Résistant, historien reconnu, «passionné de la République» : qui est Marc Bloch, qui va faire son entrée au Panthéon
Par Guillaume Dosda
Mardi 23 juin, Marc Bloch va faire son entrée au Panthéon. Historien reconnu et martyr de la résistance, il avait été assassiné en 1944 par la Gestapo.
À l’instar de Jean Moulin et Missak Manouchian, le résistant Marc Bloch va rejoindre le Panthéon, mardi 23 juin. Il y sera admis, avec son épouse Simonne Vidal, «pour son œuvre, son enseignement et son courage», a expliqué Emmanuel Macron.
Né le 6 juillet 1886 à Lyon dans une famille juive alsacienne, réalisant de brillantes études, marquées par son passage à l’École normale supérieure, Marc Bloch est devenu professeur d’histoire au lycée puis à l’université de Strasbourg.
Auteur, en 1924, de son oeuvre-phare, Les Rois thaumaturges, avant La société féodale et Les caractères originaux de l’histoire rurale française, il avait également créé la prestigieuse revue d’histoire des Annales d’histoire économique et sociale avec son collègue Lucien Febvre.
Un «passionné de la République»
Durant la Première Guerre mondiale, Marc Bloch est mobilisé comme adjudant d’infanterie avant d’être nommé officier de renseignement puis capitaine. Il reçoit la Croix de guerre avec quatre citations.
Grand patriote et se définissant comme «passionné de la République», il signe dans les années 1930 le manifeste des intellectuels antifascistes. Bien qu’âgé de 53 ans et père de six enfants, Marc Bloch demande à être de nouveau mobilisé en 1939.
Exécuté en 1944
Parce que juif, l’historien est banni de la Sorbonne et dépossédé de son appartement et de sa bibliothèque. Il se réfugie dans la maison familiale de la Creuse avant de s’engager dans la Résistance en 1943 dans la région lyonnaise au sein du mouvement Franc-Tireur.
Il est arrêté par la Gestapo, à Lyon, le 8 mars 1944, emprisonné et torturé à la prison de Montluc. Il est fusillé le 16 juin avec 29 de ses camarades. Ses cendres sont transférées en 1977 dans le caveau familial dans la Creuse.
Juif non pratiquant
Sa famille est juive, non pratiquante. Marc Bloch dit ne tirer «ni orgueil, ni honte» du fait d’être juif et déclare ne revendiquer sa judéité «que dans un cas : en face d’un antisémite».
«Il a connu l’affaire Dreyfus jeune, il a subi des persécutions antisémites mais il était profondément laïque. C’est une famille juive qui a été émancipée par la Révolution française, qui porte les valeurs de la République avant tout et Marc Bloch a toujours refusé l’essentialisation par la religion», a expliqué sa petite fille Suzette Bloch, coautrice d’une BD, Marc Bloch, l’historien combattant.

Marc Bloch va faire son entrée au Panthéon [Philippe LOPEZ / AFP]
Jforum.fr avec CNEWS
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