Marika Bret, la DRH de « Charlie Hebdo », obligée de quitter son domicile après des menaces

Marika Bret au tribunal de Paris le 9 septembre 2020 pour le procès des attentats de janvier 2015.
Marika Bret au tribunal de Paris le 9 septembre 2020 pour le procès des attentats de janvier 2015. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Ses agents de sécurité lui ont dit qu’elle ne pourrait probablement plus jamais y vivre.

« C’était il y a une semaine, lundi dernier, en sortant du tribunal. Les officiers de sécurité m’ont annoncé que j’avais dix minutes pour préparer un sac et quitter mon domicile parce que ma sécurité n’y était plus assurée », a raconté lundi 21 septembre sur franceinfo Marika Bret, responsable des ressources humaines de Charlie Hebdo. Elle assiste au procès des attentats de 2015 qui se déroule en ce moment devant la cour d’assises spéciale, au Palais de justice de Paris.

Le témoignage de Marika Bret, la DRH de « Charlie Hebdo », obligée de quitter son domicile après des menaces
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Quand on lui demande de quitter son domicile en urgence, Marika Bret ne perd pas de temps. « Ça fait cinq ans que je suis protégée par des officiers de sécurité. Ce genre de choses, ça ne se discute pas, je fais confiance en leur compétence, confie-t-elle. Ils m’ont expliqué que probablement je ne réintégrerais jamais mon domicile. C’est difficile à digérer [même si] j’ai intégré l’idée que j’allais déménager. »

« Je suis partie chez des amis, heureusement que je suis bien entourée. Je suis arrivée en leur disant que j’étais réfugiée politique chez eux pour mettre un peu d’humour. C’est ce que m’ont appris des gens comme Cabu, ou Charb« , glisse la responsable RH de Charlie Hebdo. Elle tente de garder le sourire dans ce contexte pesant du procès qui fait remonter des souvenirs douloureux.

Ce n’est pas tant ma petite personne qui est intéressante que de montrer dans quel climat de haine nous nous trouvons et quelles sont les conséquences d’un tel climat.Marika Bretà franceinfo

Ces menaces la ramènent à l’ambiance qui a toujours entouré l’hebdomadaire satirique : « Charlie n’a jamais cessé de recevoir des menaces. On est dans cette anormalité-là depuis cinq ans et j’avoue que pendant le procès, c’est particulièrement dur ». Marika Bret fait aussi part de son « effarement face à ce déchaînement haineux qui continue encore et qui se ravive ici pendant le procès ».

Marika Bret fait partie de ceux qui ont relancé l’hebdomadaire en 1992. Elle a vécu avec Charb « quinze ans de relations non-officielles », a-t-elle raconté au procès des attentats de 2015 qui se déroule en ce moment.

« C’est le procès Charlie, Montrouge, Hyper Cacher, mais c’est un procès historique, politique. Parce que la laïcité et la liberté d’expression ont été atteintes dans leur cœur, parce que notamment ce journal a plus que défendu ces valeurs-là », assure-t-elle. Marika Bret a un message à faire passer : « Réagissez, parce que ce qui s’est passé, les 7, 8 et 9 janvier 2015, ça a commencé bien avant et ça continue son chemin », parce qu’on vit dans une « société de plus en plus à vif sur le moindre sujet. C’est une société où le rire n’est plus accepté, où la moquerie et l’humour, qui sont un mode d’expression et de réflexion on ne peut plus pacifistes, ne sont pas compris comme tels, sont déformés volontairement. »

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Mélenchon dans le viseur

Marika Bret a par ailleurs accusé Jean-Luc Mélenchon d’alimenter « un climat de haine » : « Il a partagé sur les réseaux sociaux un dessin de la revue Regards qui faisait parler les morts de Charlie pour leur faire dire le contraire de ce qu’ils ont toujours pensé… Et lorsqu’un internaute l’a interpellé sur ce dessin plus que douteux, Jean-Luc Mélenchon lui a répondu que le Likoud le rendait fou. » Pour elle, ce type de propos du leader de La France Insoumise est une « infamie ». Toutefois, la responsable des ressources humaines a rappelé qu’il n’est « pas le seul ». « Beaucoup de responsables politiques ont, par clientélisme ou par peur, oublié des notions fondamentales comme la citoyenneté », a-t-elle analysé toujours auprès du Point. Or, « on ne s’adresse pas à des électeurs potentiels en fonction de leur couleur de peau ou de leur religion », a-t-elle prévenu. Concernant le projet de loi sur le séparatisme, Marika Bret attend « une parole forte de la part d’Emmanuel Macron ». Malgré tout, elle a affirmé au journal qu’elle n’acceptera « jamais » l’idée que les terroristes gagnent un jour. « Je continuerai à me battre pour que cela ne soit jamais le cas », a-t-elle enfin promis.

valeursactuelles.com

1 COMMENTAIRE

  1. Bravo pour le fait de tenir tête aux terroristes dont Melenchon. Dommage qu’il n’y ait personne pour le menacer à ce tte ordure, cela calmera ses ardeurs à faire du clirentellisme

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