La nouvelle/ancienne stratégie américaine sur le Golfe

Analyse: il existe un consensus bipartite parmi les décideurs politiques américains sur le fait que la sécurité du Golfe est primordiale pour la sécurité nationale de leur pays, et l’élection de Biden marque un retour à ce cours traditionnel.

Abdul Aziz Hamad Al-Oweishek|? Mis à jour: 12.04.20, 23:30
Lorsque le président présumé élu américain Joe Biden entrera en fonction le 20 janvier, la sécurité du Golfe figurera parmi les problèmes les plus importants auxquels son administration devra faire face.
Biden n’est pas étranger à cette question, y ayant été impliqué en tant que vice-président pendant l’ère Obama et avant cela. Le futur nouveau président a passé 35 ans au Sénat, au cours desquels il a été membre éminent et président occasionnel de la Commission des relations étrangères, l’un des comités les plus importants du Sénat, dans lequel la sécurité du Golfe a occupé une position importante au cours des dernières décennies. 

Le président élu Joe Biden aux EAU en 2016, pendant son mandat de vice-président

Le président élu Joe Biden aux EAU en 2016, pendant son mandat de vice-président
( Photo: AP )
L’élection de Biden marque un retour au cours traditionnel de la politique américaine, en termes et en style, après le mandat de Donald Trump, issu de l’extérieur de l’establishment traditionnel qui domine Washington.
Biden représente la stabilité et entretient de bonnes relations avec les dirigeants des partis démocrate et républicain.
Il existe un consensus bipartisan parmi les décideurs politiques américains sur le fait que la sécurité du Golfe est primordiale pour la sécurité nationale américaine. Malgré le style personnel inhabituel du président Trump, son administration s’est fortement appuyée sur l’architecture de sécurité du Golfe, qui a été conçue bien avant sa prise de fonction en janvier 2017.
Depuis la révolution iranienne de 1979, un cadre de sécurité s’est développé en fonction de la nécessité de sécuriser les routes maritimes internationales et les intérêts stratégiques américains dans le golfe arabe.
Ce cadre de sécurité confirme le rôle central joué par le Conseil de coopération du Golfe dans le maintien de la sécurité régionale. Ce cadre n’a pas beaucoup changé au fil des ans et Biden ne devrait pas non plus le changer – à moins que le comportement de l’Iran ne change radicalement.
Les pays du Golfe et les États-Unis ont maintenu des liens étroits depuis la création du Conseil de coopération du Golfe en mai 1981. Pendant la guerre de libération du Koweït, l’Amérique s’est fortement appuyée sur le Conseil de coopération, qui a joué un rôle central dans la guerre du Golfe.

Manifestations anti-gouvernementales à Bahreïn en 2011 dans le cadre du printemps arabe

Manifestations antigouvernementales à Bahreïn en 2011, pendant le printemps arabe
( Photo: AP )
Au milieu des événements du printemps arabe et des troubles tumultueux qui ont conduit à l’ingérence croissante de l’Iran dans la région, les deux parties ont convenu de créer un forum de coopération stratégique qui faciliterait une collaboration encore plus étroite entre le CCG et les États-Unis.
En mars 2012, la réunion de fondation du forum s’est tenue au siège du Conseil de coopération à Riyad, présidé par feu le prince Saud al-Faisal et la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton.
Y ont participé des ministres des Affaires étrangères et des hauts fonctionnaires des pays du CCG et, du côté américain, une importante délégation de fonctionnaires de l’administration.
Plusieurs groupes de travail ont été constitués et des lignes de communication directes ont été établies entre les deux parties, par l’intermédiaire du Secrétariat général du Conseil de coopération, du Département d’État américain et du Conseil national de sécurité à la Maison Blanche.
Le forum a ouvert la voie au premier sommet entre le Conseil de coopération et les États-Unis, qui s’est tenu à Camp David en mai 2015. Le deuxième sommet s’est tenu à Riyad en avril 2016, au cours de la dernière année de la présidence Obama.
À l’époque, il avait été convenu d’élargir le champ de la coopération pour inclure des questions telles que la diversification économique et l’autonomisation des jeunes.

Donald Trump assiste au troisième sommet Golfe-américain en Arabie saoudite, 2017

Donald Trump assiste au troisième sommet Golfe-américain en Arabie saoudite, 2017
( Photo: Getty Images )
En mai 2017, le troisième sommet Golfe-américain s’est tenu sous la direction du président Donald Trump, affirmant le fort engagement envers les accords de Camp David, tout en élargissant considérablement le champ de la coopération.
Par conséquent, il existe un accord entre tous les partis politiques aux États-Unis sur l’importance du partenariat Golfe-Américain. Cela ne veut pas dire que le système politique américain est rigide et que les changements de politique ne se produisent pas.
Cependant, les principes fondamentaux du partenariat CCG-États-Unis reposent sur une alliance profondément enracinée qui ne fait que se renforcer chaque année. Les deux parties comprennent que la sécurité du Golfe assure la stabilité des marchés de l’énergie, un commerce et des investissements renforcés et un Moyen-Orient plus calme. Par conséquent, la politique américaine envers le Golfe ne changera pas sous la direction de Biden.
 
Dr Abdul Aziz Hamad Al-Oweishek est secrétaire général adjoint aux affaires politiques et aux négociations du Conseil de coopération du Golfe
 The Media Line. Traduit par Asaf Zilberfarb
Première publication: 23:22, 12.04.20

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