Les dessous de la décision des BRICS

Un veto indien ferme contre l’Algérie

Le couple israélo-marocain a missionné l’Inde pour saborder l’adhésion de l’Algérie aux Brics.

Le Sommet des Brics à Johannesburg a débouché, comme tout le monde le sait, sur l’élargissement de l’organisation où ne figurait pas l’Algérie. Grand étonnement dans les sphères diplomatiques internationales. L’Algérie a des atouts que n’ont pas certains pays finalement admis. Les analyses sur l’issue inattendue du Sommet concernaient des aspects géopolitiques et autres considérations en rapport avec les conflits de voisinage entre les nouveaux membres des Brics. Mais, aucun discours ne semblait convaincant. La vérité, que L’Expression tient de sources très bien informées sur les coulisses du Sommet, est liée à une entente par le couple maroco-israélien. Ces deux États ont élaboré un stratagème destiné à faire barrage à la candidature de l’Algérie aux Brics. L’information incontestable et parfaitement sourcée est en rapport avec le «non» violent opposé par l’Inde à ses pairs des Brics, lorsque le dossier de l’Algérie a été abordé. L’attitude de Narendra Modi étaient, disent nos sources, d’une fermeté rare. 

Fait accompli

L’homme était prêt à faire échouer le Sommet et toute la stratégie de l’organisation. Les présidents des quatre autres pays, la Chine, la Russie, le Brésil et l’Afrique du Sud s’étaient vus piégés par l’absence de toute volonté de négociation de la part du Premier ministre indien. Ce dernier a mis ses pairs devant un fait accompli, les obligeant à céder à son «caprice», car sur la balance, il y avait le nouvel ordre mondial, le processus de dédollarisation et autres défis géopolitiques majeurs.

Ce refus est inexplicable compte tenu des rapports qu’entretiennent l’Algérie et l’Inde. Tout deux sont membres de l’organisation des pays non alignés et figurent dans le camp des nations en développement. Il n’y eut aucun incident majeur à signaler entre Alger et New Delhi. Même le rapprochement que Modi a entrepris avec Israël n’a pas été commenté par l’Algérie, partant du principe de la non-ingérence dans les affaires des nations souveraines.

Cet homme de 73 ans, Premier ministre depuis 2014, a débuté sa carrière politique dans un groupe paramilitaire ultra-nationaliste indien. Il est à l’origine d’une législation fortement anti-islamique dans son pays. Son discours est à la limite de la haine contre les musulmans indiens, aux antipodes de la tradition indienne. Depuis son arrivée au pouvoir, il ne rêve que d’en découdre avec son voisin pakistanais. Pour preuve, en décembre 2019, il fait voter par le Parlement la réforme de la loi sur la nationalité qui modifie très substantiellement le principe du sécularisme ou de laïcité inscrit dans la Constitution et va contribuer à faire des musulmans des citoyens de seconde zone. Les annales politiques de ce pays racontent que l’Inde était l’un des acteurs centraux du non-alignement. Avec l’arrivée de Modi au pouvoir, New Delhi a opéré une posture de multi-alignement qui ne tient compte que de ses propres intérêts étroits, s’éloignant des principes de la conférence de Bandung, fondatrice du non-alignement. Décrit par les observateurs avertis de la sphère politique indienne, Modi est l’archétype du militant anti-Ghandi qui ne croit pas au dialogue, mais aux rapports de force. Sa visite en Israël en juillet 2017 a fondé sa doctrine anti-islamique. En contrepartie, l’Inde a bénéficié de transfert de technologie et de contrat d’armement avec Israël.

Le rapprochement exceptionnel, pour un pays de cette stature, avec Israël a été mis en avant par l’État Juif qui considère que l’Inde de Modi est une prise géopolitique majeure. Peu de visites d’un dignitaire étranger ont suscité à l’époque un aussi grand écho dans l’État hébreu.

Israël et le Maroc

Cela traduisait une ouverture d’Israël vers un marché en plein essor et une concrétisation de sa mainmise sur un pays gigantesque qui abrite une communauté juive.

Tel-Aviv ne s’est pas trompé puisque cet allié de taille allait lui servir dans sa tentative de freiner l’élan d’un pays ennemi qui est l’Algérie. Il faut dire qu’Israël n’était pas seule à la manoeuvre. Le Maroc, à travers son ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, était le complice parfait dans cette opération. Le retrait à la dernière minute de la candidature du Maroc aux Brics s’explique par cette proximité. Nos sources qui ont démonté pierre par pierre le scénario du complot, affirment que la reculade du Makhzen et ce qui s’est produit lors de l’étude des candidatures ont été au centre d’une communication téléphonique entre Bourita et son homologue indien Subrahmanyam Jaishankar, le 20 août dernier. C’est-à-dire quatre jours avant le Sommet des Brics à Johannesburg. En somme, Tel Aviv et Rabat sont à l’origine de l’entêtement de Modi à refuser le dossier de l’Algérie. L’Algérie paie cher son animosité à l’égard du Maroc qui est sa bête noire.

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