Manuel Valls. ((Patrick KOVARIK / AFP)

En quête de rebond politique, l’ancien Premier ministre français Manuel Valls devrait annoncer mardi sa candidature à la mairie de Barcelone, un pari risqué pour le député de 56 ans.

« L’ex-Premier ministre de la République française Manuel Valls annoncera le 25 septembre quelle sera sa position par rapport aux élections municipales qui auront lieu à Barcelone en mai 2019″, indique un communiqué transmis vendredi par son entourage, après un tweet énigmatique de Manuel Valls montrant une photo de ses pieds sous l’inscription « Barcelona… ».

L’annonce est prévue mardi à 19 heures (17 heures GMT) au Centre de culture contemporaine de Barcelone.

Sauf que de ce côté des Pyrénées, des députés de divers bords politiques estiment qu’il devrait démissionner de son siège à l’Assemblée nationale en cas de candidature, une décision dont ne doute pas l’un de ses ex-conseillers.

« Il faut lui faire confiance »

« C’est un homme cohérent qui a le sens des responsabilités. J’ai donc peu de doute sur sa décision dès lors qu’il aura fait son choix sur la candidature. Il faut lui faire confiance », a affirmé l’ancien conseiller de Manuel Valls, Harold Hauzy.

L’ex-Premier ministre avait « porté et défendu la loi sur le non-cumul des mandats dans le quinquennat précédent en tant que ministre de l’Intérieur », a rappelé Harold Hauzy, fondateur d’Objet H, cabinet de conseil en stratégie de communication.

Manuel Vallsqui avait été réélu en 2017 dans sa circonscription d’Evry (Essonne), va annoncer mardi s’il brigue la tête de la deuxième ville d’Espagne. « Il est plus correct vis-à-vis des électeurs qu’il démissionne dès sa déclaration de candidature », a affirmé la députée PS Cécile Untermaier, dans le sillage de la présidente des élus socialistes à l’Assemblée nationale, Valérie Rabault.

« On ne peut pas être élu de la République française et en même temps mener une campagne à Barcelone », avait estimé cette dernière dimanche sur France 3.

Même constat pour Marie Lebec, députée de la majorité LREM que Manuel Valls avait rejointe en juin 2017 après avoir quitté le PS.

« Il sait qu’il faudrait qu’il démissionne. On en avait discuté et il m’avait dit qu’il n’y allait pas pour perdre, donc lui-même sait qu’il prendra cette décision » de quitter l’Assemblée, a-t-elle expliqué.

Législative partielle ?

« S’il est bien candidat, il est indispensable sur le plan démocratique qu’il annonce aussi sa démission de ses fonctions de député et d’élu municipal d’Evry et que des élections législatives soient convoquées », a tweeté le député LFI Alexis Corbière.

« Cela fait depuis avril qu’il réfléchit à sa candidature à Barcelone. Cette situation n’a que trop duré. C’est une situation intenable! », a dit l’ex-rivale de Manuel Valls aux élections législatives, Farida Amrani (LFI), dont la pétition pour réclamer la démission de l’ex-Premier ministre a recueilli 11.500 signatures.

La démission de Manuel Valls devrait logiquement entraîner une législative partielle. Le chef de file des députés Insoumis Jean-Luc Mélenchon a cependant accusé vendredi soir sur Twitter la « macronie » de « magouille(r) » pour l’éviter.

Farida Amrani a affirmé avoir des « échos » selon lesquels Manuel Valls pourrait être nommé maire adjoint d’Evry, ce qui permettrait à sa suppléante d’occuper son siège sans passer par l’élection.

« Penser qu’il pourrait, alors qu’il fait un choix de vie, être dans une magouille c’est bien mal le connaître », a répliqué le cabinet du maire d’Evry, Francis Chouat.

En cinq jours seulement, la pétition « Exigeons la démission de Manuel Valls, député fantôme », lancée par Farida Amrani, a déjà recueilli 15.000 signatures.

(avec AFP)

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