La lutte pour la fermeture du détroit d’Hormuz a commencé à… Ras Lanuf en Libye
Cinq des plus hauts dirigeants iraniens ont menacé de fermer le détroit d’Hormuz au trafic pétrolier. Pourquoi le président Donald Trump est-il déchaîné dans sa détermination à renforcer les sanctions contre la République islamique?
Le dimanche 28 avril, le général Mohammed Bagheri, chef d’état-major des forces armées iraniennes, a déclaré : «Nous ne poursuivons pas à tout prix :’objectif de la fermeture du détroit d’Hormuz. Mais si notre pétrole ne passe pas par le détroit, alors le pétrole des autres pays ne le traversera certainement pas non plus ». Bagheri a fait écho à ce qu’ont déjà dit le chef suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, le président Hassan Rouhani, le ministre des Affaires étrangères Mohammed Javad Zarif et le chef de la marine des Gardiens de la Révolution Islamique, le contre-amiral Alireza Tangsiri.
Troublée par cette menace collective, l’administration Trump n’a pas renoncé à sa décision d’annuler les exemptions de l’embargo sur le pétrole, accordées à huit des plus gros importateurs de pétrole d’Iran, dont la Chine, l’Inde et la Corée du Sud. En fait, un nouvel ensemble de pénalités est en stock, prêt à être mise en oeuvre.
Les sources de DEBKAfile rapportent que l’annulation des dérogations réduira les ventes de pétrole de l’Iran de 1,1 million de barils par jour à un demi-million. Mais ce n’est que le commencement. La prochaine série de sanctions vise à ramener ce chiffre à zéro exportation.
Personne à Washington ou au Moyen-Orient ne s’attend à ce que les Iraniens acceptent la perte de leur principale source de revenus les bras ballants. Et les États-Unis établissent des plans de réplique en conséquence.
- Le samedi 27 avril, le général Kenneth McKenzie, chef du commandement central américain, a déclaré : « Les États-Unis déploieront les ressources nécessaires pour contrer toute action dangereuse de l’Iran. »
- L’administration américaine poursuit ses efforts pour remplacer le pétrole iranien par des sources d’énergie alternatives sur les marchés mondiaux, tout en empêchant les prix du pétrole de s’envoler de manière incontrôlable. Même la fermeture partielle des deux points de passage énergétiques du pétrole du Golfe exporté – dans le détroit d’Hormuz ou l’entrée de Bab al-Mandeb en mer Rouge – est susceptible de faire monter les prix du pétrole. Par exemple, chaque dollar ajouté sur le marché mondial de l’énergie ajoute 4 milliards de dollars de revenus supplémentaires aux coffres du gouvernement russe, lui-même sous le coup de sanctions américaines.
L’Arabie saoudite et les autres pays riches en pétrole du Golfe ne sont actuellement pas en mesure d’augmenter leur production pour couvrir les pertes de l’Iran, principalement en raison de leurs engagements envers l’OPEP et Moscou. L’administration Trump recherchait donc une source régulière, de préférence stable, couvrant au moins un demi-million de barils par jour pour combler le manque à gagner. La solution a été trouvée lors de la première intervention de Washington dans la crise libyenne depuis que le prédécesseur de Trump, Barack Obama-s’alignant sur Sarkozy et Cameron -, avait provoqué la chute de Mouammar Kadhafi.
Le 4 avril, le président Trump a téléphoné au général Khalifa Haftar, chef de la milice de l’armée nationale libyenne (LNA) qui se bat pour conquérir la capitale libyenne, Tripoli. En ce moment de pointe de la turbulente guerre civile libyenne, Haftar, soutenu par la Russie, l’Egypte, les Emirats Arabes Unis et la France, se bat pour renverser le gouvernement national parrainé par l’ONU et l’Italie. Trump et ses conseillers estiment que la LNA de Haftar, qui contrôle déjà les gisements pétroliers de l’est et du sud de la Libye, est également capable de s’emparer de ses principaux terminaux pétroliers situés à Ras Lanouf et à Es Sidr en Méditerranée (voir la carte).
Dimanche 24 avril, alors que les combats entre la LNA et les forces gouvernementales pour atteindre ces cibles clés s’intensifiaient, le sénateur républicain américain Lindsey Graham a déclaré dans une interview à l’émission Face the Nation que cela avait un «effet déconcertant dans la région».
Pour sécuriser les installations portuaires de Ras Lanuf, dans la région cruciale du Croissant pétrolier en Libye et l’un des points d’exportation maritimes de pétrole les plus importants du monde, Haftar a envoyé dimanche un patrouilleur Alkarama en direction du port. Le commerce du pétrole dans le pays divisé par la guerre civile est géré par la National Oil Corporation (NOC), qui tente de se positionner comme une partie neutre dans un conflit entre la LNA et le gouvernement d’accord national (GNA), opérant à travers tout le pays, en envoyant les bénéfices de l’exportation à la banque centrale basée à Tripoli, mais aussi en partie aux fonctionnaires sur les territoires contrôlées par la LNA
Nous mettrons bientôt en ligne des informations exclusives sur l’exercice joué par l’administration Trump sur le marché mondial du pétrole, qui découle d’une tentative globale de renverser l’Iran de ses positions d’influence au Moyen-Orient, ce qui ne se passe pas sans répercussions sur la Russie.
Général Khalifa Haftar , pétrole libyen , Russie , sanctions Trump contre l’Iran
Adaptation : Marc Brzustowski
The contest over the Strait of Hormuz’s closure has begun at… Libya’s Ras Lanuf
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