
Le crime organisé coûte à l’économie israélienne environ 23 milliards de shekels par an
Une étude conjointe menée par Hashomer Hachadash et l’Institut Rifman pour le développement du Néguev met en lumière un phénomène préoccupant : la criminalité organisée coûte à l’économie israélienne environ 23 milliards de shekels par an, soit un impact direct d’environ 8 000 shekels par foyer. Ce chiffre impressionnant dépasse largement les explications traditionnelles de la hausse du coût de la vie, telles que l’augmentation des prix de l’énergie ou les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales. L’étude, fondée sur des données officielles du ministère des Finances, de l’Autorité fiscale et du Contrôleur d’État, identifie la criminalité dans des secteurs clés comme l’agriculture, la construction, le logement et l’automobile comme un moteur central de cette inflation.
Le secteur de la construction illustre particulièrement cette problématique. Les entreprises sont contraintes de verser jusqu’à 5 % du budget total de leurs projets à des racketteurs, une charge qui se répercute directement sur le prix des appartements. Cette pression financière contribue à une augmentation significative des loyers à travers le pays, affectant durablement le pouvoir d’achat des citoyens. Par ailleurs, l’agriculture n’est pas épargnée : environ 93 % des agriculteurs en Galilée orientale et 90 % dans le Néguev subissent des extorsions et des menaces, ce qui fait grimper le prix des produits frais. Dans le secteur automobile, la hausse des actes de vandalisme, de vols et de cambriolages a provoqué une augmentation des primes d’assurance pouvant atteindre 56 %.
Les responsables de l’étude tirent la sonnette d’alarme face à ce qu’ils qualifient de « crise nationale ». Yoel Zilberman, fondateur et PDG de Hashomer Hachadash, dénonce une double taxation pour les Israéliens, qui paient à la fois l’État et les organisations criminelles. Selon lui, la criminalité dépasse désormais la simple question de la sécurité personnelle pour devenir un facteur déterminant dans la montée du coût de la vie. Il pointe du doigt un déficit de gouvernance et appelle à des mesures étatiques fortes pour réduire ces coûts et restituer le pouvoir d’achat aux citoyens. Haggai Reznik, directeur de l’Institut Rifman, souligne que cette situation révèle un échec plus profond, nécessitant une réponse globale combinant répression efficace, régulation civile et outils économiques pour restaurer l’autorité de l’État.
Au-delà des chiffres, cette étude met en lumière un défi majeur pour Israël, qui doit concilier sécurité intérieure et développement économique, notamment dans les régions périphériques comme le Néguev. La criminalité organisée y freine la croissance, alourdit les coûts pour les ménages et menace la stabilité sociale. La réponse gouvernementale, encore attendue, devra être à la hauteur de cette menace multidimensionnelle pour inverser la tendance et protéger les intérêts économiques et sociaux du pays.
La criminalité organisée en Israël ne se limite plus à un problème de sécurité publique, mais s’impose comme un facteur clé de la crise du coût de la vie. L’impact économique direct sur les ménages et les entreprises souligne l’urgence d’une action coordonnée et efficace. La capacité de l’État à reprendre le contrôle de ces secteurs et à restaurer un environnement économique sain sera déterminante pour l’avenir du pays et le bien-être de ses citoyens.
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