L’Air Force américaine va quitter Incirlik et déménager vers une Base kurdo-syrienne à Tabqah

Plusieurs équipes du Génie américain travaillent 24h/24 afin de bâtir une nouvelle base aérienne énorme dans le Nord de la Syrie, après avoir achevé l’expansion de quatre autres bases [dont celle de Kobani dont on a beaucoup parlé]. Elles sont toutes situées dans les territoires frontaliers syriens proches de l’Irak, selon ce que révèlent les renseignements militaires proches de Debkafile.

C’était en cours tout au long du week-end, alors que les Sénateurs, les correspondants et commentateurs de presse se disputent entre eux pour déterminer si l’attaque de missiles américains sur la Base aérienne de Shayrat, vendredi 7 avril, en représailles aux attaques chimiques du régime Assad contre Khan Sheikhoun, était une frappe ponctuelle et unique ou le démarrage de nouvelles séries de raids punitifs.

Alors que la Maison Blanche pare à ces questions, l’Administration Trump se lançait plein pot de l’avant autour de ce projet massif visant à préparer le retrait des unités des forces aériennes américaines de la base turque d’Incirlik, dans le Sud de la Turquie, en usage actif par les Etats-Unis depuis 2002.

Ces unités sont au beau milieu d’un immense travail de préparatifs au déménagement vers cinq nouvelles bases aériennes en Syrie qui sont en voie d’extension. Leur foyer central et leur plaque tournante devrait devenir Tabqah, qui n’est qu’à 40 kilomètres de la capitale syrienne de l’Etat Islamique, Raqqa. Les quatre autres sont l’aéroport d’Hajar dans la région de Rmelan, deux autres terrains d’aviation servant de point de transport agricole à Qamishli, ont été convertis en pistes pour l’armée américaine ; et une cinquième se trouve dans l’enclave kurde de Kobani, au Nord d’Alep près de la frontière syro-turque.

Tabqah va aussi devenir le principal point de ralliement pour les forces conjointes américaines, kurdes et tribales arabes qui se rassemblent pour mener les préparatifs de l’offensive majeure sur Raqqa.

Quand ce travail sera terminé, le complexe émergeant formé par ces bases aériennes  permettra à l’Amérique de déployer deux fois plus d’avions bombardiers et de combat, ainsi que d’hélicoptères d’attaque en Syrie que le nombre que les Russes entretiennent actuellement.

Le site du terrain aérien de Tabqah vient d’être repris récemment, à la fin mars, par les Forces Démocratiques Syriennes (les combattants kurdo-arabes) qui avaient été aéroportées jusque là et larguées par le Commandement de la Mobilité Aérienne des Forces de l’air américaines. Il a très rapidement été surnommé « Incirlik 2 », ou  “Qayyarah-2”, selon le Centre de Commandement américain dirigeant l’offensive militaire irakienne contre Daesh à Mossoul.

Tabqah est conçu pour apporter toutes les facilités aux 2.500 membres du personnel de l’armée américaine hébergés à Incirlik. Comme les Américains, la Bundeswehr allemande est sur le point de quitter Incirlik et lorgne sur un ensemble de nouveaux points de chute possibles, à Chypre et en Jordanie.

Les cinq bases aériennes américaines en Syrie font partie de la stratégie de Trump sur trois fronts, qui vise à a) combattre le terrorisme islamiste, b) bloquer le couloir terrestre de l’Iran et ses accès aériens en Syrie ; fournir aux enclaves kurdes de Syrie aux mains du PYG-YPG un bouclier militaire contre l’armée turque.

DEBKAfile Reportage exclusif 8 Avril 2017, 7:28 PM (IDT)

Adaptation : Marc Brzustowski

P.S : dans notre livre datant de janvier 2015, avec Gilles Falavigna, « Daesh et Hamas, les deux Visages du Califat », p.139, nous incitions au découpage d’une nouvelle stratégie, consistant à quitter Incirlik pour s’appuyer sur les alliés Kurdes (Kobané subissait alors les assauts de Daesh, face à un avenir des plus incertains- par prudence nous suggérions Erbil en terre kurde d’Irak), ainsi qu’un retrait d’autres forces de l’OTAN vers Suda Bay, en Grèce, afin de ne plus dépendre des chantages turcs d’Erdogan. C’est en voie d’être acté : 

1 COMMENTAIRE

  1. Toute mise en valeur des Kurdes est une bonne nouvelle. Il faut effacer les mauvaises conséquences contenues dans l’accord Sykes-Picot, et dans la facon dont les Britanniques ont déformé leur propre déclaration Balfour en faveur des Arabes, contre les Juifs en Palestine et au Moyen Orient, en faveur des Arabes contre les Kurdes et les Assyriens. TE Lawrence et Gertrude Bell ont outre passé leur role en définissant des royaumes et des entités couronnées contre les peuples et leur histoire.
    Dans le meme mouvement que seulement USA et Russie peuvent diriger ensemble cette fois, il est clair qu’Israel devrait aussi recevoir la part de Palestine qui lui revenait (30 % attribués aux Arabes), et il faudrait un échange de population comme il y a eu dans les pays européens post 2 eme guerre mondiale. Pour compenser les persécutions, massacres, spoliations des 800,000 Juifs expulsés brutalement de tous les pays arabes, il revient de réinstaller tous les arabes palestiniens et israéliens en Jordanie et au Sinai, meme si encore une fois le cout de l’opération, pacifique, sera supporté par les occidentaux et Israel,

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