire général du Hezbollah, Naim Qassem, a récemment menacé le peuple libanais de descendre dans la rue et de « renverser le gouvernement » en réponse aux attaques continues d’Israël contre l’infrastructure terroriste du Hezbollah et aux sanctions américaines contre l’institution financière Al-Qard Al-Hassan, affiliée au Hezbollah.

Qassem a également condamné le gouvernement libanais pour avoir entamé des pourparlers directs avec Israël.

Autrement dit: le chef d’une organisation terroriste désignée menace ouvertement de renverser le gouvernement démocratiquement élu d’un État fragile parce que ce gouvernement tente de réaffirmer sa souveraineté et d’empêcher le Hezbollah d’opérer librement sur son territoire.

Et il ne s’agit pas d’un cas isolé. Le Hezbollah a menacé à plusieurs reprises le gouvernement libanais ces derniers mois. En août 2025, Qassem a mis en garde contre la possibilité d’une guerre civile. En avril 2026, un autre haut responsable du Hezbollah a averti qu’un « tsunami populaire » allait s’abattre sur le gouvernement après la fin du conflit entre le groupe et Israël.

 

Pour les observateurs extérieurs, une telle rhétorique peut paraître du théâtre politique ou de la grandiloquence. Il ne faut pas la balayer d’un revers de main.

Au cours des 25 dernières années, le Hezbollah a plongé à plusieurs reprises le Liban dans l’instabilité, non pas pour défendre les intérêts nationaux du Liban, mais pour faire progresser les objectifs stratégiques de ses protecteurs en Iran et, auparavant, en Syrie.

Prenons quelques exemples :

-Mars 2026 : Le Hezbollah a relancé le conflit avec Israël suite à l’assassinat du guide suprême iranien, déclenchant une reprise des hostilités qui a déplacé environ un million de civils libanais.
-8 octobre 2023 : Le Hezbollah a ouvert le feu sur le nord d’Israël en soutien au Hamas, au lendemain du massacre du 7 octobre, déclenchant un conflit prolongé qui a déplacé près de 900 000 Libanais du sud du Liban.
-2022-2025 : Le Hezbollah a contribué à paralyser le système politique libanais en bloquant le processus électoral présidentiel jusqu’à ce que son influence s’affaiblisse suffisamment pour imposer un compromis. L’ accord entre les partis pour l’élection de Joseph Aoun est dû, en partie, à l’affaiblissement du Hezbollah depuis 2024.
-2011 : Le Hezbollah et ses alliés ont renversé le gouvernement libanais pour faire dérailler d’éventuelles inculpations de membres du Hezbollah liés à l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri.
-2008 : Le Hezbollah a déclenché des affrontements armés après que le gouvernement a cherché à démanteler son réseau de télécommunications privé et à destituer le chef de la sécurité de l’aéroport de Beyrouth, affilié au Hezbollah, faisant 81 morts et renforçant l’emprise du Hezbollah sur la politique libanaise.
-Depuis 2005 : le Hezbollah est accusé d’assassinats et de campagnes d’intimidation visant des personnalités politiques, des journalistes et des responsables libanais qui contestaient son pouvoir. Il est présumé (sans preuve formelle) que des membres du Hezbollah ont assassiné Rafic Hariri en 2005 en raison de sa position anti-syrienne.

Ce n’est pas le comportement d’un mouvement de résistance défendant le Liban. Il s’agit de l’agissement d’un groupe armé supplétif qui subordonne systématiquement la souveraineté du Liban à des intérêts étrangers.

La plupart des reportages des médias internationaux sur le Liban se concentrent presque exclusivement sur les affrontements entre le Hezbollah et Israël, présentant souvent Israël comme la principale source d’instabilité régionale.

Mais ce raisonnement ignore une réalité centrale :

Même si Israël cessait aujourd’hui toutes ses opérations militaires et retirait tous ses soldats du Sud-Liban, le Hezbollah resterait l’une des menaces les plus graves pour la stabilité du Liban.

Le groupe ne répond pas à Beyrouth, mais à Téhéran.

Elle refuse de désarmer. Elle menace ouvertement le gouvernement élu du Liban. Et elle a eu recours à maintes reprises à la coercition, à la violence et au chantage politique pour imposer sa volonté.

Voilà une histoire que les médias négligent trop souvent.

La question est de savoir si les journalistes vont enfin s’attaquer à la menace intérieure que représente le Hezbollah pour le Liban, ou s’ils continueront de se concentrer presque exclusivement sur Israël tout en ignorant le groupe terroriste qui déstabilise le Liban de l’intérieur.

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