Présidentielle 2027 : au Bourget, Jean-Luc Mélenchon mise sur la rupture pour conquérir l’Elysée.
Il a également réaffirmé son soutien à l’immigration, notamment en rappelant son attachement au droit du sol. Un discours destiné à séduire un électorat auquel il promet toujours davantage de droits, d’avantages et de dépenses publiques, sans véritablement expliquer comment les financer.
Des milliards et encore des milliards ! Pour cela, il a eu un grand maître : François Mitterrand, qui avait remporté l’élection présidentielle face à Valéry Giscard d’Estaing en promettant notamment la retraite à 60 ans. Plus tard, lorsque les socialistes étaient en difficulté, ils ont offert aux Français la semaine de 35 heures.
Voilà des cadeaux politiques dont les conséquences économiques ont pesé sur les finances publiques et qui, selon nous, ont contribué à conduire la France dans la situation désastreuse qu’elle connaît aujourd’hui, avec une dette publique dépassant les 3 600 milliards d’euros et des coûts de financement qui pourraient encore s’alourdir. À ce rythme, le seuil des 4 000 milliards pourrait être franchi dans les prochaines années.
Les deux moteurs de cette démagogie sont toujours les mêmes : Israël, éternel bouc émissaire, et les riches, désignés comme responsables de tous les malheurs du pays.
Jean-Luc Mélenchon va même à proposer une confrontation entre les marines françaises et espagnoles contre la marine israélienne ce qui serait un acte de guerre.
D’un côté, on désigne Israël comme le responsable de tous les désordres du Moyen-Orient, en entretenant une hostilité qui, chez certains, dépasse largement la critique politique pour rejoindre les vieux réflexes de l’antisémitisme. De l’autre, on accuse les riches de tous les maux de la société, comme si la réussite économique était une faute et comme si la redistribution pouvait indéfiniment remplacer la création de richesses.
Cette politique consiste à promettre toujours davantage, à faire croire que les autres paieront et à encourager une culture de la revendication plutôt que celle du travail et de la responsabilité.
Mélenchon n’a finalement pas besoin de mille propositions pour résumer son programme : deux boucs émissaires lui suffisent, Israël et les riches.
Une stratégie politique aussi ancienne que dangereuse : désigner des coupables, promettre l’impossible et présenter la facture aux générations futures.
Politique. Relance économique, retraite à 60 ans, sortie de l’Otan… Jean-Luc Mélenchon a présenté samedi au Bourget son programme pour 2027.
« Il faut tout changer. » C’est le message lancé par Jean-Luc Mélenchon devant tous ses partisans, samedi 7 novembre, au parc des expositions du Bourget. Le fondateur de La France insoumise (LFI) y présentait L’Avenir en commun, la cinquième édition de son programme pour l’élection présidentielle de 2027, qui rassemble plus d’un millier de propositions. Le candidat de 75 ans a défendu un projet de rupture avec la politique menée depuis une décennie par Emmanuel Macron, tant sur le plan économique que social et diplomatique.
Selon Manuel Bompard, directeur de campagne de LFI, plus de 20 000 personnes ont assisté au rassemblement. Dans une ambiance exaltée, une ribambelle de parlementaires s’est succédé sur scène pour présenter les grandes orientations du programme. Clémence Guetté en a exposé les grandes lignes, Paul Vannier a abordé l’école, Hadrien Clouet la Sécurité sociale, Eric Coquerel le budget, Mathilde Panot le logement et le sénateur Gabriel Amard la question de l’eau.
Une relance économique fondée sur la consommation et les salaires
Sur le terrain économique, Jean-Luc Mélenchon entend prendre le contre-pied de la politique d’Emmanuel Macron. « Nous allons faire exactement l’inverse, c’est-à-dire une politique de relance », a-t-il déclaré devant ses soutiens. Cette stratégie reposerait sur deux leviers : « Premièrement, par le biais des dépenses de consommation, car dans notre pays, elles représentent plus de la moitié de l’activité économique. Deuxièmement, grâce aux milliards d’euros déjà disponibles. Il s’agit d’épargne qui doit être consacrée aux besoins écologiques et sociaux de notre pays », a-t-il ajouté.
Le programme prévoit notamment de porter le salaire minimum net mensuel à 1 700 euros, contre environ 1 480 actuellement, de réindexer les salaires sur l’inflation, d’augmenter les impôts des ménages les plus riches et de bloquer les prix de certains produits essentiels.
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Le mouvement entend également abroger la réforme des retraites adoptée sous le gouvernement d’Elisabeth Borne, qui a progressivement repoussé l’âge légal de départ de 62 à 64 ans, afin de renflouer les finances publiques. LFI affirme vouloir rétablir le départ à la retraite à 60 ans pour les personnes ayant cotisé pendant 40 ans. Ces mesures s’inscrivent dans une volonté plus large de répondre à la crise du pouvoir d’achat.
Une confrontation assumée avec Bruxelles
C’est sur les questions européennes que le programme de LFI affiche également une ligne de rupture. Sans proposer explicitement une sortie de l’Union européenne, le mouvement entend remettre en cause plusieurs règles qui encadrent son fonctionnement économique et budgétaire. Le programme insoumis défend une stratégie de désobéissance aux règles européennes jugées incompatibles avec les orientations de LFI, dans l’attente d’une éventuelle révision des traités. « Nous mettrons immédiatement en œuvre notre programme au niveau national. Cela nécessitera donc une confrontation avec les institutions européennes », indique le manifeste. « Tant qu’un accord de changement des traités n’est pas acquis, nous discutons avec nos partenaires et désobéissons aux règles bloquantes en parallèle », est-il précisé.
Le parti souhaite également placer la Banque centrale européenne sous contrôle démocratique afin de la mobiliser au service du financement de la transition écologique et sociale. Une orientation qui prolonge les déclarations de Jean-Luc Mélenchon à la fin du mois d’août, lorsqu’il avait évoqué l’annulation de la part de la dette française détenue par la BCE.
Le texte critique également l’influence allemande sur la politique économique de l’UE, décrivant Berlin comme le principal défenseur européen de « l’ordolibéralisme », une philosophie économique axée sur des règles budgétaires strictes, la stabilité des prix et une politique monétaire indépendante.
Ces propositions suscitent des interrogations sur leurs conséquences financières. Le quotidien suisse Le Temps relève que certaines mesures pourraient recevoir un accueil négatif des marchés. Le chiffrage détaillé des propositions de LFI est attendu au début de l’année 2027.
En matière de politique étrangère, le programme de Jean-Luc Mélenchon réitère ses critiques de longue date à l’égard de l’Otan et à l’engagement de la France dans les conflits militaires américains. « Nous n’avons rien à faire dans l’Otan, ni dans les guerres américaines », a-t-il déclaré samedi au Bourget.
Son programme prévoit une sortie progressive de l’Alliance atlantique, en commençant par le retrait de son commandement militaire intégré. Une orientation qui figurait déjà dans le projet présidentiel de LFI en 2022.
Le programme prévoit par ailleurs une transformation profonde de la politique énergétique française, en organisant une sortie progressive du nucléaire au profit d’un système électrique reposant exclusivement sur les énergies renouvelables. Le mouvement entend notamment abandonner le programme EPR2 prévu pour la nouvelle génération de réacteurs nucléaires soutenus par l’Etat et ne pas prolonger la durée de vie des centrales nucléaires au-delà de 60 ans.
Mélenchon veut montrer qu’il est prêt à gouverner
Jean-Luc Mélenchon apparaît aujourd’hui comme le principal candidat de la gauche dans les enquêtes d’opinion évoquées par Reuters. Plusieurs sondages récents le placent en position d’accéder au second tour de l’élection présidentielle d’avril 2027, face à Marine Le Pen. Ces mêmes enquêtes indiquent toutefois qu’il serait battu au second tour par la candidate du Rassemblement national.
Jean-Luc Mélenchon, qui a pris la parole après environ une heure et demie de présentations, a refusé de tempérer son discours. « Je ne mettrai pas d’eau dans mon vin », a-t-il prévenu, assurant qu’il ne serait pas « moins clivant ». Mais le candidat a également cherché à présenter son projet sous un angle plus rassembleur, en parlant de « causes communes » et en invitant les électeurs à juger les propositions plutôt que sa personnalité.
La question des alliances reste néanmoins ouverte. Jean-Luc Mélenchon a remercié les quatre députés communistes qui ont annoncé leur soutien à sa campagne, dont Stéphane Peu, président du groupe communiste à l’Assemblée nationale. « Il n’est demandé à personne de se dissoudre », a-t-il déclaré à l’adresse des formations susceptibles de rejoindre sa démarche. LFI affirme vouloir gouverner avec les communistes et les écologistes, mais les insoumis restent, à ce stade, les principaux acteurs de cette campagne. Le chiffrage d’un tel programme, annoncé pour le début de 2027, en constituera la prochaine étape.
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