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Les Palestiniens privés de l’accord Israël Jordanie.

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Alors qu’il y a un accord de développement très important entre Israël, la Jordanie, et les Émirats arabes unis, suite aux accords d’Abraham, on constate l’absence flagrante de l’Autorité palestinienne qui justement aurait dû être présente sur des sujets stratégiques majeurs comme l’eau et l’énergie solaire.

De facto, l’histoire à présent s’écrit sans eux, et ils sont relégués au coin de la salle. Longtemps ils ont été un frein à un essor économique de la région. Mais voilà, grâce au processus de paix initié par Trump, son gendre et Netanyahu à la fin du mandat présidentiel du premier, les accords d’Abraham que l’on a présenté comme une simple reconnaissance des uns et des autres est porteuse d’une vraie paix fructueuse.

Derrière toute cette incompréhension, il y a une perte totale du sens des mots. Que voudrait dire une paix sans reconnaissance de l’identité de l’autre. Que valent les relations par exemple entre Israël et la France, si cette dernière refuse de reconnaitre le caractère Juif de l’État hébreu, son histoire, sa capitale Jérusalem, que tous les médias français font mine de confondre avec Tel-Aviv. Des accords de paix sans reconnaissance simultanée ne sont que des accords de non-belligérance, tandis que des accords basés sur une reconnaissance mutuelle sont de vrais accords de paix, ce qui explique pourquoi il y a de vraies synergies de développements possibles.

La Palestine est redevenue ce territoire mineur du temps du royaume d’Israël. La parenthèse se referme. Alors que certains se sont empressés de le reconnaitre, en espérant son existence à la place d’Israël, voilà que même ses promoteurs ne croient plus en sa faisabilité – voir notre article Leïla Shahid le reconnait : Il n’y aura pas d’état palestinien– combien de temps vont-ils s’arque-bouter à cette chimère ? Pendant ce temps l’histoire du monde réel se poursuit sans eux.

Les Émirats arabes unis, pont entre Israël et la Jordanie.

La ministre émirienne de l’Environnement, Mariam Almheiri, décrit les contours de l’accord « eau contre énergie solaire » conclu entre les trois pays.

Ce serait le « projet le plus important » entre Israël et la Jordanie depuis la signature des accords de paix entre les deux pays en 1994. L’État hébreu et le royaume hachémite se sont entendus le 22 novembre dernier sur un accord portant sur la fourniture d’eau désalinisée en échange d’énergie solaire. Signé à Dubai dans le cadre de l’Exposition universelle, le projet doit être financé par les Émirats arabes unis et s’inscrirait dans la droite lignée des accords d’Abraham, qui ont officialisé en septembre 2020 la normalisation des relations diplomatiques entre Jérusalem et Abou Dhabi.

Ministre émirienne du Changement climatique et de l’Environnement, Mariam bent Mohamed Almheiri a signé la déclaration d’intention aux côtés de la ministre israélienne de l’Énergie, Karine Elharrar, et du ministre jordanien de l’Eau et de l’Irrigation, Mohamled al-Najjar. Dans un entretien au Point, elle précise les contours du projet, dont les études de faisabilité doivent débuter l’an prochain, et revient sur les annonces des Émirats arabes unis en matière de neutralité carbone à l’horizon 2050, alors que l’organisation de la COP28 vient d’être attribuée à la richissime pétromonarchie.

Le Point : Pouvez-vous nous en dire plus sur la déclaration d’accord signée entre Israël, la Jordanie et les Émirats arabes unis ?

Mariam bent Mohammed Almheiri : Ils s’inscrivent dans le cadre des accords d’Abraham, signés il y a plus d’un an. Toute l’idée derrière ce texte était de créer une prospérité économique dans la région pour amener la stabilité. Dans ce cadre, les Émirats arabes unis agissent comme un pont entre les pays dans le but de regrouper des besoins indispensables, comme la sécurisation de l’eau et de l’énergie et la lutte contre le changement climatique, afin de faciliter le dialogue et assurer le transfert de technologie.

À quoi correspond exactement ce projet ? Le plus beau dans de projet est que chaque pays a besoin de l’autre pour parvenir à ses fins. La Jordanie possède l’espace, et c’est sur son territoire que les usines solaires seront déployées et développées. L’énergie sera ensuite exportée en Israël qui possède des besoins en termes d’énergie renouvelable pour remplir ses objectifs à l’horizon 2030. Dans le même temps, la Jordanie a besoin d’eau, et Israël est l’un des premiers producteurs d’usines de désalinisation. Possédant la majorité de la côte, il est donc logique qu’Israël abrite les usines de désalinisation de ce projet. Quant aux Émirats arabes unis, ils assurent le financement des transferts de technologie et créent ce pont pour s’assurer que la communication est bonne, et que tout le monde est gagnant. Pour nous, les accords d’Abraham ne sont pas qu’un texte couché sur du papier. Nous avons besoin de voir se développer des actions et des projets concrets avec les relations nouvelles qui ont été créées.

Comment comptez-vous atteindre la neutralité carbone alors que vous êtes toujours extrêmement dépendants des énergies fossiles ?

C’est en réalité un pas très naturel pour nous, car cela a déjà été défini comme une priorité dans notre pays. Il y a quinze ans, les Émirats arabes unis ont été le premier pays de la région à avoir signé et ratifié l’accord de Paris sur le climat. Cette décision revient à la direction de notre pays, qui, même si nous possédons des hydrocarbures, sait qu’il faut avancer vers les énergies renouvelables et propres dans le futur. Par conséquent, nous devons entamer notre chemin pour être moins dépendants des énergies fossiles. Et nous avons déjà réalisé beaucoup de progrès. Par exemple, dans le secteur de l’énergie solaire, nous avons investi jusqu’ici près de 40 milliards de dollars dans la recherche et le développement pour voir comment nous pouvons produire de l’énergie solaire à un coût très bas. Nous avons également dépensé à l’étranger environ 17 milliards de dollars dans plus de 70 pays sur le même thème. Nous avons développé dans notre ville de Masdar City les trois parcs solaires les plus grands de la planète en termes de capacité et les moins coûteux, à moins de 1,35 cent par kilowattheure.

La date de 2050 que vous avez fixée est-elle réaliste ?

Avant de faire cette annonce, nous nous sommes retrouvés avec des responsables gouvernementaux, le secteur privé, les universitaires et la jeunesse, et avons entrepris un programme gouvernemental accéléré. Nous avons eu des discussions intensives pendant trois mois avec les différentes parties et avons identifié quatre secteurs principaux sur la question climatique : l’énergie, l’industrie, la mobilité et l’environnement, pour lesquels nous avons identifié plus de 190 initiatives dont nous avons besoin pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Après avoir mis en place ce cadre de travail, nous sommes allés voir les autorités en insistant sur le besoin de mettre l’accent sur cette nouvelle trajectoire. Et notre direction nous a entièrement soutenus. Son Altesse Cheikh Mohammed Ben Zayed (le prince héritier d’Abou Dhabi qui dirige de facto le pays, NDLR) a annoncé la mise en place d’un fonds de 163 milliards de dollars pour suivre cette transition énergétique. Nous la considérons comme pourvoyeuse d’opportunités, car elle va nous permettre d’attirer de nouvelles industries, de nouveaux talents et de nouvelles mentalités.

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