L’Émergence du Paraguay (Dov Zerah)

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L’Émergence du Paraguay

Dov ZERAH     N° 200    MARDI 19 NOVEMBRE 2019
Bonjour
Je vous invite à me retrouver le mardi matin à 7h05 sur Radio J 94.8 FM pour ma chronique économique et financière. 
De plus, j’invite toute personne intéressée par l’information économique sur l’Afrique,  à consulter le site “economiesafricaines.com”            Merci 
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Encyclopédie Universalis
Il y a deux semaines, je vous ai présenté une liste non exhaustive de pays, et plus particulièrement de plusieurs pays d’Amérique Latine, en effervescence :
  • L’Argentine renoue avec ses traditionnels démons, défaillances de paiements, dévaluation régulière du peso, inflation…et, au final retour à la Présidence d’un péroniste.
  • Les suspicions de fraude électorale ayant conduit à la réélection d’Evo MORALES a entraîné un mouvement de grève générale qui a fini par obtenir gain de cause avec son départ en Argentine.
  • Le Venezuela ne cesse de s’enfoncer dans la crise humanitaire, la misère. Les assassinats ciblés se multiplient, et il est difficile de trouver les conditions d’une issue.
  • Au Chili, une hausse du ticket de métro a déclenché la crise entraînant émeutes, pillages, violences…et conduisant à la paralysie de la capitale.
Enclavé entre l’Argentine, la Bolivie le Brésil, le Paraguay apparaît comme un havre de paix, de croissance.
Avec une superficie de 406 752 km², et une population de 7 500 000 habitants, le Paraguay est un pays vide avec seulement 18 habitants au km². Cela a conduit les autorités depuis longtemps à favoriser l’immigration, et l’exemple le plus symbolique est celui des Mennonites.
Le Mennonitisme est un mouvement chrétien anabaptiste parallèle à la réforme protestante du XVIème siècle. Adeptes de la non-violence et du refus d’utiliser la force contre tout être humain, ils vont connaître des persécutions, notamment celles soviétiques, ce qui va les conduire à répondre aux appels du gouvernement paraguayen. L’installation des Mennonites au Chaco s’est effectuée en trois principales vagues:
  • En 1921, le groupe a négocié la dispense de service militaire
  • En 1927, Lomo Plata est créé avec 3-4 000 personnes
  • En 1933, Filadelfia a été créé avec 2 000 personnes
  • En 1947, Neuland avec 2 000 personnes.
Actuellement, ils seraient 15 000 personnes, ont fait de l’allemand la langue officielle dans le Chaco, et constitueraient un solide réseau d’influences dans le pays.
Au-delà de ces considérations générales, le pays accumule les performances économiques :
  • Depuis 11 ans, le pays enregistre une croissance annuelle de 4,5 %
  • Un taux de chômage de 5,8 % sur une moyenne latino-américaine de 9,3 %, malgré une population jeune avec dont 70 % de moins de 35 ans
  • Une inflation contenue autour de 5 % depuis 5 ans
  • Le guarani n’a pas dévalué depuis 75 ans ; sa convertibilité est totale…
Cela résulte d’un contexte favorable aux entreprises :
  • Une abondance d’électricité d’origine hydroélectrique qui fait du pays un exportateur d’énergie
  • Un régime fiscal très favorable et d’une grande simplicité, un taux de 10 % quelles que soient la catégorie d’acteurs économiques, sociétés, les particuliers ou la consommation
  • Une contribution des patrons à la sécurité sociale limitée à 16,5 %
  • Un droit du travail réduit peu protecteur, avec un faible pouvoir syndical…
Avec un secteur industriel peu développé, l’économie repose sur l’agriculture et un secteur tertiaire marqué l’informel. L’agriculture est caractérisée par de grandes surfaces dont 90 % appartiennent à 10 % de propriétaires. Les caractéristiques d’une agriculture et d’un élevage industrielles, recourant à peu de main d’œuvre, justifient les craintes des Européens face à la perspective d’un développement du libre-échange avec l’Amérique latine.
La faiblesse de la pression fiscale a logiquement entraîné une défaillance des services publiques, notamment du réseau routier, de la distribution d’électricité, un secteur hospitalier problématique pour la très grande majorité de la population.
Cette situation résulte de la déclinaison d’une stratégie libérale conduite depuis de nombreuses années, et surtout depuis la période de la dictature d’Alfredo STOSSNER, au pouvoir pendant 35 ans de 1954 à 1989. La fin de la dictature et l’instauration de la démocratie libérale n’ont pas modifié l’orientation économique, mais n’ont pas réussi à diminuer la pauvreté qui touche un quart de la population, et qui peut constituer, comme au Chili, une bombe à retardement.
Dov ZERAH

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