Les comptes entre Israël et l’Iran sont loin d’être réglés
Opinion: La République islamique est passée d’une force expansionniste en mouvement à un pays sur la défensive, devant protéger ses actifs du Moyen-Orient en Syrie, au Liban et en Irak et les représailles pour les attaques présumées de Tsahal dans la région restent en suspens
Une nouvelle nuit amène un nouveau raid aérien contre des cibles iraniennes en Syrie, qui est encore une fois attribué à Israël.
Ces attaques sont devenues presque routinières et constatées comme effectives.

Raid israélien en Syrie
( Photo: EPA )
Cependant, les enjeux de la partie jouée par Israël et l’Iran viennent de grimper, malgré les défis internes auxquels les deux nations sont actuellement confrontées.
Naftali Bennett, l’ambitieux nouveau ministre de la Défense, a publiquement atténué une partie de sa rhétorique enflammée. Mais derrière des portes closes, il fait toujours de grands projets pour rendre l’implication de la République islamique en Syrie aussi coûteuse et inconfortable que possible, dans l’espoir que les Iraniens décideront de reculer.
À cette fin, ils doivent ressentir davantage de douleur.
Les attaques contre les convois d’armes ne suffisent pas. Leurs bases logistiques doivent également être détruites.
Il ne suffit pas non plus de viser les milices chiites soutenues par l’Iran. Le coût humain doit inclure les officiers et les troupes iraniennes.

Attaque israélienne contre des cibles iraniennes en Syrie
( Photo: unité du porte-parole de Tsahal )
Il y a une entente tranquille entre Israël et les États-Unis en ce qui concerne la division du travail dans la lutte contre l’Iran : les États-Unis sont responsables des sanctions tandis qu’Israël attaque les troupes iraniennes sur le terrain en Syrie.
Jusqu’à présent, l’administration du président américain Donald Trump fait sa part. L’économie iranienne a reculé de 9% au cours de la dernière année, les revenus pétroliers devraient chuter de 70% en 2020, le chômage iranien est en hausse et le rial iranien s’effondre.
La pression économique sur le régime iranien a fait sortir les gens dans les rues en nombre et en intensité, du jamais vus depuis la révolution de 1979. Ces manifestations sont confrontées à un recours à la force sans précédent de la part du gouvernement. Les derniers chiffres de divers groupes de défense des droits de l’homme suggèrent que le nombre de manifestants tués dans les manifestations a atteint environ 1 500.

Manifestation antigouvernementale en Iran
( Photo: AFP )
La faiblesse est facilement détectée au Moyen-Orient et les troubles iraniens se sont ajoutés aux manifestations qui ont éclaté au Liban et en Irak, tous deux sous forte influence iranienne, mise en échec par le soulèvement populaire.
L’année 2019 peut être considérée comme un tournant, lorsque la République islamique est passée de l’élargissement de son expansion dans toute la région à un pays sur la défensive, essayant de conserver ses actifs au Moyen-Orient.
Les Ayatollahs se battent pour leur vie et leur emprise sur le pouvoir, en utilisant la force brutale d’une part, tout en essayant d’inciter des politiciens dociles au Liban et en Irak, d’autre part.

Compte twitter de Tsahal en Farsi (persan)
Mais le succès leur a jusqu’à présent échappé.
Les manifestations sont populaires, authentiques et basées sur une idée captivante : une société non partisane avec des gens qui veulent être des citoyens ordinaires plutôt que d’être divisés en sunnites, chiites ou chrétiens.

Les manifestants à Beyrouth
( Photo: EPA )
Les gens qui osent espérer vivre dans un pays qui fonctionne avec une électricité fiable et une collecte des ordures, où la corruption n’est pas un facteur acceptable de l’activité des gouvernants et des fonctionnaires, avec des élus qui travaillent pour le public et non un patron iranien ou saoudien.
En ce qui concerne Israël, la politique du nouveau ministre de la Défense de pousser l’Iran hors de la Syrie en exigeant un prix élevé n’est pas sans risque.
Les comptes d’Israël avec l’Iran ne sont pas encore réglés, loin de là. La liste des événements qui justifieraient l’exercice d’une vengeance iranienne s’allonge et le jour de la réplique viendra probablement tôt ou tard.
Israël, pour sa part, doit trouver la force et l’ingéniosité, malgré l’impasse politique qui le hante depuis si longtemps, nécessaire pour éloigner l’Iran de ses frontières, car l’alternative reste la menace en suspens que des missiles soient tirés dans plusieurs directions.
Shimrit Meir
Première publication: 23:35, 12.24.19
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C’est un raisonnement cohérente sauf que personne de sérieux ne peut prévoir. …
Aucune chance d’effondrement imminent du régime, face au silence coupable des medias européens qui mettent les nouvelles d’Iran sous veilleuse.
Question : les manifestants iraniens sont-ils aptes à s’opposer seuls au régime faschiste des mollahs, sans une aide conséquente de l’extérieur, sous une forme ou une autre ?
En attendant la mutation vers un régime démocratique, espérons que l’ONU saura éviter le pire à ceux qui résistent à l’oppression, religieuse ou autre, depuis tant et tant d’années.
Il y a une course contre la montre entre une guerre avec l’Iran et un effondrement du régime des mollahs. Lequel de ces 2 événements surviendra le premier ? C’est toute la question. Si c’est l’effondrement du régime, la région évitera cette guerre qui menace. Et il semble bien que les iraniens aient compris la situation et manifestent contre ce vers quoi leurs dirigeants les entraînent.
Excellente analyse…