Netanyahu expose ses tactiques de défense face aux Juges

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Dans un discours à la nation, Netanyahu expose ses tactiques de défense dans des affaires de corruption dirigées contre lui

 

Le Premier ministre Binyamin Netanyahou, qui se présente en victime de persécution judiciaire dans un procès politique, propose de renverser la situation face à ses ennemis lorsque son affaire sera jugée.

Au début de sa campagne pour la réélection le 9 avril, le Premier ministre a adopté le 7 janvier la mesure désespérée de s’adresser à la nation. Cette allocution contenait 12 nouvelles concernant sa tactique de défense avant et pendant une éventuelle audience devant le tribunal, dans les affaires dont il fait l’objet.

Le premier groupe était composé de quatre points :

  1. Acceptation qu’il ne peut pas échapper à l’acte d’accusation pour corruption.
  2. Il accepte aussi que cette décision du procureur général, Avichai Mandelblitt, soit rendue publique avant les élections.
  3. Dans le cadre de son action d’arrière-garde pour avoir retardé la publication, il a demandé la possibilité d’être confronté aux trois témoins à charge à son encontre – Nir Hefetz, Shlomo Filber et Harry Haraw – si possible en public, pour réfuter leurs témoignages.
  4. Il a demandé pourquoi des témoins en sa faveur n’étaient pas appelés à témoigner. Netanyahu a notamment évoqué le Dr Asaf Eilat, régulateur des entreprises, qui savait de première main que le Premier ministre, alors ministre de la Communication par intérim, n’était pas intervenu dans la fusion entre la chaîne YES TV et la société de télécommunications Bezeq. Cette accusation fait partie du dossier de corruption.

Le Premier ministre a ensuite présenté 8 points au cœur de sa stratégie de défense lors d’un procès :

  • Accusé d’avoir sollicité une bonne publicité auprès d’Arnon Mozes, éditeur du quotidien Yediot Aharonot, Netanyahu a demandé de façon rhétorique pourquoi d’autres politiciens n’étaient pas sous enquête. Yair Lapid, chef du parti d’opposition “Il Y A un Avenir”, a tenu de nombreuses réunions avec le même Arnon Mozes. Il a, ensuite, effacé la mention de ces réunions de son journal. Le Premier ministre est clairement en train de préparer le terrain pour obliger la police à ouvrir des enquêtes sur toute une série de personnalités politiques sous le même chef d’accusation de sollicitation illégale des médias pour une couverture favorable.
  • Dans son discours, Netanyahu a cité le chiffre 43. Il a fait référence au nombre de Députés qui se sont prononcés en faveur de Mozes en votant pour un projet de loi contraignant le concurrent, le quotidien gratuit «Israël aujourd’hui» [Israel Hayom], à facturer des frais et tarifer ses numéros. Les chefs de parti et leurs membres ont été récompensés par une couverture favorable dans les publications de Mozes. Le Premier ministre affirmera que si ce genre de transaction entre les politiciens et les médias compte pour de la corruption, ils sont tous aussi coupables que lui, et sinon, lui aussi est innocent.
  • Les avocats de Netanyahu ont rédigé des assignations à comparaître, concernant la plupart des représentants politiques et législateurs nationaux afin de permettre des interrogatoires croisés si Netanyahu passait en justice.
  • Une autre longue liste comprend des personnalités publiques, des rédacteurs en chef de journaux et des journalistes chevronnés qui seront étudiés à la loupe, lors de chaque rencontre avec un politicien, dans chaque nouvelle qu’ils ont écrite et pour toute rémunération reçue.
  • Le procès de Netanyahu – si et quand il aura lieu – sera l’occasion d’un long défilé de personnalités politiques, passées et présentes, traversant la salle d’audience et se présentant devant l’avocat de la défense, parmi lesquelles l’ancien Premier ministre Ehud Olmert et l’ancien dirigeant de l’opposition Tzipi Livni , Yair Lapid et autres.
  • Les avocats de la défense de Netanyahu envisagent de faire comparaître des centaines de témoins de haut rang pour des audiences qui pourraient durer des années,
  • Dans son discours à la nation lundi soir, le Premier ministre a posé cette bombe à retardement sur le bureau du procureur général et du procureur de la République. Il a précisé que s’ils proposaient d’aller jusqu’au bout des accusations portées contre lui, dont il se déclarait innocent, il riposterait sans faille ni pitié pour les personnalités les plus élevées et publiques du pays. Il exigera que le procureur général agisse selon le même principe, à savoir que personne ne se trouve au-dessus de la loi, mais il l’appellera à témoigner sous serment. S’ils sont incriminés, des poursuites doivent également être engagées contre eux.
  • Le Premier ministre a parlé lundi soir avec une résolution pleine de colère. Il a donné l’impression que, s’il était traduit en justice pour des accusations qu’il jugeait sans fondement, il ferait alors tomber ses persécuteurs politiques et les médias qui s’en font la caisse de résonance. En faisant face à la nation, il a jeté le gant devant le procureur général.

  ,  , 

Adaptation : Marc Brzustowski

In a speech to the nation, Netanyahu lays out his defense tactics in bribery cases against him

5 COMMENTS

  1. les gauchistes veulent arriver à leur fin et sont prêts à investir des dizaines des millions de shékels… de l’Etat pour cela. Ils constituent le premier danger pour l’Etat d’Israël.

  2. Cette pléïade d’accusations grotesques fait plutôt songer aux intrigues de cornecul de l’affaire Clearstream contre Sarkozy. Il y a une foule de Gergorin et de Lahoud en Israël qui rêvent de faire carrière grâce à cette pantalonnade.

  3. Bravo pour cette analyse extrêmement fine, toute factuelle.

    Ça, c’est de la vraie information.

    Chacun pourra penser ce qu’il Veut, mais votre article est différent du rabâchis habituel de certains qui ont des postures prédéterminées.

    Encore bravo et merci pour cette clarté !

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