Quel est le plan de Liberman pour un projet de loi haredi
Le projet de loi de 2018 d’Avigdor Liberman visant à accroître la conscription des hommes ultra-Orthodoxes en Israël refait surface comme base possible de négociations pour la formation d’une coalition gouvernementale. Ce retour intervient alors que Liberman, président du parti Yisrael Beytenu, a levé son veto sur la coopération avec les partis ultra-Orthodoxes, tout en affirmant vouloir maintenir son soutien à la conscription universelle.
Ce projet, élaboré sous la direction de Liberman lorsqu’il était ministre de la Défense, proposait une augmentation progressive des enrôlements tout en conservant des exemptions pour les étudiants des yeshivas. Il fixait des objectifs annuels de recrutement, assortis de sanctions financières pour les institutions ne respectant pas ces quotas, et prévoyait la possibilité de mettre fin à ce régime d’exemptions en cas d’échecs répétés à atteindre les objectifs. Contrairement à une proposition plus récente de 2025 portée par Boaz Bismuth, le plan de Liberman ne prévoyait pas de sanctions personnelles contre les étudiants, se concentrant plutôt sur les institutions et le maintien du système d’exemptions.
Une différence notable entre les deux projets concerne l’âge limite pour les exemptions : 24 ans dans le plan Liberman contre 26 ans dans celui de Bismuth. En termes de quotas, Liberman visait 3 996 recrues en 2018, montant à 6 208 en 2025, tandis que Bismuth proposait environ 5 440 recrues par an sur 18 mois, avec la possibilité que 10 % du quota soit rempli par des services civils liés à la sécurité.
Le contexte a radicalement changé depuis 2018, notamment avec les attaques du 7 octobre 2023 et la montée des besoins en effectifs de l’armée israélienne. Liberman lui-même reconnaît que son projet nécessite des ajustements pour répondre à ces nouvelles exigences, sans toutefois en préciser la nature. Les institutions comme la Banque d’Israël estiment que les quotas actuels ne suffisent pas à combler les besoins militaires accrus.
Sur le plan politique, la levée du veto de Liberman ouvre la voie à des négociations avec les partis ultra-Orthodoxes, historiquement opposés à ses propositions en raison des sanctions financières et des mécanismes de contrôle. Ces partis restent cependant divisés, certains refusant toujours toute forme de recrutement obligatoire. La dynamique est compliquée par les divergences internes aux partis ultra-Orthodoxes et par les exigences des autres partenaires potentiels de la coalition, notamment sur la question de la participation des partis arabes au gouvernement.
Liberman insiste sur le fait que son ouverture au compromis ne signifie pas un abandon de ses principes, réaffirmant son attachement à une conscription universelle. Il rejette également les accusations selon lesquelles son changement de position serait motivé par des ambitions personnelles pour le poste de Premier ministre.
Le défi principal pour Gadi Eisenkot, pressenti pour former le gouvernement, sera de concilier ces positions divergentes sur la conscription et la participation politique, dans un contexte sécuritaire tendu. Le projet de loi de 2018 de Liberman pourrait servir de point de départ aux discussions, mais aucune garantie n’existe quant à une résolution rapide de ce dossier complexe.
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