L’Amérique “maintiendra une présence” après le retrait

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Les Etats-Unis continueront à “maintenir une présence” après le retrait des troupes du nord-est de la Syrie

 

"Retrait des troupes" à la mode américaine: le Pentagone prévoit de maintenir des forces spéciales en Syrie

Des membres des forces spéciales américaines et des membres du FDS en Syrie Source: AFP

Le Pentagone prévoit d’utiliser de petites unités des forces spéciales pour mener des missions contre l’Etat islamique en Syrie, après le retrait de ses troupes du pays, a rapporté le New York Times le 22 décembre, citant des responsables américains.

Selon le nouveau plan, les forces américaines en Syrie, estimées à 2 000 membres des services, seront redéployées en Irak plutôt que de rester en Syrie, où ils feront irruption pour mener des opérations spéciales. Le plan permettra également au Pentagone de continuer à soutenir les Forces démocratiques syriennes (FDS) et sa campagne aérienne contre l’Etat islamique en Syrie.

Des responsables américains ont déclaré au New York Times que le Pentagone soumettrait ces plans au président Donald Trump avant que le secrétaire à la Défense, James Mattis, ne quitte ses fonctions à la fin du mois de février. Mattis a démissionné après avoir affronté Trump sur plusieurs questions, notamment la décision de retirer les troupes américaines de Syrie.

Le Pentagone n’a pas encore commenté le reportage du New York Times. Cependant, Dana W. White, une porte-parole du ministère de la Défense, a déclaré le 21 décembre que l’armée “continuera de travailler avec nos partenaires et alliés pour vaincre le groupe État islamique là oùelle opère”.

“La campagne contre DAESH n’est pas terminée”, a ajouté White, selon le New York Times.

Il n’est pas évident de savoir si Trump approuverait ces plans, en particulier parce que le coût des opérations en Syrie et les fortes pressions exercées par la Turquie sont les principales raisons qui l’ont poussé à mettre un terme à la présence militaire américaine en Syrie. Les nouveaux plans du Pentagone ne répondent directement à aucun de ces problèmes.

JForum avec agences

A la suite de la réaction brutale à la décision du président Trump de retirer les troupes américaines du nord-est de la Syrie, de hauts responsables de l’administration vendredi soir, le 21 décembre, ont proposé aux dirigeants du Moyen-Orient des clarifications pour apaiser leurs inquiétudes. Les sources de DEBKAfile révèlent les points forts de ces messages :

  1. Les troupes américaines vont quitter l’est et le nord de la Syrie, mais les États-Unis ne désertent pas cette partie du pays, ont déclaré des responsables sans révéler la nature de la continuité de cette présence.
  2. L’administration Trump n’a pas abandonné les Kurdes ni ne les a «poignardés dans le dos», comme on l’a largement rapporté «et les Kurdes le savent», a-t-on déclaré avec autorité. Et, en effet, malgré leurs cris de consternation, pas un seul milicien kurde syrien n’a déserté les lignes qu’il défend contre Daesh dans l’est de la Syrie.
  3. S’agissant de la déclaration du président Tayyip Erdogan selon laquelle l’armée turque était sur le point de marcher sur l’Est de l’Euphrate et d’atteindre la capitale kurde de Qamishli, alors qu’on craint un massacre, les responsables américains ont conseillé d’établir une distinction entre paroles et actes. Ils ont évoqué une conversation téléphonique entre les présidents Trump et Erdogan le 14 décembre, dans laquelle ce dernier a promis que son armée ne traverserait pas l’Euphrate. Dans un discours accueillant vendredi le retrait américain de Syrie, M. Erdogan a admis que la Turquie “attendrait un peu plus longtemps avant de lancer l’opération” et comptait sur le “soutien logistique” des États-Unis.
  4. Trump a ensuite déclaré que le retrait des troupes serait terminé dans un délai de 40 à 60 jours. Selon les responsables américains, un calendrier plus réaliste serait de 4 à 6 mois. “Pendant ce temps, la Syrie va inévitablement assister à de nombreux développements pouvant nécessiter que Washington revoie ses plans.”
  5. Les Etats-Unis et l’Irak sont en négociations avancées pour le déploiement à la frontière irako-syrienne des forces d’opérations spéciales irakiennes (ISOF) – la «division dorée» – qui a chassé l’Etat islamique de Mossoul. Elle s’arrêtera sur le chemin emprunté par les milices chiites iraniennes et irakiennes pour traverser vers la Syrie. 
  6. Une partie du déploiement de l’ISOF inclura la province d’Anbar, dans l’ouest de l’Irak. À cet égard, les responsables américains ont évoqué une divulgation de Mohammad al-Dilemi, l’un des chefs des tribus arabes d’Anbar. Le 12 décembre, il a déclaré que l’armée américaine construisait une nouvelle base sur la ligne de démarcation séparant Anbar de la province voisine de Ninive. Cela placerait les troupes américaines à 30 km au nord de l’Euphrate et près de la frontière syrienne. Cette nouvelle base fournira à la division irakienne un renfort américain.
  7. Les responsables de Washington ont refusé de confirmer ou de nier que les Russes étaient impliqués dans les prochains plans américains pour la Syrie ; ils ne font pas non plus référence à un éventuel accord américano-turco-russe sur le sujet. Ils ont pris note des progrès accomplis ces dernières semaines pour rétablir les relations russo-israéliennes. Les responsables américains ont souligné que le transfert d’un bataillon de missiles de défense anti-aérienne russe S-300 à Deir ez-Zour, dans l’est de la Syrie, avait mis le Golan israélien et la Galilée à sa portée, mais pas les bases de l’armée de l’air israélienne situées au nord et au centre d’Israël.

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Adaptation : Marc Brzustowski

 

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