Pessah-Chavouot: 49 jours pour le Matan Torah (Don de la Torah)

 » Au printemps, au printemps, et mon cœur et ton cœur sont repeints au vin blanc (Cacher le Pessah, bien sûr)  » , Chanson de Jacques Brel Chabbat chalom et bonnes fêtes de PessaH  Gérard Darmon

De Pessah à Chavou’ot. Par David Peretz

Pessah est la fête de notre libération (Hag hérouténou): les quatre verres de vin que nous buvons le soir du Seder correspondent selon la tradition aux quatre termes exprimant cette libération :  «  Je vous sortirai des malheurs d’Egypte, et Je vous délivrerai de sa servitude et Je vous affranchirai avec un bras étendu…Je vous adopterai comme peuple… « (Exode. 6, 6-7).

Pourtant, cette liberté aussitôt acquise, nous nous empressons, dés le lendemain du Seder, de compter les jours (Séfirath hao’mer) qui nous séparent de Chavou’ot, la fête du don de la Torah (Hag matan Toraténou).

Or compter c’est attendre ! Que signifie donc cette impatience ? Ne pouvons-nous pas jouir tranquillement de cette précieuse liberté si durement acquise !

Le Rav Shimshon Raphaël Hirsh répond négativement : « Vous avez accédé à la liberté et à l’indépendance qui réalisent toutes les aspirations nationales de l’ensemble des peuples. Or vous n’êtes qu’au début de votre vocation nationale, commencez maintenant à compter les jours en vue d’une autre fin…Là où les autres peuples ont fini de compter commence votre décompte à vous ! »

Pessah ne serait donc qu’une étape, le but final ne serait atteint qu’à Chavou’ot. La signification du décompte de l’Omer consisterait dans cette attente de sept semaines qui culmine dans l’adhésion à la Loi.

Le Sefer Hahinoukh (XIIIe siècle) développe longuement cette idée : « Puisque le fondement d’Israël n’est autre que la Torah…et la raison de la libération de l’esclavage en Egypte consiste dans la réception de la Torah et dans son application comme cela a été dit à Moïse (épisode du buisson ardent) « quand tu auras fait sortir ce peuple de l’Egypte, vous adorerez le Seigneur sur cette montagne même » (Exode.3, 12). Lorsque Je vous sortirai d’Egypte, ce sera un signe que vous devrez adorer le Seigneur sur cette montagne. Ce qui signifie que vous recevrez la Torah qui constitue le but final et la raison de votre libération. » (Commentaire du Pentateuque)

La réception de la Loi aurait donc une signification plus éminente que le passage de la servitude à la liberté qui n’est aucunement un but en soi. Le Midrash (Chir hachirim raba 7, 5) va même jusqu’à considérer Chavou’ot comme le dernier jour de Pessah (Atséret chel Pessah), à l’instar de Chémini atséret qui achève la fête de Souccoth.

Ce n’est pas avec le passage spectaculaire de la mer rouge que s’achèverait la fête de Pessah mais par la Révélation du Sinaï où, selon le Deutéronome, aucune image n’a été vue.

La signification de Pessah ne s’épuiserait pas avec le miracle et le surnaturel mais avec l’intransigeante sobriété de l’interdiction du meurtre qui règle, omniprésente, l’existence juive jusque dans notre cacheroute quotidienne interdisant la consommation du sang.

Mais que devient notre liberté pascale au contact de la Loi révélée dès lors que le Midrash comparant la montagne à un baquet renversé fait dire au Saint béni soit-Il : « Si vous acceptez la Torah, tant mieux, sinon ce sera ici votre tombeau » (Shabbat 88a).

La Torah ou la mort ! Situation absurde, du moins aux yeux de notre raison, si occidentale et si convaincue de la primauté absolue de la liberté sur toutes les valeurs. Or la liberté ne doit-elle pas, comme dit Levinas, « encore et toujours se libérer de l’arbitraire » ?

Ne reconnait-on pas dans l’image du baquet renversé la situation si familière de celui qui ayant pris des engagements, ne peut échapper à ses responsabilités ?

N’y a-t-il pas des choix préalables et sans alternative possible que seule une éducation digne de ce nom ne peut éviter de faire ? Ce sont ces choix, antérieurs à la liberté, que formulent les Tables de la Loi, concentrant ainsi, gravée dans la pierre, toute l’humanité de l’homme.

La liberté ne trouve-t-elle pas ici sa source véritable ?

C’est ce qu’une Michna du Traité des Pères (Pirqé Avot) nous enseigne: « Les tables étaient l’œuvre de D.ieu et l’écriture était l’écriture de D.ieu, gravée sur les tables » (Exode. 32, 13), « Ne lis pas gravée (harout) mais liberté (hérout) » (VI. 2).

Transcendance des valeurs morales face auxquelles la liberté cesse d’être libre arbitre pour devenir responsabilité. Idée qui retentit dans la pensée du philosophe Emmanuel Kant lorsqu’il affirme: « Être libre et obéir à la loi morale sont une seule et même chose. » (Fondements de la métaphysique des mœurs).

Voici pourquoi, de même que la liberté ne se réalise pleinement que par la responsabilité, Pessah ne prend sa pleine signification que par Chavou’ot.

David Peretz 

par Guitel Benishay avril 26, 2020

 

 

Pessah Hol Ha-Moed: comment lire le Hallel? Vidéos

Questions: Faut-il réciter la bénédiction sur le Hallel pendant les jours de H’ol Ha-Mo’ed (demi-fête) de Péssah’ ?

Le Chabbat H’ol Ha-Mo’ed de Péssah’, faut-il conclure la bénédiction dans la ‘Amida et la Haftara par les termes « Mékadech HaChabbat VéIsraël VéHazémanim », ou bien uniquement par « Mékadech HaChabbat » ?

Réponses: Concernant la récitation du Hallel (1), il est expliqué dans une Baraïta du traité ‘Arah’inn (10a) que pendant la fête de Soukkot, on dit chaque jour le Hallel complet avec bénédiction, alors que pendant la fête de Péssah’, on ne dit le Hallel complet avec bénédiction uniquement le 1er jour (en dehors d’Israël, les 2 premiers jours), mais durant les jours de H’ol Ha-Mo’ed ainsi que le dernier jour de la fête de Péssah’ (en dehors d’Israël, les 2 derniers jours), on dit le Hallel abrégé et sans bénédiction (comme indiqué dans les rituels de prières).

La Guémara demande quelle est la différence entre la fête de Soukkot où l’on dit le  Hallel complet chaque jour, alors que pour la fête de Péssah’ on ne dit pas le Hallel complet chaque jour, excepté le 1er jour ? La Guémara répond que durant la fête de Soukkot, on offrait chaque jour un sacrifice différent (le nombre de taureaux offerts diminuait chaque jour), et de ce fait, ils disaient chaque jour le Hallel, mais pour la fête de Péssah’, il n’y a pas de différence dans les sacrifices, et de ce fait ils ne disaient le Hallel complet que le 1er jour.

On peut expliquer la chose par le fait que l’homme de par lui-même pourrait se suffire de dire le Hallel une seule fois, et il n’y aurait pas de raison de le redire chaque jour. Cependant, avec la modification des époques, l’homme change lui aussi partiellement, et il lui est souhaitable d’exprimer encore les bontés d’Hachem, car même SES bontés changent avec le temps. C’est pourquoi, pendant les jours de la fête de Soukkot – qui diffèrent entre eux – il est justifié de dire chaque jour le Hallel, ce qui ne serait pas le cas pendant les jours de la fête de Péssah’ qui sont comparables à un seul long jour. Par conséquent, on ne doit pas dire le Hallel complet chaque jour de la fête de Péssah’, mais uniquement le 1er jour. (voir Maharcha sur Bérah’ot 10a).

C’est pourquoi, MARAN Rabbénou Yossef KARO z.ts.l tranche dans le Choulh’an ‘Arouh’ (chap.490-4) que durant les jours de Péssah’ on lit le Hallel abrégé, excepté le 1er jour. De même, notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l écrit dans son ouvrage H’azon Ovadia- Péssah’ (vol.2 page 116) qu’il ne faut pas dire le Hallel complet excepté le 1er Yom Tov uniquement. Par conséquent, on ne récite pas la bénédiction sur le Hallel pendant les jours de H’ol Ha-Mo’ed Péssah’.

Concernant la conclusion de la bénédiction dans les prières du Chabbat H’ol Ha-Mo’ed, il est expliqué dans les décisionnaires qu’on ne conclut par les termes « Mékadech Israël VéHazémanim » uniquement lors du 1er et dernier jour de Péssah’ et de Soukkot (en dehors d’Israël, les deux premiers et deux derniers jours), ainsi que pour le jour de Chavou’ot (en dehors d’Israël, les deux jours de Chavou’ot).

Si Yom Tov tombe un Chabbat, on conclu « Mékadech HaChabbat VéIsraël VéHazémanim ». Mais pour Chabbat H’ol ha-Mo’ed, on conclu uniquement par « Mékadech HaChabbat ». De même, pour la bénédiction de la Haftara de Chabbat H’ol Ha-Mo’ed, on conclu uniquement par « Mékadech HaChabbat ». par contre, lors du Moussaf de Chabbat H’ol ha-Mo’ed on conclu par « Mékadech HaChabbat VéIsraël VéHazémanim ». (H’azon Ovadia ibid.).

(1) Le Hallel est une prière  composée des psaumes 113 à 118. Il est récité lors de la plupart des fêtes juives  ainsi qu’aux jours de louanges.

http://halachayomit.co.il/fr/default.aspx?HalachaID=3494

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