Normalisation avec Israël : de nouveaux soupçons pèsent sur la Tunisie.

Depuis que le Maroc, simultanément avec plusieurs autres États arabes, a rétabli ses relations avec Israël, la Tunisie est régulièrement citée comme l’un des prochains pays de la région à franchir le pas de la normalisation.

A chaque fois, les autorités tunisiennes ont démenti catégoriquement, sans réussir à calmer la polémique. La Tunisie est de nouveau soupçonnée de faire un pas vers la normalisation à cause de sa participation aux exercices militaires conjoints African Lion 2022, organisés par le commandement américain en Afrique (Africom).

Qualifiées de « plus grand exercice militaire en Afrique » et pilotées par les États-Unis et le Maroc, les manœuvres African Lion 2022 ont débuté lundi 20 juin à Agadir (Maroc). Elles s’étaleront jusqu’au 30 juin avec des exercices prévus au Maroc, en Tunisie, au Sénégal et au Ghana. 7500 soldats d’une dizaine de pays y prendront part, ainsi que des observateurs de l’OTAN et d’une quinzaine de pays, parmi lesquels, pour la première fois, Israël.

C’est cette présence de militaires israéliens qui ne passe en Tunisie et qui a ravivé la polémique sur les velléités des autorités de ce pays de rejoindre le camp de la normalisation. Plusieurs voix se sont élevées pour réclamer le retrait immédiat de la Tunisie de ces manœuvres. Le Parti républicain (Al-Joumhouri) a appelé au retrait de ces exercices auxquelles participent « plusieurs pays, dont la Tunisie, aux côtés de l’armée d’occupation sioniste ».

La criminalisation de la normalisation non retenue dans la nouvelle constitution.

Ce parti a mis en garde le président tunisien Kais Saied contre «l’engagement dans une politique des axes contraire aux intérêts nationaux qui aura le pire impact sur nos relations avec notre environnement régional et constituera un coup de poignard dans le dos du peuple palestinien qui affronte vaillamment la machine de guerre sioniste » selon la rhétorique conventionnelle

Le 8 juin, le ministère tunisien des Affaires étrangères avait dû réagir après des allégations de la presse israélienne sur le sujet. Le ministère tunisien des Affaires étrangères a démenti « catégoriquement les allégations infondées, rapportées par des sites israéliens, quant à l’existence de discussions diplomatiques avec la Tunisie ».

La Tunisie « n’est pas concernée par l’établissement de relations avec une entité occupante et demeurera, autorités officielles et peuple, un soutien à nos frères palestiniens dans leur lutte », a-t-il ajouté. « Ce n’est pas une situation normale pour un être humain de vivre sous l’Occupation, et il n’est pas normal que vous ayez des relations avec l’occupant », avait déclaré pour sa part le président Saied en mai 2021 sur France 24.

La nouvelle polémique sur la normalisation a coïncidé avec la finalisation du projet de nouvelle constitution tunisienne qui sera soumise à un référendum populaire le 25 juillet prochain. La criminalisation de la normalisation avec Israël n’a pas été introduite comme réclamé par certaines parties et cela a donné lieu à des lectures diamétralement opposées.

Le camp du président Saied soutient que la mention même d’Israël dans la constitution, sous quelque appellation que ce soit, équivaudrait à une reconnaissance de fait de ce pays. L’opposition, en revanche, accuse le président d’avoir laissé la porte ouverte à un éventuel processus de normalisation.

Il n’est plus certain que cette digue islamiste tienne encore longtemps, vue la situation économique de la Tunisie qui n’a pas les moyens de sa politique.

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