People shop at a market on the eve of Eid al-Adha in the northern Lebanese port city of Tripoli, on August 20, 2018. (Photo by JOSEPH EID / AFP)

Pandémie : le Liban étouffe tandis que les Palestiniens s’enlisent

 

Par Michèle Mazel

Dans un discours fleuve mardi Hassan Nasrallah, leader d’une organisation reconnue comme terroriste par la plupart des pays occidentaux, a désigné ce qu’il qualifie de la chose la plus dangereuse au Moyen Orient : les intentions d’annexion d’Israël.

« Nous sommes aux côtés de nos frères palestiniens, et prêts à lutter contre ce projet.  » Il a également saisi l’occasion pour se livrer à un réquisitoire en règle contre l’ambassadrice des Etats Unis qui s’était permis de dire tout haut que le Hezbollah mettait en danger le redressement économique et la stabilité du Liban, une opinion partagée par une majorité de Libanais.

Le pays du Cèdre, pris entre la propagation du virus et une crise économique sans précédent cherche pourtant désespérément une planche de salut. Selon Reuters, faute d’argent une économie de troc est en train de se développer. Un blog internet dédié réunit maintenant plus seize mille participants. 50% des Libanais craignent de ne bientôt plus avoir de quoi manger.  « Ce n’est plus une crise que traverse le Liban. C’est une tornade, un déclassement à toute allure, un début d’apocalypse. » écrivait Le Monde du 4 juillet,  soulignant que la situation avait déjà entraîné le suicide de citoyens désespérés.

Il n’est d’ailleurs pas sûr que les  frères palestiniens -sunnites – apprécient à sa juste valeur la déclaration de Nasrallah. Le Hezbollah – chiite -ne fait pas mystère de sa volonté de détruire Israël pour instaurer un régime islamique chiite qui laisserait peu de place à l’état dont ils rêvent.  Surtout si la rhétorique palestinienne sur le projet d’annexion est toujours aussi virulente, la vague de manifestations et de violence tant de fois annoncée se fait attendre. Un calme relatif règne toujours dans l’Autorité palestinienne. C’est que le Coronavirus est une menace autrement plus pressante.

Ramallah est en plein désarroi devant le nombre de personnes affectées d’autant que les contacts avec Israël ont été rompus il y a plusieurs semaines déjà pour protester contre une annexion qui n’a toujours pas eu lieu et dont personne ne connait auparavant les contours – ni même si elle se produira éventuellement. Selon son ministre de la santé, l’épidémie est hors de contrôle à Hébron, la ville la plus touchée.

Members of the family of an imam at a local mosque, perform their Friday prayers on the rooftop of their house, after the authorities shut down mosques due to the coronavirus pandemic, in the West Bank town of Hebron, on July 3, 2020. (Photo by HAZEM BADER / AFP)

Quant au premier ministre Mohammad Shtayyeh,  il a reconnu qu’au début nombre de Palestiniens se refusaient à croire à la réalité du virus et que certains n’en sont toujours pas convaincus, ajoutant que les mesures prescrites – distanciation et port du masque – étaient mal observées. 82% des contaminations se sont produites lors de mariages ou de réunions familiales. Les 18% restant seraient imputables aux ouvriers palestiniens qui vont travailler en Israël et dont l’apport est vital pour les familles durement touchées par la crise économique.

D’où cette solution extravagante que propose Shtayyeh : demander aux Nations Unies de déployer des troupes à tous les points de passage vers Israël pour empêcher ces ouvriers de se rendre sur leur lieu de travail. Plus réalistes, les notables de Hébron appellent la population à rester chez elle et à remettre à plus tard mariages et autres réjouissances.

La situation n’est guère plus brillante à Gaza où des citoyens n’hésitent plus à utiliser les réseaux sociaux pour rendre le Hamas responsable d’une situation catastrophique qui conduit au suicide de jeunes désespérés et sans avenir.

Mohanned Younis auteur du livre de nouvelles publié à titre posthume, intitulé Autumn Leaves – Photo : Asma Younis

On se prend une nouvelle fois à rêver de voir les dirigeants palestiniens prendre la décision courageuse de mettre pour un temps de côté la politique et d’entamer une coopération fructueuse avec Israël pour combattre ensemble le fléau… et le Liban débarrassé du Hezbollah redevenir le Paris du Moyen Orient.

Par ©Michèle Mazel

4 Commentaires

  1. Il serait souhaitable aussi par le peuple libanais de tordre le cou du hezbollah
    c’est comme d’habitude à Israël que le sale boulot échouera,
    a qui d’autres????

  2. Nasrallah le leader d’une organisation terroriste reconnue par la plupart des pays occidentaux. Effectivement, sauf la France qui refuse de reconnaître cette pourriture comme un terroriste qui dicte sa loi au Liban. Et quand j’entends Le Drian déclarer au Sénat hier mercredi LIBAN REVEILLEZ-VOUS… C’est magistral
    ROSA

  3. « le Liban débarrassé du Hezbollah redevenir le Paris du Moyen Orient. »

    ne plus en rêver !

    c’est le passé!

    ce pays merdeux fut le « paris » du PO tant que la population chrétienne dirigeait a égalité ce Liban

    mais depuis longtemps ces gens vivent en Europe et aux états unis, tout comme les syriens chrétiens

    le liban a été violé par les falastiniens, sauvés de la colère d’ israel par la douce France
    qui les a logés a Tunis

    et depuis vingt ans violé par les chiites du Hizb qui en ont fait une succursale de Tehéran

    la seule solution est une guerre totale contre ce pays a éradiquer, ou mieux encore qu il s’ecroule et que les factieux s’ entretuent

    tiens! on pourrait en faire un Druzland ! un Darazistan, comme se prépare le kurdistan

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