Le naufragé affirmant avoir dérivé pendant plus d’un an dans le Pacifique avant de s’échouer sur un atoll se préparait mercredi à rentrer chez lui, au Mexique ou au Salvador. Des spécialistes de la survie en mer ont toutefois exprimé des doutes sur cette odyssée, se fondant sur son régime alimentaire et l’absence d’eau douce sur une aussi longue période.
Sa forme physique après 13 mois de mer surprend. Le miraculé du Pacifique devrait retrouver les siens dans les prochains jours. José Salvador Alverenga, pêcheur au Mexique, affirme avoir dérivé pendant plus d’un an avant de s’échouer sur un atoll.
L’homme âgé de 37 ans a raconté qu’il était parti pêcher le requin le 24 décembre 2012 avec un compagnon âgé de 15 à 18 ans, « Xiguel », lorsque des vents violents les ont éloignés de la côte, poussant vers le large leur bateau dontle moteur avait cessé de fonctionner.
Celui qu’on appelle désormais « le miraculé de Dieu » a-t-il vraiment pu dériver pendant 13 mois ? Des spécialistes de la survie en mer ont exprimé des doutes sur cette odyssée, se fondant sur son régime alimentaire et l’absence d’eau douce sur une aussi longue période.
Cheveux décolorés par le soleil et barbe hirsute, cet homme solidement bâti paraissait dans une forme physique étonnamment bonne à son arrivée à Majuro, cinq jours après avoir mis pied à terre sur l’atoll reculé d’Ebon.
Sa famille, et notamment sa fille de 14 ans qui n’a aucun de souvenir de son père, parti au Mexique avant sa naissance, a dit attendre son retour avec impatience. « C’est un miracle de Dieu, un signe que Dieu a eu de la miséricorde pour notre fils », a déclaré sa mère, Maria Julia, interrogée chez elle sur la côte Pacifique du Salvador, le visage baigné de larmes. « Je n’ai pas cessé de penser qu’un jour il nous reviendrait », a-t-elle dit.
La chronologie de sa longue errance dans le Pacifique a pu paraître contradictoire et incomplète au gré des interviews qu’il a accordées à la presse depuis son arrivée dans l’atoll d’Ebon mais les autorités au Mexique ont confirmé avoir lancé une opération de recherche en mer en novembre 2012.
Selon Guillermino Rodriguez, son patron, le Salvadorien avait effectivement quitté la côte le 20 novembre 2012, et non pas le 24 décembre comme indiqué dans un premier temps par M. Alvarenga.
Plusieurs spécialistes, dont le Dr Jean-Yves Chauve, médecin français des courses au large, ont exprimé leur scepticisme quant à la crédibilité de son récit, doutant qu’on pût survivre aussi longtemps dans des conditions aussi extrêmes.
D’autres, tout aussi sceptiques, comme Hilmar Snorrason, président de l’IASST, une association internationale pour la sécurité et la survie qui a son siège à Southampton au Royaume-Uni, lui accordent au moins « le bénéfice du doute ».
Pour ne pas perdre toute notion du temps, le naufragé suivait la trajectoire du soleil dans le ciel, mais semaines et mois ont fini par s’embrouiller dans son esprit. Régulièrement, il entendait la coque de sa modeste embarcation heurter un objet et chaque fois, il s’agissait de la carapace d’une tortue marine.
« Je pouvais me pencher en dehors du bateau et les attraper. J’en ai saisi plein durant ma dérive », a-t-il déclaré, précisant qu’il attrapait également des oiseaux marins.
« Le plus dur a été de devoir boire mon urine, quand il n’a pas plu pendant trois mois », a-t-il confié. En relativement bonne forme après cet interminable périple, le pêcheur solidement bâti a enfin raconté sa joie lorsqu’il a aperçu le minuscule atoll d’Ebon, d’où émergeait le toit d’une maison. « Je me suis précipité et j’ai appelé à l’aide », a-t-il indiqué, tandis que deux habitants des Marshall découvrait un homme uniquement vêtu de sous-vêtements en lambeaux.
LCI-TF1 Article original
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