Macron sera-t-il réélu, rien de moins sûr. Les déçus du « macronisme » sont nombreux, compris dans les rangs du Président. Il ne faudra pas négliger leur abstentionnisme qui pourra être fatal le jour J. les sondages 55-45 ou 53-47 ne veulent rien dire à ce jour. Xavier Bertrand le champion de la droite dite républicaine, comme si l’autre droite ne l’était pas, s’est déjugé hier dans le 20 h de TF1, c’est dire que sa crédibilité, qui était déjà faible, est fortement entamée lui qui jouait il y a peu au matamore.

La France semble être dans une impasse politique. L’offre présidentielle est à l’image du néant politique. Alors que plus que jamais la France est au bord du déclin, aucun candidat n’a la stature d’un président qui puisse être le sauveur de la France. En assassinant FILLON la justice et les médias ont découragé le peu de personnes en capacité de relever le défi. Toute personne intelligente cherchera à se préserver, au lieu de s’exposer médiatiquement et être systématiquement trainée dans la boue, pour tout et n’importe quoi. L’homme est un loup pour l’homme, c’est le seul assassin de la création. Il tue pour tuer, ce que ne fait pas l’animal. Notre exigence morale, et notre exigence de probité, ne vaut que pour les autres, jamais pour soi.

« Le traître et le néant » : quatre choses à retenir du livre de Davet et Lhomme sur Emmanuel Macron.

Les journalistes Fabrice Lhomme et Gérard Davet publient un livre-enquête sur le président en exercice. Emmanuel Macron et son quinquennat, ou « Le traître et le néant », abreuve de détails sur la fin politique de François Hollande, sa relation avec Philippe de Villiers, les déçus dans son camp. Sans grande révélation.

C’est désormais un classique de la fin d’un quinquennat : après « Sarko m’a tuer » en 2011, « Un président ne devrait pas dire ça » en 2016, les journalistes du Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme publient un nouveau livre-enquête publié chez Fayard, « Le traître et le néant ». 620 pages (quand même !) d’un bilan critique mais sans grande révélation, de l’ascension et de l’exercice du pouvoir d’Emmanuel Macron. Si la plupart des proches du président de la République, conseillers, ministres, soutiens affichés, anciens collaborateurs, se sont bien abstenus de répondre aux questions et demandes d’entretiens des deux journalistes (consigne de l’Elysée, peut-on lire), le livre laisse une grande place aux opposants (socialistes), aux trahis du gouvernement Hollande (dont l’ancien président) et aux déçus du macronisme.

La naissance politique d’Emmanuel Macron, la trahison « avec méthode » au dépend de François Hollande et du PS, la création du « nouveau monde » et les presque cinq années sans partage à la tête de l’État bousculées par les crises sociales et sanitaires, tout cela est de nouveau raconté, sans apporter nouvelles informations majeures mais à travers une multitude de regards, des alliés aux ennemis.

La (courte) amitié Macron-de Villiers

Elle a causé des remous, certains au PS voyant cette rencontre contre-nature comme une ligne rouge franchie par Emmanuel Macron. Philippe de Villiers, ex-président du Conseil général de Vendée et l’un des représentants de la droite identitaire, détaille à Davet et Lhomme sa vision de sa relation avec celui qui n’est encore qu’un ministre séducteur. Une relation racontée certainement à l’avantage du créateur du Puy du Fou, mais qui ne manque pas d’humour. Les deux hommes se rencontrent au restaurant La Rotonde, où Philippe de Villiers a ses habitudes, tout comme le couple Macron. Plusieurs soirs, Emmanuel Macron fait savoir qu’il souhaite rencontrer le souverainiste à sa table. Ce dernier, « d’abord gêné » et perplexe, fini par accepter. Le vicomte explique alors assister à un numéro de charme : Brigitte et Emmanuel Macron rêveraient de venir visiter le Puy du Fou. De Villiers assure ne pas être dupe et analyse ainsi les intentions du ministre :

« C’est tout bénéfice pour Macron, car après avoir rendu hommage à Jeanne d’Arc quelques semaines avant, avec le Puy du Fou, il envoie un message à la droite conservatrice, souverainiste, pour pas cher. » 

Autrement dit, Philippe de Villiers comprend aujourd’hui qu’il assistait là aux prémices du ni « de gauche, ni de droite », mais un peu des deux, poussé plus tard comme argument de campagne. C’est lors de cette visite au Puy du Fou, le 19 août 2016, que le ministre Macron lance sa provocation au gouvernement devant la presse : « L’honnêteté m’oblige à vous dire que je ne suis pas socialiste« . Ce doit être la provocation de trop, qui doit pousser François Hollande à le virer du gouvernement pour qu’il puisse capitaliser sur son statut de victime en vue de lancer dans la présidentielle.

La rupture est actée 11 jours plus tard. Lorsque le couple Macron est en visite dans le parc d’attraction, Philippe de Villiers n’est pas encore certain de l’honnêteté de ses invités. Et pour cause : « La première question de Macron, à peine attablé face à lui : ‘Comment vous sentez la France, vous ?’ Le Vendéen n’en est toujours pas revenu. Il narre la suite : ‘Je me retourne vers Nico [son fils, président du parc], surpris par la question. On échange un regard pour dire : attends, il se fout de ma gueule, là. » Les échanges amicaux se poursuivront pendant la campagne présidentielle. Le soir de la victoire, dit-il, il envoie un SMS de félicitations à Brigitte et reçoit un appel d’Emmanuel Macron qui le remercie. « C’est surréaliste…« , commente aujourd’hui le vicomte. Ce n’est que la crise sanitaire, avec le confinement et la fermeture du Puy du Fou, qui semble avoir mis un terme à leur amitié, faite de respect pour l’entrepreneur culturel d’un côté, pour la fonction présidentielle de l’autre, avec un soupçon de calcul politique.

Trahison du Hollandisme, une histoire orale

François Hollande, Manuel Valls, Stéphane Le Foll, Gaspard Gantzer (ancien conseiller presse de François Hollande), Olivier Faure (à l’époque député et porte-parole du PS), reviennent en détails sur les mois qui ont précédé ce que les auteurs appellent la « trahison » du 16 novembre 2016 : la déclaration officielle de candidature d’Emmanuel Macron à la présidentielle. La transformation du ministre de l’Economie en candidat à la présidence de la République s’est faite par le non-dit et la duperie, écrivent sans réserve les deux journalistes. Les anciens membres du gouvernement et alliés socialistes racontent les conversations, nombreuses, avec Emmanuel Macron, sur sa prise de distance avec la ligne de François Hollande (ses critiques des politiques du gouvernement), sur le mouvement qu’il lance de son côté, En Marche, et qu’il présente comme une sorte de laboratoire d’idées qui soutiendra quoiqu’il arrive une candidature de François Hollande, sur les rumeurs persistances qu’il est sur le point de s’émanciper, voire même de se présenter à la présidentielle. Emmanuel Macron, pendant des mois, lance des signaux faibles, mais dès lors qu’il est sommé de s’expliquer, noie le poisson. A l’image de ces échanges rapportés, juste avant son départ de Bercy :

« Le lundi 29 août, décrit Gantzer, Macron va voir Hollande dans son bureau et lui dit : ‘Oui mais non… non mais oui… je ne suis pas bien, je n’ai pas d’espace.’ Mais il ne lui dit pas : ‘Je pars’. Et donc Hollande lui dit : ‘Eh bien, réfléchis, voilà, et on se reparle…’ Et le lendemain, Macron fait le coup de la rupture par SMS : ‘Écoute, je pars.’« . À ce moment-là, François Hollande perd son ministre de l’Économie, qui part former un mouvement politique. « Je te soutiendrai à la présidentielle« , aurait-il également dit, selon Gasapard Gantzer.

Tout cela participe à pousser François Hollande hors du jeu politique (ce qu’il fera le 1er décembre en annonçant qu’il ne se représentera pas devant les Français). Le président en exercice, déjà impopulaire, voit celui qui incarne le dynamisme (et un potentiel héritier) quitter le navire avec l’ambition de s’imposer comme la seule solution d’avenir pour la France. Trahi par son ministre, mais aussi par tous ceux qui avouent avoir été séduits par Emmanuel Macron, chez les socialistes notamment. Christophe Castaner, l’un des premiers macronistes, le dit sans détour, en 2016 « on a un seul objectif, c’est l’empêchement de Hollande. » Objectif atteint. Aujourd’hui, la parole toujours libre, François Hollande fait le bilan du macronisme et de la désintégration du paysage gauche-droite habituel. Et comme toujours, il ne retient pas ses mots : « Il y a un mécontentement sourd qui est là ; mais comme il n’y a pas de débouché politique… on est dans le néant.« 

Le dur bilan du fidèle Pierre Person

Pierre Person est pourtant l’un des fidèles du départ. Il fonde avec d’autres (dont Sacha Houlié, devenu député) en 2015 les Jeunes avec Macron, avant même la création d’En Marche. Il participe ensuite aux campagnes présidentielles et législatives comme conseiller politique, puis membre du bureau exécutif du parti. Bref, il est une pièce maîtresse de la macronie, jusqu’en septembre 2020 : le numéro 2 de LREM et député de Paris quitte la direction du parti. Il déplore que le mouvement ne produise plus d’idées nouvelles, et que le parti délaisse les marcheurs. Face à Davet et Lhomme, il se veut plus dur encore.

« On arrive à l’Assemblée, raconte Person, on était absolument arrogants, on considérait que l’Assemblée était une chambre d’enregistrement », reconnaît-il notamment, donnant ainsi raison aux critiques des différentes oppositions tout au long du mandat. Et d’ajouter :

Parce que je pense qu’il y a un réflexe de sur-loyauté à l’égard du président (…) Penser, à certains égards, peut être considéré comme étant déloyal.« 

Il pourfend également le « en même temps » qu’il a pourtant défendu publiquement. En réalité, semble-t-il avouer aujourd’hui, dès la présentation du programme présidentiel, il a eu des divergences sur le fond : « On a choisi la ligne la plus conservatrice à la ligne plus allante qui était la nôtre. » Lui était pour une mouture du programme plus « disruptive » encore, avec refonte des institutions ou encore des positions sociales plus progressistes, sur la dépénalisation du cannabis notamment. Des ambitions abandonnées pour assurer la victoire du candidat. Son honnêteté est bien rare au sein de LREM, parti qu’il n’a pas quitté, pour défendre aujourd’hui une posture de « constructif ».

Pas de parti, pas de survie

Aujourd’hui, les macronistes rejoignent l’opposition sur un point : l’effervescence de la campagne et l’exercice du pouvoir par Emmanuel Macron n’auront pas permis de créer un véritable parti derrière lui. Une fois les élections législatives de 2017 passées, la vie de La République en Marche a été parcourue de départs, de défaites électorales et d’un soutien aveugle à la ligne dictée par Emmanuel Macron. Le sénateur LREM et l’un des plus fidèles soutiens du président, François Patriat, l’explique très simplement : « Emmanuel n’aime pas les partis, il ne voulait pas de parti. Moi je lui dis : il faut en faire un. Mais la vision d’Emmanuel c’est : pas de parti, et une équipe autour de lui. Donc on a un mouvement qui n’a pas de réalité. (…) Pour les gens LREM c’est quoi ? C’est rien« .

 

François Bayrou y va également de son analyse, sans retenue envers son allié : « Un parti politique, c’est quatre choses. Un, c’est une doctrine, une philosophie, une vision du monde, une idéologie. (…) Deuxièmement, c’est une affectio societatis : ‘Il est des nôtres’, ça veut dire un goût pour être ensemble. Troisièmement, c’est un enracinement, un réseau. Dans chaque région, une présence, légitimée par les élections. Et, quatrièmement, c’est un leader. Si vous n’avez pas les quatre, vous tombez. » Le président du Modem s’attend-t-il à une chute ?

« On n’a pas cherché à développer une matrice idéologique« , reconnaît dans le livre la députée des Yvelines Aurore Bergé. Elle poursuit : « Je sais bien qu’il n’y a pas de parti, c’est pour ça, d’ailleurs, que j’en ai quitté la direction à la rentrée 2020, parce que j’ai considéré que ça n’avait plus vraiment de sens« . Impossible de créer une idéologie avec une formation constituée de personnes venant de différents courants de gauche et de droite. Encore moins quand la consigne est de soutenir aveuglément la ligne du président. Un parti, selon Pierre Person doit « ériger des sensibilités qui permettent en fait de s’affronter et de tracer une ligne » commune, « mais ça n’a jamais été une volonté » de la part du parti majoritaire. Un véritable problème à moins d’un an d’une présidentielle. « On va arriver en 2022 et idéologiquement, je pense qu’on est à poil« , concède-t-il. Et Marlène Schiappa de conclure également avec lucidité sur l’avenir du macronisme : « Il n’y a personne derrière, c’est-à-dire que le jour où le président décide qu’il fait sa petite valise et qu’il va prendre une petite pause et faire le tour du monde avec sa femme… le jour où le président s’en va, il n’y a personne pour être président à sa place.« 

JForum  et  Adrien Toffolet – France Inter

3 Commentaires

  1. Hollande ferait mieux de se faire oublier .

    Il a été le plus mauvais Président de la V iéme république .

    J’ai encore en mémoire qu’il n’a même pas raccompagné Sarko à sa voiture comme il est d’usage . C’est la  » classe  » …….de Monsieur  » Moi Président  » .

    Enfin pour illustrer le personnage il faut retourner dans son enfance à Rouen .

    A l’écouter ……gamin il était déjà un  » drôle de farceur « .

    En effet toujours d’aprés lui …….. il lisait sous son lit et en cachette de son pére  » Pif le chien  » .

    A Tunis des  » farceurs  » comme lui on les enfermait à La Manouba .

    Et ce mec est devenu Président ?

    • Le trucage d’une élection grace a une opportune campagne juridico- médiatique n’est pas un accident !
      5 ans plus tôt, une meme opportune campagne juridico- médiatique avait éliminé le candidat qui avait vocation à l’emporter !

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