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Ukraine, quand la Russie prend des coups sans comprendre

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Après six mois de guerre, non seulement la Russie n’a pas réussi à faire plier la petite Ukraine, mais qui plus est, elle patauge lamentablement dans un conflit qu’elle ne gagnera pas. Poutine a perdu tout pouvoir de dissuasion en Ukraine et ailleurs. La grande Russie n’égale même plus la petite Ukraine. Cette équation montre à quel point les occidentaux ont surestimé la Russie au détriment de l’Ukraine et du monde, plongé maintenant dans une crise économique, industrielle, et alimentaire.

Ce mystérieux “long bras de l’armée ukrainienne” capable de frapper loin derrière les lignes ennemies

Des images satellite montrent les dégâts causés par les explosions qui ont ravagé la base militaire de Saki, causant la perte d’une dizaine d’avions de combat russes. Selon les experts, les Ukrainiens ont tout intérêt à garder le mystère sur ces opérations, qui ont vocation à se répéter.

Près de deux jours après la violente série d’explosions survenues sur la base militaire de Saki, sur la côte occidentale de la Crimée, le mystère plane toujours sur leur origine et l’éventuel modus operandi de l’armée ukrainienne dans cette opération. “En Russie, on ne comprend toujours pas”, écrit, non sans satisfaction, l’agence de presse ukrainienne Unian, qui cite longuement un bulletin de l’Institute for the Study of War (ISW), un think tank américain dont les analyses sont très appréciées à Kiev.

“La diversité des récits dans les médias russes et parmi les blogueurs suggère que soit les responsables du ministère de la Défense russe ont des théories concurrentes sur l’attaque et les partagent avec eux, soit le Kremlin n’a pas réussi à coordonner sa communication sur cet événement”, écrit encore Unian sur sa chaîne Telegram. “Les forces russes présentes sur la base aérienne savent probablement déjà ce qui s’est passé, mais ne comprennent peut-être pas encore comment et d’où exactement les forces ukrainiennes ont mené l’attaque.” Quant à l’Ukraine, elle a tout intérêt “à garder le mystère” sur cet épisode, estiment les experts de l’ISW.

Une chose est sûre, ces explosions ont fait des dégâts, affirment de concert responsables et journalistes ukrainiens, images satellite à l’appui. “En quelques jours seulement, les occupants ont perdu neuf avions en Crimée et un au-dessus de la région de Zaporijjia”, a affirmé Volodymyr Zelensky dans son allocution du jour, cité par Oukraïnska Pravda. Des photos satellite obtenues par le service ukrainien de Radio Free Europe-Radio Liberty montrent bien “l’avant” et “l’après” de ces explosions, confirmant, selon eux, la perte de neuf avions, dont des bombardiers Su-24 et des chasseurs Su-30.

Une frappe combinée – et complexe

Des informations confirmées par Eliot Higgins, le fondateur du groupe d’enquête indépendant Bellingcat, qui publie lui aussi plusieurs images satellite sur son profil Twitter, en notant “l’extrême précision” de ce qui apparaît bel et bien comme des frappes aériennes.

Ensuite, les avis divergent sur les moyens qu’aurait employés l’armée ukrainienne pour parvenir à ses fins. Dans une expertise détaillée basée sur des sources ouvertes, le groupe de recherche russe Conflict Intelligence Team (déclaré “agent de l’étranger” et banni de Russie) a examiné les différents scénarios en se prononçant sur leur crédibilité. Nous ne croyons pas, dit en substance le CIT, à une opération de “sabotage” (trop compliquée à mener par les forces ukrainiennes) ni à des frappes à l’aide de lance-roquettes multiples de type Himars. Leur préférence va, comme le notent d’autres experts de la région, au scénario d’une frappe combinée, assez complexe à mener :

“La version de l’utilisation de missiles antiradar AGM-88 sur les installations de défense aérienne et la frappe ultérieure par un drone kamikaze ou un missile de croisière R-360 Neptune sur l’un des dépôts de munitions semble convaincante. Une telle frappe pourrait provoquer un grand incendie, entraînant l’explosion de munitions destinées aux avions. Ces dernières auraient pu provoquer l’explosion simultanée d’un autre entrepôt, situé à une distance de 600-700 mètres du premier.”

Explosions mystérieuses en Biélorussie

Leur version rejoint ainsi celle avancée par un responsable ukrainien sous couvert d’anonymat au New York Timesselon lequel l’attaque aurait été menée grâce à une “arme de fabrication ukrainienne”, ce qui correspondrait à une version modifiée du missile de croisière Neptune, ayant un rayon d’action de près de 280 kilomètres (celui-là même qui aurait coulé le croiseur Moskva).

Dans tous les cas, ce mystérieux “long bras de l’armée ukrainienne” est capable d’infliger des “pertes importantes” aux forces russes, indique le service en langue russe de la BBC. Aussi, au matin du 11 août de nombreuses sources indiquent que des explosions assez similaires ont eu lieu sur une autre base militaire russe, à Ziabrowka, près de Homiel, dans le sud-ouest de la Biélorussie. À l’origine de cette information, le groupe de journalistes citoyens biélorusses Belarusky Hajun, qui parlent de “huit explosions entendues par de nombreux témoins”. Début mai, Belarusky Hajun évoquait le renforcement de la présence militaire russe sur ce vieil aéroport militaire, avec l’arrivée quasi quotidienne d’armes lourdes et de munitions. Selon le ministère de la Défense biélorusse, il s’agirait de “l’explosion accidentelle du moteur d’un engin militaire”.

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