Nucléaire : les États-Unis « déçus » des négociations avec l’Iran.

L’Iran grâce aux négociations a gagné du temps pour développer ses armements et sa puissance nucléaire. Le seul et unique but de cette farce était de faire croire à un accord, et de retarder l’échéance, à savoir quand les Occidentaux se rendraient compte de la manœuvre. Il leur a fallu du temps, et ce n’est même pas sûr qu’ils soient vraiment résolus à comprendre le vrai sens de cette bouffonnerie à entendre Emmanuel Macron qui voulait déjà lever les sanctions sur le pétrole.

Depuis plusieurs jours, des négociations sont entamées entre des émissaires missionnés par les deux parties à Doha, au Qatar, par l’intermédiaire de l’UE.

Les États-Unis se sont dits mercredi « déçus » des négociations indirectes avec l’Iran sur le nucléaire entamées depuis mardi à Doha, où « aucun progrès n’a été fait » selon Washington, qui estime ce cycle d’échanges « achevé ». L’émissaire américain pour l’Iran, Robert Malley, et le négociateur iranien Ali Bagheri avaient ouvert mardi dans la capitale qatarie des pourparlers indirects par l’intermédiaire de l’Union européenne (UE), en vue de débloquer les négociations de Vienne sur le nucléaire iranien. Les discussions en Autriche ouvertes en avril 2021 sont destinées à réintégrer les États-Unis à l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015 et à ramener l’Iran au respect intégral de ses engagements dictés par ce pacte.

« Les discussions indirectes à Doha se sont achevées et nous sommes déçus que l’Iran ait, une fois de plus, refusé de répondre positivement à l’initiative de l’UE, et donc aucun progrès n’a été fait », a déclaré mercredi soir un porte-parole du département d’État américain. « L’Iran a soulevé des points qui n’ont aucun lien avec le JCPOA (acronyme anglais de l’accord de 2015, NDLR) et ne semble pas prêt à prendre la décision fondamentale de savoir s’ils veulent faire revivre l’accord ou l’enterrer », a-t-il ajouté.

De son côté, l’Iran s’est déclaré « déterminé » à continuer les négociations sur son programme nucléaire, a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères. « Nous sommes déterminés à poursuivre la négociation jusqu’à ce qu’un accord réaliste soit atteint », a indiqué Hossein Amir-Abdollahian, à l’issue d’une conversation téléphonique avec son homologue qatari, Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani, selon un communiqué officiel.

Plus tôt, Enrique Mora, le coordinateur de l’UE, avait indiqué qu’il n’y avait « pas encore les progrès espérés » par son équipe dans les discussions. L’Iran avait pourtant estimé dans la journée qu’un accord avec les États-Unis était possible, mais soulignait que les négociations devaient s’achever mercredi soir, deux jours après leur lancement. « Nous sommes sérieux » dans notre volonté de conclure un accord, avait déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian lors de sa visite en Turkménistan, selon des propos rapportés mercredi par l’agence de presse officielle Irna.

Échanges de messages à distance

Les deux ennemis jurés, qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques depuis 1980, échangent de manière indirecte. Ils se transmettent des messages – chacun restant dans son endroit –, pour tenter de sortir de l’impasse dans laquelle se trouvent les tentatives de relance de l’accord de 2015. Cet accord, qui allégeait les sanctions contre l’Iran en échange de la limitation de son programme nucléaire, a été abandonné unilatéralement par l’ancien président américain Donald Trump en 2018. Des discussions internationales pour relancer l’accord ont débuté sous l’égide de l’UE en avril 2021 à Vienne, avant que le processus ne s’enlise en mars 2022.

L’administration de Joe Biden dit vouloir revenir dans l’accord si Téhéran renoue avec ses engagements, mais l’Iran exige auparavant la levée des sanctions ainsi que des garanties que Washington ne se retirera plus du pacte. L’optimisme initial suscité par les discussions à Doha s’était traduit par une nette appréciation mercredi de la monnaie iranienne sur le marché noir, selon des changeurs dans les pays. Les tensions mondiales sur le marché pétrolier sont également une occasion pour l’Iran de faire pression afin d’obtenir la levée des sanctions sur le brut iranien, selon Alex Vatanka, directeur du programme Iran du cercle de réflexions Middle East Institute, basé à Washington.

JForum – Le Point

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