
Qui sont les Antideutsche, ce groupe de gauche pro-israélien
Le 17 janvier 2026, la ville de Leipzig a été le théâtre de manifestations opposées entre deux groupes antifascistes allemands revendiquant chacun la lutte contre le fascisme, mais adoptant des positions diamétralement opposées sur le conflit israélo-palestinien. Environ 1 400 personnes ont participé à une marche pro-Palestine, tandis qu’entre 1 600 et 2 000 manifestants ont exprimé leur solidarité avec Israël. Plus de 1 400 policiers ont été mobilisés pour maintenir l’ordre.
D’un côté, le groupe AG Antifa Halle, se désignant comme « Antideutsche » (anti-allemands), a organisé une mobilisation visant à protéger les organisations pro-Israël et à dénoncer l’antisémitisme au sein de la gauche radicale. Ces militants, actifs depuis plus de trente ans, rejettent le nationalisme allemand et considèrent la défense d’Israël comme un élément essentiel de leur combat antifasciste. Ils utilisent des symboles militaires israéliens, tels que le char Merkava ou le système de défense antimissile Dôme de Fer, pour affirmer leur position.
De l’autre côté, la marche pro-Palestinienne, organisée notamment par le groupe Handala Leipzig, classé comme extrémiste par le service de protection de la constitution saxon, revendiquait la libération du quartier de Connewitz des « Antideutsche ». Les manifestants appelaient à se débarrasser des « ultra-Allemands », terme utilisé pour désigner la scène de gauche pro-Israël locale.
Ces tensions reflètent un clivage profond au sein de la gauche radicale allemande, exacerbées par l’attaque de Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. D’anciens alliés dans la lutte antifasciste se retrouvent désormais dans des camps opposés, s’accusant mutuellement de trahir les principes de la gauche et de confondre critique légitime et antisémitisme.
Un militant pro-Israël anonyme, surnommé « Z. », a témoigné de son engagement au sein de ce mouvement pro-sioniste, issu de la gauche radicale mais rejetant les régimes autoritaires. Il souligne que, malgré leurs divergences internes, le consensus autour du droit à l’existence d’Israël reste le socle commun. Il déplore cependant que les conflits internes drainent une énergie précieuse face à la montée des forces d’extrême droite en Allemagne.
Le débat s’étend également à la scène politique israélienne, où certains activistes allemands pro-Israël critiquent la politique du Premier ministre Netanyahu tout en affirmant leur soutien à l’État d’Israël. Par ailleurs, des critiques sont émises à l’égard de certains groupes pro-Israël accusés d’extrémisme, ce qui conduit à une surveillance ciblée par les autorités allemandes.
La complexité de ces affrontements idéologiques souligne les difficultés à concilier solidarité internationale, lutte contre l’antisémitisme, et respect des droits des Palestiniens au sein des mouvements antifascistes allemands. La situation à Leipzig illustre ainsi les fractures profondes qui traversent la gauche radicale allemande, exacerbées par le contexte géopolitique actuel et les tensions autour du conflit israélo-palestinien.
Jforum.fr
![]() |
![]() |




































