Qui est la main invisible à l’origine des émeutes des Irakiens?

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La main invisible qui provoque des troubles en Irak, coûtant 100 vies et 4 000 blessés : Sadr à la demande de Téhéran

 

Les masses irakiennes ont de nombreuses raisons de protester contre leur sort – chômage galopant, services médiocres, corruption, mainmise étrangère… – mais pourquoi maintenant? Est-ce qu’une ou plusieurs mains agissantes en coulisse sont à l’origine du problème? Il devient évident que toutes les victimes ne sont pas dues à des affrontements avec les forces de sécurité. Ainsi, le samedi 5 octobre, quatre civils ont été révélés avoir été abattus à Bagdad par des «tireurs isolés anonymes» (snipers). Qui a envoyé ces tireurs d’élite? Une main cachée est apparemment à l’œuvre pour attiser les turbulences, jusqu’à ce que le gouvernement déjà fragile, dirigé par le Premier ministre Adel Abdel Mahdi, soit mis en péril.

Ce gouvernement a finalement été établi comme un compromis faible après une longue période d’impasse, suite aux élections générales en Irak l’an dernier. Il n’a jamais été assez stable pour mener une politique claire et cohérente sur toutes les questions, sans parler des profondes difficultés économiques et de sécurité du pays.

Les griefs des manifestants sont convaincants. Le chômage atteint 7,9% – jusqu’à 20% chez les jeunes hommes – et un quart de la population de 40 millions d’habitants vit dans une pauvreté extrême avec un revenu moyen de 2 dollars par jour.

Leur situation est d’autant plus pénible, dans un pays qui détient environ un quart des réserves mondiales de pétrole et exporte 5 millions de barils par jour (environ la moitié de la production saoudienne). L’Irak pourrait être l’un des pays les plus riches du Moyen-Orient, si seulement ses revenus ne disparaissaient pas dans un réseau de corruption compliqué.

La vague de désaffection donne à l’Iran un terrain fertile pour son plan de domination de Bagdad ; et il a gagné un élan supplémentaire grâce au retrait d’un obstacle majeur de son chemin.

Au cours de la deuxième quinzaine de septembre, le Premier ministre a déclenché les premières manifestations par le limogeage d’Abdul Wahhab al-Saadi, son général populaire, au poste de commandant du Service irakien de lutte contre le terrorisme. Ce service est la seule branche opérationnelle efficace des forces armées irakiennes. Le général a été acclamé comme un héros national pour avoir dirigé l’opération qui a mis en déroute l’État islamique et a chassé les djihadistes des quelque 50% du territoire du pays dont ils s’étaient emparés. Al-Saadi est également admiré comme cet oiseau rare dans un monde corrompu, un fonctionnaire honnête. Téhéran et ses milices satellites chiites irakiennes ont rencontré, dans le général populaire, un obstacle majeur à leur projet de prendre le contrôle de Bagdad et de l’armée nationale.

La concentration des manifestations dans le district chiite du sud de Bagdad et dans le sud à prédominance chiite, alors que le nord sunnite est resté calme, indique quelles pourraient être les mains directrices. Les villes du sud de Nasiriya, Hilla, Diwaniya et Armara, qui sont les foyers de l’épidémie, sont le fief des milices irakiennes pro-iraniennes. Leurs chefs, si Téhéran l’ordonne, pourraient mettre fin aux manifestations et rétablir le calme, mais cet ordre n’a pas été donné, en raison de l’intérêt de l’Iran de pousser le désordre à son maximum.

Les sources de DEBKAfile rappellent que le religieux chiite Muqtada Sadr, président du plus grand bloc du parlement irakien, a effectué une visite inattendue à Téhéran le 11 septembre. Cette visite a causé beaucoup de surprise car Sadr était réputé être l’un des principaux opposants à la présence iranienne à Bagdad. Pourtant, tout à coup, il est apparu sur une photo aux côtés du leader suprême de l’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei, et de son commandant pour le Moyen-Orient, le chef d’Al-Qods, le général Qassem Soleimani. Le contenu de leur conversation dans le bureau privé de l’ayatollah n’a jamais été révélé. Mais il va de soi que la participation de Soleimani ne pouvait que signifier que la religion n’était pas leur sujet principal.

Samedi 5 octobre, lorsque le Premier ministre Abdel-Mahdi a levé le couvre-feu sur Bagdad, Muqtada Sadr a appelé à la tenue de nouvelles élections générales en Irak. On peut supposer que, dans le cadre de l’accord qu’il a conclu lors de sa visite à Téhéran, il vise une élection pour accorder une majorité parlementaire à sa propre faction et aux groupes politiques des milices pro-iraniennes. Ils auront ensuite le pouvoir d’annuler les décrets rendus par le Premier ministre ces dernières semaines pour dissoudre ces milices et les intégrer dans des unités de l’armée irakienne. La porte serait alors ouverte pour que Téhéran puisse s’implanter solidement à Bagdad.

   ,  et en  , 

The hidden hand stirring up unrest in Iraq at cost of 100 lives, 4,000 injured: Sadr at Tehran’s behest

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