«L’incident» de Natanz a explosé sur le plus grand site d’enrichissement d’Iran

Des photos de satellites américains ont indiqué aux analystes que «l’incident» survenu à l’installation d’enrichissement de Natanz le 1er juillet était un acte de sabotage provoqué par une bombe. L’explosion a été considérée comme endommageant un site de production de centrifugeuses récemment ouvert à l’angle nord-ouest du complexe de Natanz, à 250 km au sud de Téhéran. Afin de minimiser l’événement, les responsables iraniens ont décrit la cible comme un «hangar industriel» et ont soutenu que la production dans l’installation n’était pas interrompue. Cependant, selon un observateur du Moyen-Orient, une bombe a probablement été posée à l’intérieur de l’installation et a causé des dégâts importants. Une autre hypothèse annoncée par le journal koweitien Al Jarida serait celle d’une cyber-attaque par le biais d’ordinateurs piratés susceptibles de déclencher des explosions à distance. Le mécanisme en serait bien plus sophistiqué…

Israël derrière l’explosion au centre d’enrichissement de Natanz en Iran ?

Le New York Times cite un responsable du renseignement du Moyen-Orient disant qu’Israël a pu implanter un explosif puissant dans un entrepôt du centre d’enrichissement de Natanz où les chercheurs travaillaient à la construction de centrifugeuses avancées. Un membre des Gardiens de la révolution a confirmé que l’explosion avait été provoquée par une bombe. Israël a refusé de confirmer avoir trempé la main dans l’explosion. Un autre responsable iranien a admis qu’il avait causé “des dommages importants” et pourrait “ralentir le développement et la production de centrifugeuses avancées” pour accélérer l’enrichissement d’uranium pour le combustible nucléaire. Le ministre de la Défense, Benny Gantz, a affirmé dimanche soir que “tout ce qui se passe en Iran n’était pas lié à Israël”.

Six jours plus tôt, la capitale iranienne a été secouée par une énorme et mystérieuse explosion dans les montagnes de Khojir à l’est de Téhéran près de la base militaire de Parchin et d’une usine de missiles, après une explosion dans la ville elle-même.

Un analyste, Fabian Hinz, a qualifié l’explosion de Natanz de «très, très suspecte», susceptible de retarder considérablement les travaux du programme nucléaire iranien avec les centrifugeuses. La principale installation d’enrichissement serait enfouie sous terre avec plus de sept mètres de béton au-dessus comme protection. C’est là, sous haute surveillance après les attaques précédentes, que les centrifugeuses à filature rotative produisent de l’uranium enrichi pour une arme nucléaire.

Le site endommagé du complexe nucléaire iranien de Natanz, Iran, le 2 juillet 2020.Le site endommagé du complexe nucléaire iranien de Natanz, Iran, le 2 juillet 2020. WANA NEWS AGENCY / VIA REUTERS

“Théoriquement parlant, Israël, les États-Unis et d’autres ont intérêt à arrêter cette horloge nucléaire iranienne, ou du moins à montrer à l’Iran qu’il y a un prix à payer si on persiste dans dans cette voie”, a déclaré Yoel Guzansky, chercheur principal à l’Institut israélien des études sur la sécurité nationale. «Si l’Iran ne s’arrête pas, nous pourrions assister à davantage d’accidents en Iran.»

Le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Binyamin Netanyahu ont à maintes reprises juré qu’ils ne laisseraient pas l’Iran obtenir une bombe nucléaire. Cependant, la République islamique semble résolue à vouloir se doter d’un arsenal nucléaire. L’agence de surveillance nucléaire, l’Agence internationale de l’énergie atomique à Vienne, a récemment rapporté que ses inspecteurs s’étaient vu refuser par Téhéran l’accès à au moins deux sites suspects et s’est dite préoccupée par la dissimulation de ces travaux.

La plupart des analystes estiment que l’Iran a amassé cette année suffisamment d’uranium faiblement enrichi pour produire une seule arme nucléaire par des violations successives de l’accord sur le nucléaire de 2015 avec six puissances mondiales, dont le président Trump a retiré les États-Unis en 2019. Selon le rapport le plus récent de l’AIEA, le temps pour que l’Iran réalise une percée vers la bombe pourrait être de seulement 3-4 mois et devenir plus court à mesure que son stock d’uranium enrichi s’accumule.

Adaptation : Marc Brzustowski

Natanz “incident” was a blast at Iran’s largest enrichment site

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