Les conclusions sont dévoilées : qui est responsable de la mort de Yasser Arafat ?

Une grave affaire de fuite de documents classifiés bouleverse l’Autorité palestinienne • Des témoignages de hauts responsables de la commission d’enquête sur la mort d’Arafat embarrassent Abou Mazen et éclairent ce qui s’est passé dans les couloirs du Moukatah pendant les jours de siège imposé par Tsahal lors de la deuxième Intifada • Un aperçu des relations de pouvoir, des conflits et des luttes de succession au sommet du Fatah.

Le président de l’Autorité palestinienne, Abou Mazen, était-il impliqué dans le complot visant à assassiner Yasser Arafat ?

Cette question agite les dirigeants palestiniens ces derniers jours suite à la fuite de conclusions classifiées, sur les réseaux sociaux et les médias palestiniens.

Les documents comprennent des centaines de témoignages de personnalités palestiniennes qui ont été convoquées à comparaître devant une commission d’enquête spéciale créée en 2010 pour enquêter sur les circonstances de la mort de l’ancien dirigeant de l’OLP, Yasser Arafat.

Les preuves montrent que les relations entre Abu Mazen et Arafat dans la période précédant sa mort étaient troubles et très tendues. La crise entre les deux était saturée de calomnies personnelles et d’insultes mutuelles. Des individus ont affirmé devant le comité qu’Abu Mazen et ses hommes avaient sapé Arafat et conspiré contre lui, avec le soutien d’Israël et des États-Unis.

Par exemple, Hacham Balawi, ancien ministre de l’Intérieur de l’Autorité palestinienne, a témoigné qu’à une occasion, il a entendu Arafat maudire Abu Mazen avec une malédiction énorme, et l’a même appelé « Karzai palestinien », (l’ancien président de l’Afghanistan), se moquant de lui pour être une « marionnette de l’Occident ».

« Arafat m’a alors dit qu’il y avait un complot contre lui de la part d’Abu Mazen, Abu Ala et Nabil Sha’ath, et qu’il était fatigué de leur comportement. Chaque fois que le nom d’un de ces gens était mentionné, il y avait de la colère sur le visage d’Abou Amar (Arafat). »

D’autre part, l’ancien Premier ministre palestinien, Ahmed Kariya (Abu Alaa), qui est considéré comme l’un des architectes d’Oslo, a témoigné qu’Abu Mazen avait l’habitude d’appeler Arafat « sénile », et l’a accusé d’avoir fait échouer les efforts de paix avec Israël. Dans le témoignage d’un autre haut responsable, il a été affirmé : « Abou Mazen n’aimait pas Arafat, il avait des ambitions au sein de l’AP et au Fatah ».

Jamal Mahisan, un ancien responsable du Fatah, a qualifié le conflit entre Abu Mazen et Arafat de profond et de honteux. Selon un autre haut responsable, Abou Mazen a refusé tout contact avec Arafat pendant ses traitements médicaux en France, et « n’a même pas voulu entrer le voir dans sa chambre d’hôpital ».

En réponse à la question « Qui est le plus grand bénéficiaire de la mort d’Arafat ? », de nombreux hauts responsables qui ont témoigné ont répondu : Abou Mazen, qui était officieusement considéré comme l’homme numéro 2 de la direction palestinienne à l’époque.

Dans les témoignages, il y a des insinuations selon lesquelles il n’est pas étonnant qu’Abou Mazen et ses associés aient été impliqués dans « l’élimination » d’Arafat, mort mystérieusement dans un hôpital militaire en France le 11 novembre 2004. Ils ont construit une alliance solide contre lui, et Arafat le savait. Il convient de noter que depuis le jour où la commission d’enquête a été créée jusqu’à aujourd’hui, aucune conclusion officielle n’a été publiée concernant les circonstances de la mort d’Arafat.

Les preuves montrent également que pendant que Tsahal assiégeait la Moukatah à Ramallah lors de la deuxième Intifada, Arafat souffrait de paranoïa et était déprimé parce qu’il se sentait trahi après que les responsables palestiniens et les dirigeants arabes l’aient abandonné à son sort. Le seul dirigeant à qui il a parlé était Hosni Moubarak, l’ancien président de l’Égypte. « Alors qu’Arafat était installé à Moukatah, Abu Mazen et d’autres membres du Fatah erraient librement et l’ont abandonné, et ont été aidés par le soutien et les avantages d’Israël. »

Les Palestiniens sont convaincus qu’Arafat n’est pas mort de mort naturelle, mais qu’il a été « empoisonné » par un collaborateur ou des collaborateurs d’Israël. « Personne, pas même un opposant à Arafat, n’aurait osé faire cela sans la coordination et le parrainage d’Israël », selon de nombreux témoignages. Dans le passé, l’entourage d’Abu Mazen a accusé le responsable déchu du Fatah Muhammad Dahlan d’être impliqué dans « l’élimination du Raïs ». Autour de Dahlan, ils ont nié et ont dit que c’était un ignoble complot. Selon l’un des témoignages au sein du comité, « c’est une rumeur qui est venue dans le cadre de la rivalité avec Abou Mazen. Ce dernier avait un grand ressentiment contre Dahlan, qui n’était pas capable d’une telle chose ».

La tension entre Abou Mazen et Arafat a atteint son paroxysme en 2003 lorsque, sous la pression des Américains et des Européens, ce dernier a été contraint de nommer le premier au poste de Premier ministre palestinien. Arafat y a vu une tentative flagrante de le priver de ses pouvoirs, et dans l’un des témoignages, il a été déclaré qu’il était « irrité et peiné » qu’Israël et les Américains imposaient Abu Mazen. Muhammad Rashid, le conseiller économique du dirigeant palestinien assiégé, a déclaré au comité que « Abu Mazen a refusé d’aider à la levée des mesures du siège d’Arafat. »

Il n’est pas mort de mort naturelle. Tombe d’Arafat à Moukatah, photo : Getty Images

Il convient de noter que les fonctionnaires qui ont témoigné, pour la plupart, ont refusé de confirmer ou de nier le contenu des extraits divulgués, de sorte que le degré d’authenticité et de fiabilité des témoignages n’est pas clair.

La direction palestinienne est certaine que la personne à l’origine de la fuite des documents n’est autre que le président du comité, Tawfiq Tirawi, qui était auparavant à la tête des renseignements généraux palestiniens et qui est maintenant un opposant politique à Abou Mazen. A Ramallah, ils affirment que Tirawi a divulgué les documents pour se venger d’Abou Mazen pour l’avoir démis de ses fonctions de direction. Dans les institutions palestiniennes, récemment, son adhésion au comité central du Fatah a été gelée et il est devenu persona non grata à Moukatah.

Tirawi allègue pour sa défense qu’Akram a pénétré par effraction sur le site Web de la commission d’enquête et volé les documents, et qu’il a contacté les services de sécurité palestiniens pour ouvrir une enquête. Son entourage assure que la fuite des documents fait partie d’une campagne de diffamation contre lui pour avoir osé critiquer les décideurs de Ramallah. En outre, Tirawi assure que les fuites visaient à perturber le travail de la commission d’enquête et à dissimuler la vérité. Dans le camp d’Abu Mazen, ils se moquent de Tirawi et prétendent qu’il ment.

L’héritage d’Arafat est toujours à Ramallah, photo : AP

Mercredi, Abu Mazen a convoqué les membres de la direction du Fatah à Ramallah pour discuter de la question des documents divulgués. Au cours de la réunion, de hauts responsables de la direction ont lancé de graves accusations contre Tirawi. Certains ont demandé qu’il soit poursuivi pour trahison et ont exigé qu’il soit écarté du comité central du Fatah et de toutes ses autres fonctions. Tirawi lui-même n’a pas été convoqué à la réunion d’urgence.

L’affaire des documents intervient dans la semaine où les Palestiniens marquent les événements du 18e anniversaire de la mort d’Arafat. Le grand drame créé autour d’elle et l’échange d’accusations indiquent que la bataille de succession s’intensifie au sommet du Fatah. Tirawi et d’autres hauts responsables s’opposent fermement à l’insistance d’Abou Mazen à promouvoir son proche collaborateur Hussein al-Sheikh à des postes de responsabilité qui pourraient ouvrir sa voie. C’est un moyen de le mettre un jour président de l’autorité.

JForum.fr

7 Commentaires

  1. Ah bon ? On a donc pu identifier le virus HIV (sida) qui nous a débarrassé du macaque à déchets ? (Macaque à déchets, ex macaque à keffieh) N’empêche… ce fut un beau moment de télévision, avec l’élégie funèbre de son complice, le ténia chiracaille, lui-même !

  2. Quoi qu’il en soit, l’idée d’assassinat est un peu forte ic, non ?
    Ce sont des terroristes qui n’ont jamais été jugés pour leurs méfaits.
    Mais c’est le résultat du bourrage de crâne et de la force de l’habitude.
    Est-il normal qu’Abasse, co-responsable du massacre des étudiants de Maalot vivent comme un chef d’Etat, et par dessus le marché au coeur de la terre d’Israël ?
    Cherchez l’erreur.

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