La hausse des prix à la consommation a atteint 5,8 % en juin sur un an, selon l’estimation provisoire publiée ce jeudi par l’Insee. Les Français n’en continuent pas moins d’épargner, mais moins qu’avant.

L’inflation en France approche la barre des 6 %

La hausse des prix continue sa vive progression en France. En juin, elle a atteint 5,8 % sur un an après 5,2 % au mois de mai, selon l’estimation provisoire publiée ce jeudi par l’Insee.

Poussés par la guerre en Ukraine, les prix de l’énergie et des produits alimentaires continuent leur course en avant : ils sont respectivement en hausse de 33 % et de 5,7 % sur un an. Mais au-delà, l’inflation se diffuse dans l’économie. Les prix des services augmentent ainsi de 3,2 %, comme en mai. Dans l’ensemble, les prix des biens manufacturés progressent quant à eux de 2,6 %, une hausse plus modérée qu’en mai essentiellement liée au début des soldes d’été.

« En glissement annuel, l’inflation est près de quatre fois plus forte en juin 2022 qu’elle ne l’était un an plus tôt », observe Sylvain Bersinger, économiste chez Asterès.

La France a beau être moins touchée que ses voisins européens – avec une hausse des prix de 6,5 % en données Eurostat -, le choc est rude.

6,8 % en septembre

Et l’escalade des prix est loin d’être terminée. « Nous estimons que ce pic inflationniste commencera sa décrue mi-2023 » a indiqué le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, dans une interview aux « Echos » cette semaine. Dans ses dernières prévisions, l’Insee prévoit que l’inflation grimpera à 6,8 % en septembre avant de se stabiliser entre 6,5 % et 7 % en fin d’année. « On est en train de perdre le contrôle sur l’inflation ! » s’alarme Patrick Artus, conseiller économique chez Natixis, inquiet « du risque de récession en 2023 dans la zone euro si la Banque centrale européenne doit durcir sa politique pour la combattre ».

Après avoir déjà engagé l’équivalent de 25 milliards d’euros de mesures de soutien pour amortir le choc de l’inflation, l’exécutif a détaillé cette semaine les dispositions prévues dans son « paquet pouvoir d’achat » : revalorisation de 4 % des retraites et des minima sociaux, hausse de 3,5 % du point d’indice des fonctionnaires, etc. Le tout pour un coût de l’ordre de 25 milliards également.

« Augmenter fortement les revenus risque en retour d’alimenter l’inflation et de creuser le déficit public », relève Sylvain Bersinger. Face à ce « dilemme délicat », le gouvernement « devrait avant tout cibler les ménages en difficulté », estime l’économiste.

L’ampleur de l’inflation et la vitesse à laquelle elle se propage pèsent sur le pouvoir d’achat et entament désormais le moral des Français. Pour le sixième mois consécutif, l’indicateur de l’Insee mesurant la confiance des ménages s’est replié en juin pour tomber à 82, bien en dessous de sa moyenne de longue période. Il faut remonter en 2008 et 2013 pour l’avoir vu plonger aussi bas. Les ménages sont pessimistes aussi bien sur leur situation future que sur l’opportunité de faire des achats importants.

Une épargne de 319 milliards d’euros

Prudents, ils continuent de remplir leur bas de laine , mais beaucoup moins que pendant la crise sanitaire, la flambée des prix limitant sans doute leur marge de manœuvre. Selon la Banque de France, le surplus d’épargne financière n’a augmenté que de 2 milliards d’euros au premier trimestre alors qu’il avait progressé de 7 milliards au second semestre 2021. Désormais, l’épargne totale des Français atteint 319 milliards.

Un « réservoir » de dépenses qui pourrait soutenir la croissance – qui vient d’être ramenée à 2,5 % en 2022 par l’exécutif – s’ils choisissaient de puiser dans cette cagnotte. Pour l’instant, ce n’est pas vraiment le cas. En mai, la consommation des ménages, en biens et en volume, est certes repartie à la hausse, de 0,7 %, mais après cinq mois de recul. Et sur un an, elle chute de 3,4 %.

Par Nathalie Silbert    www.lesechos.fr

 

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