Le mouvement Antifa aux États-Unis par S. Kern (fin)

le 08.07.2020

Le Financement des Antifas

La violence coordonnée pose la question du financement des Antifas. Selon Influence Watch, une ONG qui recueille des données sur les organisations de défense, les fondations et les sponsors, The Alliance for Global Justice (Alliance pour une justice mondiale, AFGJ) est le parrain fiscal de nombreuses initiatives radicales de gauche.

L’AFGJ se définit comme « anticapitaliste » et opposée aux principes de la démocratie libérale. Cette plateforme est devenue le « mécène fiscal » de nombreux mouvements d’extrême gauche, américains et étrangers, y compris ceux qui se proposent d’éliminer l’État d’Israël.

L’AFGJ est basée à Tucson, en Arizona. Ses animateurs se sont illustrés dans la défense des régimes autoritaires socialistes et communistes, y compris Cuba, le Nicaragua et le Venezuela. Dans les années 2000, l’AFGJ a participé à des manifestations anti-mondialisation. Dans les années 2010, l’AFGJ a été le sponsor financier du mouvement Occupy Wall Street.

L’AFGJ est elle-même financée de manière très substantielle par des organisations qui affirment se situer au centre-gauche. Les fondations Open Society, Tides, Arca, Surdna, Public Welfare, Ben & Jerry et Brightwater Fund ont toutes contribué au financement de l’AFGJ, selon Influence Watch.

L’un des groupes financés par l’AFGJ porte le nom de Refuse Fascism. Cette organisation gauchiste entend agir au plan national pour destituer le président Donald Trump, et tous les responsables de son administration, au motif qu’ils incarnent un « régime fasciste ». Selon Influence Watch, le groupe a participé à de nombreuses manifestations des Antifas. Le groupe est une émanation du Parti communiste radical (RCP).

En juillet 2017, le RCP a affiché sa participation aux violentes émeutes de Hambourg, en Allemagne, contre le sommet du G20. Le RCP affirme que le capitalisme est synonyme de fascisme et que l’élection de Trump à la présidence conduira le gouvernement américain à « matraquer et éliminer des groupes entiers de personnes ».

En juin 2020, Refuse Fascism a profité de la mort de George Floyd pour collecter des fonds et organiser une « tournée de la révolution nationale » dans le but de renverser le gouvernement américain. Le slogan du groupe est clair : « Ce système ne peut pas être réformé, il doit être renversé ! »

L'”Utopie” Antifa

A Seattle, dans l’Etat de Washington, des Antifas radicaux, des militants de Black Lives Matter et des membres du John Brown Gun Club, un mouvement anticapitaliste, ont pris le contrôle du quartier d’East Precinct. Sur six pâtés de maisons, ils ont établi une « zone autonome » appelée Zone autonome de Capitol Hill, (Capitol Hill Autonomous Zone, « CHAZ »), qui a été récemment rebaptisée en « CHOP» (Capitol Hill Organized (or Occupied) Protest, ce qui signifie « la manifestation organisée (ou occupée) de Capitol Hill) ». A l’entrée de la zone, un panneau en carton posé sur une barricade proclame : « Vous quittez maintenant les États-Unis ». Le groupe a rendu public 30 exigences dont « l’abolition » des services de police et du système judiciaire de Seattle.

« Des viols, des vols et toutes sortes de violences ont eu lieu dans cette zone et nous ne sommes pas en mesure d’y avoir accès », a déclaré Carmen Best, chef de la police de Seattle. Plusieurs personnes ont été blessées ou tuées.

Christopher F. Rufo, rédacteur en chef adjoint du City Journal, a observé :

« La zone autonome de Capitol Hill a créé un dangereux précédent : des militants armés de gauche font la police dans les rues et ont établi une autorité politique alternative sur presque tout un quartier. Ils revendiquent et exercent un pouvoir policier sur les milliers d’habitants du quartier et sur des dizaines d’entreprises –en dehors de tout processus démocratique. En quelques jours, les milices paramilitaires des Antifas ont matérialisé une frontière, établi un rudiment de gouvernement fondé sur les principes de la représentation intersectionnelle et ont chassé les médias qui leur étaient hostiles.

« La zone autonome de Capitol Hill est une occupation et une prise d’otages : aucun des résidents du quartier n’a voté pour que les Antifas se conduisent en gouvernement représentatif. Et la classe politique progressiste de Seattle, plutôt que d’appliquer la loi, a capitulé devant la populace et fera probablement des concessions massives au cours des prochains mois. Cela va enhardir la coalition Antifa – et saper davantage l’État de droit dans les villes américaines. »

Les Antifas selon leurs propres mots

A long terme, les objectifs du mouvement Antifa américain sont identiques aux objectifs des mouvements Antifas d’Europe : remplacer le capitalisme par une utopie communiste. Mark Bray, l’un des apologistes les plus virulents d’Antifa aux États-Unis et auteur de « Antifa : The Anti-Fascist Handbook » (« Antifa : manuel de l’antifasciste »), a expliqué :

« Sur le long terme, la seule manière de parer à la menace fasciste est de saper les piliers qui sont au fondement de la société, non seulement la suprématie blanche, mais aussi le capacitisme (ableism), l’hétéronormativité, le patriarcat, le nationalisme, la transphobie, l’organisation en classes sociales et bien d’autres piliers encore. Cet objectif de long terme indique les tensions qui existent dans la définition de l’antifascisme, car à un certain moment, détruire le fascisme, c’est vraiment promouvoir une alternative socialiste révolutionnaire. »

Nikkita Oliver, ancien candidat à la mairie de Seattle, a ajouté :

« Nous devons rejoindre la lutte mondiale contre les États-Unis qui jouent un rôle moteur dans le capitalisme racialisé. Le capitalisme racialisé est construit sur le patriarcat, la suprématie blanche et le classisme. »

Patrisse Cullors, cofondatrice de Black Lives Matter, a confirmé qu’à court terme, l’objectif était de renverser le président Trump :

« Non seulement Trump ne doit plus être au pouvoir en novembre, mais il doit démissionner dès maintenant. Trump doit dégager. Il n’est pas apte à exercer les fonctions qu’il exerce. Par conséquent, nous allons le pousser dehors. Parallèlement, nous allons également continuer à pousser et exercer notre pression sur Joe Biden pour qu’il revoie sa politique de maintien de l’ordre et son rapport à la criminalisation. Cela va être important. Mais notre objectif est de faire sortir Trump. »

Rose City Antifa a tweeté :

« Nous antifascistes, savons que notre lutte n’est pas seulement contre le fascisme organisé, mais aussi contre l’État capitaliste et la police qui le protège. Un autre monde est possible ! »

Les antifascistes de Seattle ont ajouté :

« C’est la révolution, l’époque est à nous et nous ne nous excuserons pas de pratiquer la terreur. »

Un groupe appelé PNW Youth Liberation Front, l’organisation de jeunesse des Antifas, a tweeté :

« La seule façon d’accoucher d’un monde sans police, sans prisons, ni frontières, etc., est de détruire les systèmes oppressifs qui nous emprisonnent. Pour être libres nous devons continuer la lutte contre l’État, l’impérialisme, le capitalisme, la suprématie blanche, le patriarcat, etc.. »

Une brochure distribuée dans la « zone autonome » de Seattle déclarait :

« L’idée que la classe ouvrière peut contrôler sa propre vie, sans Etats, gouvernements ou frontières, porte aussi le nom d’anarchisme. Mais comment passer de l’actuelle société capitaliste à une future société anarchiste-communiste ? … Afin de détruire l’ordre actuel, il faudra une révolution, une période de grands bouleversements. »

Une affiche dans la « zone autonome » de Seattle déclarait :

« Oh, tu croyais que je voulais juste supprimer le budget de la police ? Tout ce système doit disparaître. »

L’un des dirigeants de la “zone autonome” de Seattle a déclaré :

« Je ne consacre pas chaque jour que je passe ici à protester pacifiquement. Je suis là pour créer du désordre jusqu’à ce que mes demandes soient satisfaites. Rien ne pourra être reconstruit tant que tout ne sera pas complètement détruit. Répondez à la demande du peuple ou préparez-vous à devoir faire face à tous les moyens nécessaires. A tous les moyens nécessaires. Ce n’est pas un slogan ni même un avertissement. J’informe juste de ce qui va suivre. »

Un groupe appelé le Mouvement révolutionnaire abolitionniste, qui compte près de 15 000 abonnés sur Twitter, a appelé à une insurrection :

« Salutations révolutionnaires de l’insurrection qui balaye les territoires occupés de ce qui porte le nom d’États-Unis d’Amérique.

« Alors que l’histoire de cette misérable nation se répète une fois de plus, il apparait plus que jamais évident que les Noirs ont été et continueront d’être la seule force révolutionnaire capable de jeter à bas le statu quo oppressif.

« Partout, les porcs [terme péjoratif pour la police] ont perdu leur volonté de se battre. Leurs yeux qui, hier encore, dégoulinaient de haine et de mépris, laissent maintenant percer un doute écrasant et la lâcheté. Pour une fois, leur comportement indique de la faiblesse et chaque pas qu’ils font à reculons est marqué par l’hésitation.

« Ensemble, si nous continuons à pousser, cette terre d’esclavage mobilier, de génocide indigène et d’agression impériale étrangère peut enfin être anéantie afin qu’elle demeure dans les mémoires comme l’un des chapitres les plus laids de l’histoire de l’humanité. »

Un radical Antifa du Maryland a tweeté :

« Ce n’est pas de la contestation. C’est de la rébellion. Quand la rébellion s’organise, cela donne la révolution. Nous en voyons les débuts et c’est glorieux. »

Un agitateur Antifa de New York a commenté le drapeau américain :

« Cette m… est un putain de tissu avec des couleurs dessus. Il ne vit pas et ne respire pas. Ce n’est rien d’autre qu’une représentation. Tout Noir, Latino ou Indien qui regarde cette chose avec respect, devrait être offensé par ce drapeau qui représente le génocide, le viol, l’esclavage et la colonisation. »

La plate-forme médiatique Antifa « Ça va tomber » a écrit :

« Le pillage est un moyen efficace de redistribution des richesses. »

Un antifa de Caroline du Nord parle de la liberté d’expression :

« L’idée que la liberté d’expression est la chose la plus importante que nous puissions protéger ne peut être défendue que par quelqu’un qui pense que la vie se confond avec une salle de débat. À mon avis, les fascistes « sans plate-forme » violent souvent (sic) leur discours, mais cette infraction est justifiée pour son rôle dans la lutte politique contre le fascisme. »

En réponse aux projets du président Trump d’inscrire le mouvement antifa sur la liste des organisations terroristes, Torch Antifa Network a déclaré :

« Antifa désigne les États-Unis d’Amérique comme organisation terroriste. »

Soeren Kern est Senior Fellow du Gatestone Institute de New York

https://fr.gatestoneinstitute.org/16188/breve-histoire-antifa
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1 COMMENTAIRE

  1. Espérons que Trump sera réélu ,il est le seul a pouvoir rétablir l’ ordre .
    Ce qui n est pas le cas en Europe ,déjà submergé par les barbares qui commencent à prendre le pouvoir ,”démocratiquement ”
    Ceux qui reste de la communauté Juive ,sera lâche par les élus .

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