Mi-octobre, Hagi El-Ad, qui chapeaute l’ONG B’Tselem, a témoigné lors d’une session extraordinaire du Conseil de sécurité des Nations unies, contre «l’injustice contre d’autres êtres humains», dont se rend coupable Israël, avec son occupation de la Cisjordanie.
Cette intervention a valu à B’Tselem les éloges de la gauche israélienne. Elle a été défendue dans les médias internationaux par d’autres ONG jumelles, ainsi que l’ONU. Dans le même temps, d’autres voix se sont fait entendre, qui ont qualifié cette initiative sans précédent, de la part d’une ONG israélienne mettant son pays au pilori, de «terrorisme diplomatique».

L’effet pervers des dénonciations

Ces actions fortement médiatisées d’El-Ad aident-elles les deux peuples, palestinien et israélien ? Ou bien vont-elles contribuer à ce que s’éloigne encore davantage tout espoir de négociations directes et de paix ? « Je pense que les Israéliens étaient fiers de prendre position contre l’occupation, et nous avons bien fait d’insister sur la nécessité de trouver d’autres alternatives à l’avenir », a déclaré Amit Gilutz, porte-parole de B’Tselem, au Jerusalem Report.

« Dans le mois qui a suivi cette intervention à l’ONU, B’Tselem a bénéficier d’un record de dons, émanant des Israéliens, principalement des petits montants, plus que l’ONG en avait reçu dans les neuf premiers mois de 2016 », se félicite Gilutz.

Quand à l’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Danny Dannon, il a fait entendre un autre son de cloche, critiquant vertement cette saillie, qui a eu lieu pendant les fêtes de Tichri, les 3 semaines redoutables de Repentance.
« En ces jours redoutables, où nos actions sont pesées et nos âmes jugées, alors que nous prions pour l’unité de la Nation d’Israël, il est triste et décevant de voir des organisations israéliennes, donner du crédit et une couverture morale à la délégitimation d’Israël à l’ONU « , a déclaré Dannon dans un communiqué.

Le conflit israélo-palestinien : une affaire qui marche

Le travail de B’Tselem, ou celui des autres ONG, qui opèrent dans les territoires palestiniens, (ou dans toute autre zone de conflit, d’ailleurs), est-il vraiment irréprochable et tout entier dévoué aux droits de l’homme, comme a voulu en convaincre El-Ad, dans son édito publié dans les colonnes du quotidien de gauche Haaretz, une semaine après l’intervention de B’Tselem à l’ONU?

Les ONG ont a répondre de l’utilisation des fonds, devant leurs donateurs. Leur cahier des charges fait l’objet de contrôles réguliers, afin déterminer l’adéquation entre le travail accompli sur le terrain et les promesses faites aux donateurs. Mais qu’en est-il de leur obligation de rendre compte du bénéfice réel apporté aux sociétés civiles, qu’elles sont censées aider?

« Les ONG font valoir leur expertise et leur autorité morale, comme levier, pour obtenir des financements et convaincre du bien-fondé de leurs missions », explique Naftali Balanson, chef de cabinet de  ‘Monitor’, une ONG israélienne de veille des organisations non gouvernementales. Il précise cependant qu’un nombre croissant de rapports de corruption, de mauvais usage voire même de détournement de fonds, ainsi que la révélation d’autres actions opaques ou controversées des ONG, ont récemment soulevé une vague de scepticisme.

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Cela est particulièrement vrai concernant le conflit israélo-palestinien, dans la mesure où les ONG fournissent non seulement leur aide, mais font office de militantisme politique. Elles orchestrent de façon récurrente, des campagnes de dénonciations, qui se révèlent souvent plus tard, comme de fausses allégations de crimes de guerre et de violations des droits de l’homme. Or, de telles accusations, contribuent à diaboliser Israël sur l’arène internationale, à alimenter le mouvement de boycott, désinvestissement, sanctions (BDS) et engager la Cour pénale internationale (CPI) dans une campagne de lutte contre l’État juif.
 » De plus en plus de gens sont sceptiques et se demandent qui sont ces experts auto-procclamés et pourquoi nous leur donnons autant de pouvoir et de crédit ? », explique Balanson, dont l’organisation analyse et rend compte des agissements des ONG en Israël.

« Il faut se demander: ‘qui représentent-elles ?’ Sont-elles des acteurs démocratiques? Sont-elles la voix de la société civile ou bien au contraire, les voix de la société civile sont-elles inaudibles et confisquées, du fait que nous n’entendons plus que le point de vue de cette frange limitée d’organisations de défense des droits de l’homme? ».

Quand l’aide sociale vire à la propagande politique

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Du point de vue de Gilutz, il est faux d’affirmer que B’Tselem est déconnecté des gens sur le terrain. L’ONG travaille avec les résidents locaux, qui connaissent le terrain et ses acteurs locaux. B’Tselem embauche des enquêteurs et forme des volontaires à Jérusalem-Est, en  Cisjordanie et à Gaza.
Il pointe également qu’il est injuste et réducteur de mettre tous les Palestiniens dans le même panier ; il y a ceux qui approuvent la méthodologie de B’Tselem et ceux qui utilisent d’autres moyens pour lutter contre l’occupation. «La société palestinienne, comme toute société, est complexe et pas du tout homogène », précise Gilutz.

La plupart des experts s’entendent pour dire que les personnes qui se portent volontaires ou qui sont employées par des ONG, rejoignent l’entreprise pour de bonnes raisons, et sont animés par un réel désir d’aider les leurs. Mary B. Anderson, auteur de «Ne pas nuire : comment l’aide peut favoriser la paix ou la guerre», a confié au JPost, que les zones de conflit sont parfois «si complexes, voire puissantes » que par un effet pervers, les meilleures intentions peuvent déboucher sur un regain de violence de désespoir.
En outre, elle explique que des changements dans la structure même des ONG ainsi que de  leurs modèles de financement, ont eut pour conséquence des défis accrus qui se posent aux acteurs du terrain.

Quand les ONG étaient sans reproche

C’est au milieu des années 1940 que les premières ONG officielles, ont été nommées Organisation Non Gouvernementale par l’ONU. A l’époque, leur mission première, était de favoriser le bien-être social de populations locales dans les zones de conflit. Un certain nombre d’entre elles, furent invitée à siéger comme observateurs, lors de certaines séances de l’Oganisation des Nations Unies.

GERALD STEINBERG, fondateur et président de l’ONG Monitor et professeur d’études politiques à l’université de Bar-Ilan, confie au Jpost, que la plupart de ces organisations travaillaient en petits effectifs et de façon très ciblée. Leur bonne réputation était irréfutable, et l’exactitude de leurs rapports et leur lutte contre la corruption ne faisait aucun doute.
«C’étaient de vaillants combattants contre les régimes totalitaires qui opprimaient leur peuple», dit Steinberg.  » Et aujourd’hui la réputation des ONGs demeure intacte, alors même que le contexte et la communauté des droits de l’homme ont changé fondamentalement. Nous appelons cela l’effet de halo. « 

La fabrication d’un monde binaire

Au début des années 1990, au lendemain de la fin de la guerre froide, les ONG se sont mises en quête de nouveaux débouchés, afin de justifier leur existence. Le néolibéralisme qui avait le vent en poupe est devenu leur nouveau cheval de bataille et leur combat s’est diversifié : anti-occidental, anticapitaliste et antidémocratique, le monde des ONG a gagné en popularité, pointe Steinberg.
 » Après la guerre froide nous avons hérité d’un monde binaire avec d’un côté les puissances occidentales, tenues responsables de la guerre, de la violence et du colonialisme, et les victimes. Israël a facilement été identifié à ce moment-là, comme faisant partie du camp occidental agressif, et les Palestiniens tout naturellement identifiés comme les victimes », fait-il remarquer.

Dans le même temps, la Ligue arabe a bénéficié d’un pouvoir politique croissant au sein des Nations Unies. Au milieu des années 1990, la Ligue, et le reste du bloc islamique, avaient fait main basse sur les Nations Unies, en matière de droits de l’homme, et en contrôlaient le programme des travaux. Et ce, principalement pour détourner l’attention de leurs propres pratiques. Cependant, cela a donné le champ libre aux ONG israéliennes et internationales qui travaillaient dans les territoires palestiniens.
B’Tselem et une myriade de 25 différentes variations d’ONG, souvent fondées par les mêmes personnes d’ailleurs, ont été lancés pendant cette période.

Au même moment, un phénomène similaire s’est produit dans le monde, dans d’autres zones de conflit. L’aide des pays en développement, octroyée par les gouvernements, pour aller aux nécessiteux, commençait par transiter par les ONG, qui faisaient office  d’intermédiaires au lieu d’entités étatiques.
L’âge d’or de l’industrie des ONG

« Entre 1975 et 1985, le montant de l’aide des pays développés aux pays en voie de développement par l’intermédiaire des ONG a augmenté de 1.400% et le nombre d’ONG a proliféré dans des pays aussi éloignés des uns des autres que le Brésil, le Kenya, les Philippines et la Thaïlande», selon un rapport du Journal Officiel socialiste en 2004. Environ 90% des ONG actuelles ont été créées à partir de 1975. La Fondation du Commonwealth estime que la Grande-Bretagne compte plus de 500 000 ONG à ce jour, et environ 1,5 million d’ONG opèrent aux États-Unis, selon HumanRights.gov.

Steinberg affirme que la plupart des ONG gère des budgets extrêmement importants, qui vont jusqu’à des centaines de millions de dollars par an, comme Amnesty International par exemple et Human Rights Watch qui a jusqu’à 70 millions de dollars à dépenser. Même les petites ONG israéliennes ont tendance à avoir des budgets allant jusqu’à 4 à 6 millions millions de dollars. Et l’industrie des ONG emploie des milliers de personnes.

L’auteur et activiste Anderson affirme qu’au cours des deux dernières décennies, les ONG sont devenues de vraies entreprises, souvent contraintes de rendre des comptes à leurs bailleurs de fonds. Tant pour la gestion de leurs finances, que leur agenda politique, est surveillé, avec une obligation de résultats. Le personnel des ONG pointe que ce mode de fonctionnement est un «piège».

En effet pour obtenir des budgets, elles doivent donner des détails sur sur la façon dont les fonds vont être utilisés sur le terrain et ce à quoi ils seront alloués. Ce cahier des charges devient contractuel, et l’ONG doit livrer des résultats qui correspondent aux promesses. Et quand  bien même un autre plan d’action aurait pu en cours de route s’avérer plus efficace, elle ne peuvent déroger de leur feuille de route.

Un système perverti

«Le système est très contraignant en matière de comptabilité des dépenses, au point que ces organismes d’aide sont contraints de rendre compte de leurs activités au comité d’administration de  leurs bailleurs de fonds et de justifier de leurs dépenses, afin de prouver qu’ils ont bien dépensé leur argent à bon escient, et ce conformément à leur cahier des charges, afin que leurs budgets ne diminuent pas», explique Anderson.

«Aujourd’hui, nous constatons qu’il y a un certain cynisme exprimé par les récipiendaires [des ces aides]», regrette Anderson. Pour les besoins de son enquête, avec une équipe d’autres chercheurs propulsés sur le terrain, elle s’est récemment entretenue avec les bénéficiaires de ces aides, dans plus de 60 pays. Et beaucoup ont exprimé leur sentiment de frustation, pointant que les fonds étaient «utilisés par les gens [sur le terrain] pour financer leur agenda personnel, et ne bénéficiaient pas à ceux qui en avaient vraiment besoin, et que tout le monde se graissaient la patte au fil du processus d’acheminement de l’argent.

Business is business

ANDERSON affirme que de nombreux bénéficiaires estiment que les ONG, ne tentent pas de résoudre ces problèmes. Ils accordent même une indépendance de gestion à des bénéficiaires indépendants qui font office de sous traitants, pour éviter leur propre faillite.

«Je travaille sur le terrain depuis les années 60, et au début, les acteurs de terrain avaient davantage la foi dans le bien-fondé de leur mission», dit Anderson. «Les ONG, aujourd’hui, se vantent du nombre d’années qu’elles comptabilisent à être mobilisées sur un terrain ou un autre, alors qu’elles devraient être mortifiées d’ête mobilisées sur le même secteur  depuis cinq ou six ans. Si elles avaient réellement accompli leur mission, leur présence n’aurait plus lieu d’être. « 

B’Tselem, une ONG instrumentalisée

Dans le cas de B’Tselem, l’organisation fonctionne depuis la fin des années 1980. Selon le site Web de l’organisation, elle a pour vocation « de sensibiliser le public israélien et les décideurs politiques aux prétendues violations des droits de l’homme commises dans les territoires disputés, de combattre le phénomène de déni, qui prévaut dans l’opinion publique israélienne, et d’aider à créer une culture des droits de l’homme en Israël. « 

«Les conditions s’aggravent», admet Gilutz de B’Tselem.
D’une part, les parlementaires se sentent bien quand ils pensent contribuer à résoudre les problèmes dand le monde, dit Anderson, ce qui les entraîne à donner de plus en plus d’argent. D’un autre côté, parfois ces mêmes donateurs instrumentalisent les ONG qu’ils financent, et les soumettent à leur propre agenda politique ou idéologique. De fait, nombre d’ONG ont changé l’orientation de leur stratégie, afin d’être en phase avec leurs bailleurs de fonds.

Sweta Velpillay du CDA (Collaborative Learning Projects), un organisme à but non lucratif voué à l’amélioration de l’efficacité de ceux qui travaillent pour fournir une assistance humanitaire, voit la preuve de cette instrumentalisation, dans le nombre croissant de gouvernements européens qui financent des ONG dédiées en principe à l’aide humanitaire, qui sont plus ou moins officieusement réquisitionnées pour gérer les flux migratoires en provenance de Syrie et d’autres pays du Moyen-Orient vers le Royaume-Uni et d’autres pays européens.

Le problème de la traçabilité des fonds

De plus, de nombreux donateurs s’efforcent de s’assurer que les fonds sont utilisés à bon escient par les sous traitants et les acteurs de terrain, plutôt que de se baser en priorité, sur les rapports présentés par les ONG elles-mêmes.

Velpillay, qui sert de conseiller principal de l’ADC, pour la sensibilisation aux conflits et l’efficacité de la consolidation de la paix, affirme que son organisation aide les bailleurs de fonds à analyser le contexte des conflits. Cela implique de tout vérifier. De la capacité des partenaires locaux à gérer les fonds qui leurs sont alloués, de vérifier leur comptabilité, et de prévenir les accointances politiques et le népotisme, potentiellement susceptibles d’exacerber les conflits.
« L’avantage qu’il y a, à faire cette analyse, est de minimiser les risques de voir des fonds se volatiliser ou de les voir atterrir dans de mauvaises mains », dit Velpillay. Elle note cependant que la réalité sur le terrain fait parfois que, même si la gestion est rigoureuse, des détournements de fonds seront tout de même à déplorer.
Au Sri Lanka, immédiatement après le tsunami de 2004, les organisations humanitaires ont distribué des bateaux de pêche aux pêcheurs locaux, dont les moyens de subsistance avaient été détruits par les inondations. Des années plus tard, dit Velpillay, ces mêmes bateaux ont été utilisés par les rebelles pour la guerre.
« Tout a été fait correctement ; les familles dans le besoin qui devaient  bénéficier des bateaux avaient été correctement identifiées. Mais une fois que les organisations ont donné les bateaux, ils leurs ont été confisqués. Et une semaine, à un an plus tard, ces bateaux ont fini dans les mains des rebelles,  » regrette Velpillay.

Faire empirer la situation en voulant bien faire

« Les bailleurs de fonds et les ONG elles-mêmes, doivent admettre qu’une partie de leur travail peut avoir un impact négatif inattendu sur le terrain », explique Velpillay.
Elle cite le cas de Myanmar en Asie du Sud-Est, où des violences ont éclaté en début d’année 2016. Les ONG internationales ont immédiatement acheminé une aide humanitaire, qu’elles ont donné en priorité à ceux qu’ils estimaient être le plus dans le besoin.
«Les humanitaires ont choisi de privilégier un segment de la population par rapport à un autre, qui était tout autant victime des violences », a déclaré M. Velpillay. « L’animosité entre les deux groupes a augmenté après cela, entraînant une nouvelle escalade de violence. »

Anderson, entre-temps, affirme avoir rencontré, de première main, des ONG qui reconnaissaient ouvertement avoir livré des denrées alimentaires ou construit des abris, tout en soudoyant les seigneurs de guerre locaux ou alimenté d’autres sources de corruption. Parfois, l’impact négatif peut être si aigu, que le résultat en est davantage de violence ou de désespoir.

«Nous avons fait beaucoup pour communiquer sur ce sujet et distribué un fasticule informatif qui prodigue des conseils pour éviter ce genre de situation, intitulé  » Conseils pour éviter de nuire ». Le personnel des ONG est tenu de lire le livre et de suivre une formation adéquate afin d’éviter que se produisent ces dérives. Malheureusement, environ 10% seulement, s’y attèlent réellement», explique Anderson. « Les 90% restants disent que c’est trop difficile. »

B’Tselem, ou la tentation de la propagande

Selon Gilutz, B’Tselem a lancé un projet novateur de veille vidéo. L’organisation a formé quelque 200 volontaires palestiniens vivant en Cisjordanie, à Jérusalem-Est et dans la bande de Gaza, à cet outil, leur fournissant des caméras vidéo, pour documenter les affrontements ou d’autres éventuelles violations des droits de l’homme.
Gilutz affirme qu’ils recrutent les volontaires par bouche-à-oreille, en général par l’intermédiaire de Palestiniens avec lesquels B’Tselem travaille depuis plus de 20 ans. Il affirme que les bénévoles signent un contrat, dans lequel ils déclarent qu’ils ne sont pas engagés dans des activités terroristes ou affiliés à une organisation terroriste. Mais il reconnaît qu’ils ne font pas l’objet d’une investigation approfondie, afin de s’assurer que tel est bien le cas.

Selon Balanson, B’Tselem répond à un réel besoin du peuple palestinien, par le fait que cette ONG leur donne les moyens de signaler ce qu’ils perçoivent comme étant des violations des droits de l’homme, commises par Israël ou les Forces de Défense Israéliennes.

« Les barrières linguistiques et culturelles sont nombreuses», fait remarquer Balanson. « Des ONG comme B’Tselem connaissent le système et la marche à suivre pour produire un rapport, alors elles se posent vraiment comme facilitateurs. »

Cependant, B’Tselem et d’autres ONG du même acabit, produisent aussi des rapports biaisés, qui reposent sur des informations inexactes et / ou non vérifiées, des reportages plus ou moins mensongers, voire même des séquences vidéo qui ne racontent qu’une partie de l’histoire, ce qui conduit à une escalade de violence entre Israël et les Palestiniens.

Steinberg cite un exemple qui a fait un tord considérable à Israël en 2002. Suite à une série d’attentats-suicides commis en Israël,  les FDI se sont introduits dans le camp de réfugiés de Jénine, d’où étaient originaires la plupart des kamikazes. Peu de temps après le retrait des troupes, les Palestiniens ont commencé à faire courir le bruit qu’un massacre avait eu lieu, affirmant que des centaines de personnes avaient été tuées par les FDI. Un porte-parole d’Amnesty International avait confirmé ce massacre et des dizaines d’autres ONG s’étaient inscrites dans son sillage pour joindre leur voix à cette chorale de dénonciations, y compris Adalah, le centre juridique pour les droits des minorités arabes en Israël.

«Aucune de ces personnes ne se trouvait à proximité du camp de réfugiés de Jénine, pas même Amnesty», affirme Steinberg.  » Ils n’avaient aucune preuve de ce qu’ils avançaient et ne fondaient leurs allégations que sur les ouïe dires des Palestiniens ».

Finalement, certains d’entre eux ont produit un démenti et ont admis que les chiffres étaient faux, parce qu’il se trouve que les chiffres étaient effectivement erronés, mais le mal était fait.

Des dénonciations délétères pour faire la Une

«Très souvent, une ONG va faire une déclaration qui dénonce un incident, immédiatement après qu’il ait eu lieu, afin de faire la une », explique Steinberg qui ajoute, « ils affirment qu’une roquette israélienne ou une autre attaque a tué un certain nombre de civils innocents, souvent des enfants, mais il n’ont aucun moyen de le savoir. Et il s’avère plus tard, que ces mêmes «victimes», ont été identifiées par le Hezbollah ou le Hamas, comme ayant été les membres de leur organisation.

Steinberg affirme qu’il ne s’agit pas là de quelques cas isolés, mais qu’ils se comptent par dizaines. Les  ONG prétendent avoir des informations fiables en quelques heures seulement, alors qu’il faudra des semaines voire des mois à l’armée pour les obtenir. Par conséquent, dit-il, ces « ONG ne sont pas crédibles. »

Même si les ONG n’ont pas de volonté délibérée de nuire, pour autant leur nuisance est très réelle.
Steinberg estime que du fait de ces rapports erronés, les Israéliens sont plus sceptiques et réticents à l’égard des négociations de paix avec les Palestiniens, en particulier sous la houlette de l’Union européenne.

«Ces ONG, financées par les gouvernements européens, contribuent à la diabolisation d’Israël et attisent la méfiance des Israéliens envers la communauté internationale, l’ONU, l’Europe», explique Steinberg qui déplore le côté contre-productif de leurs agissements. « Cela conduit à la méfiance et à saper la volonté de faire des compromis et de prendre des risques. Si tout le monde est contre nous de toute façon, pourquoi devrions-nous faire des efforts ? Ce sentiment désabusé s’exprime beaucoup aujourd’hui parmi les Israéliens. « 

De l’eau au moulin BDS

De plus, Steinberg pointe que bon nombre de résolutions pro BDS, adoptées par les universités, etc. citent ces rapports biaisés produits par diverses ONG.
« Je pense donc que nous pouvons fortement affirmer que le mouvement BDS serait inexistant ou du moins qu’il aurait beaucoup moins de poids, sans ces ONG », dit-il.

Gilutz affirme que B’Tselem n’a pas de position officielle sur le mouvement BDS, mais «nous reconnaissons que le boycott est un moyen non violent et légitime, d’exercer une pression politique».
Gilutz ajoute que B’Tselem est bien antérieur au mouvement BDS de près de deux décennies. « Donc, pour faire ce lien et nous décrire comme les suppôts de BDS, comme si notre soutien était un de nos objectifs ou méthode de travail, est parfaitement ridicule », se défend-il.

Selon Velpillay, les ONG seront toujours confrontées au défi de trouver un équilibre entre  leur bonne volonté et les dérives possibles. La question est de savoir ce qu’il faut faire lorsqu’ils découvrent des dysfonctionnements, que leur aide a été détournée et que la situation dégénère sur leur passage.

«Faut-il fermer la boutique et partir, ou continuer à aider ceux qui sont dans le besoin?», demande-t-elle. « Faut-il décider d’enquêter et voir ce qui a mal tourné afin que cela ne se reproduise plus ? Ou faut-il aller de l’avant malgré tout, parce que ce n’est que c’est comme cela que ça marche et tant pis. Si une ONG distribue de la nourriture et que 70% des denrées arrivent jusqu’à ceux qui en ont besoin et qui le méritent, faut-ils  tout laisser tomber à cause des 30% détournés ? »

Velpillay est certaine que nombre d’ONG font face à ce genre de dilemme, en ce moment même, et choisissent de faire des compromis. Tandis que d’autres reconnaissent qu’il est nécessaire de résoudre ces problèmes une bonne fois pour toute. Ignorer les effets délétères sur le long terme pourrait se révéler contreproductif, exacerber voire même, prolonger les conflits. Certaines ONG décident de rester sur place malgré tout.  Tandis que d’autres, quittent ces zones immédiatement.
«C’est un choix difficile à faire pour chaque ONG», dit-elle. « Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. « 

Maayan Jaffe-Hoffman

Jerusalem Post – Adaptation Kathie Kriegel pour JForum

2 Commentaires

  1. les juifs qui veulent brader israel ou partager la terre d’israel ne savent pas encore pourquoi ils sont en israel..
    dieu en tout cas ramene son peuple dans son pays comme annonce par tous les prophètes.
    ceux qui le conteste ou qui s’y opposent, ou qui font preuve d’incrédulité en souffriront c’est sur.
    souvenez vous de la sortie d’egypte, de ceux qui se sont rebellés contre moise, contre les desseins de l’eternel.
    aujourd’hui c’est pareil.
    li faut s’apuyer sur la parole prophetique, c’est une bombe atomique pour israel.
    que ceux qui se liguent contre israel soit confondus et confus, que leurs desseins soit anéanti par le très haut.
    amen

  2. le malheur pour Israel c’est d’avoir accepter ces ONG qui aujourd’hui ont plus de pouvoir que le gouvernement tout entier ! ces ONG doivent être dissoutes et leur dirigeants doivent être expulsés même s’ils sont israeliens ! un peu moins de démocratie fera le plus grand bien à Israel et aux israeliens ! il est inconcevable qu’un pays en guerre se laisse diriger par une bande d’abrutis ! quand on entend des anciens ambassadeurs d’Israel en france condamner le gouvernement d’Israel sur les chaines européennes on doit commencer à se poser les bonnes questions sur l’utilité de tous ces gauchistes nuisibles même si certains d’entre eux sont les descendants des anciens héros d’Israel ! le gouvernement israeliens se doit de réagir et vite !

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