Covid-19 : Israël opte pour une nouvelle stratégie contre le variant Omicron.

Face à une nouvelle vague de Covid-19 et malgré une couverture vaccinale de la 3ème dose qui peine à s’étendre, Israël a décidé malgré tout d’ouvrir à nouveau ses frontières. Pourquoi ce choix ?

Israël a rouvert ses frontières dans la semaine. Peu de touristes sont toutefois pour le moment présents à l’aéroport, la nouvelle n’ayant été annoncée qu’il y a quelques jours. Pour Israël, les quelques cas venus de l’étranger ne changeront plus la donne. Le pays est en effet submergé par les contaminations, si bien qu’il est contraint de restreindre les tests. Les PCR sont par exemple interdits aux moins de 60 ans.

Le choix de la contamination massive par le variant Omicron est une stratégie risquée, pour différentes raisons:

1 – le variant omicron n’est pas dangereux, mais pour les vaccinés, pour les non-vaccinés rien n’est moins sûr.

2 – Ces contaminations massives vont paralyser le pays comme en temps de confinement.

3 – la durée de processus n’est pas maîtrisée.

4 – La structure hospitalière sera submergée par les cas, et le risque est très grand qu’elle ne peut y répondre.

5 – On savait depuis le début que les Israéliens étaient les principaux vecteurs du covid et que la fermeture des frontières n’était qu’une forme de gesticulation pour dire que l’on maîtrisait la situation, alors qu’il n’en était rien. Le pays a payé le coût de cette fermeture pour rien, et les voyageurs qui ont dû annuler leur voyage à leurs frais, une fois de plus, risquent d’être échaudés pour un certain temps. Quand on dit que les portes d’Israël sont ouvertes, elles apparaissent comme des portes de saloon, qui se referment aussitôt.

6 – La population face à tous ces retournements contradictoires perd confiance à un moment difficile. Tout cela ne vaut que si omicron est le dernier variant. Si ce n’est pas le cas, aucune politique même la plus raisonnée ne sera audible.

Une nouvelle stratégie 

Israël change donc de stratégie, et se résout à ce que le Covid-19 se propage dans la population la moins à risque. « L’Omicron est là, il se propage, et on sait que la maladie ne va pas être grave. Elle ne sera grave que pour les populations à risque, donc la stratégie est de les protéger », explique Valérie Aloush, responsable unité Covid à l’hôpital Ichilov de Tel Aviv.

Alors que les contaminations battent des records en Israël, avec un taux de positivité de près de 12% qui n’avait pas été atteint depuis plus d’un an, Israël a décidé de revoir sa copie pour lutter contre la pandémie.

Changement de tactique donc en Israël sur le front du coronavirus. Paradoxalement, avec un nombre record de contaminations, le gouvernement a décidé de rouvrir ses frontières. La liste rouge des pays particulièrement touchés par la pandémie est abandonnée. Des allègements aussi depuis ce dimanche matin dans les établissements scolaires. Ils seront soumis désormais aux mêmes réglementations que les centres commerciaux. La politique des quarantaines est également allégée, notamment pour les cas contacts vaccinés.

Les tests de dépistages PCR sont désormais réservés au plus de 60 ans. Pour le reste de la population, ce sont les auto-tests et dans certains cas les tests antigéniques sous contrôle qui feront référence.

Bond des cas graves

 

Premier résultat : moins de données sur le nombre de contaminations quotidiennes. On note déjà un bond en avant pour le nombre d’hospitalisations de patients Covid dans un état grave, avec 47% de cas en plus en quelques jours.

Lors du Conseil des ministres hebdomadaire ce dimanche matin à Jérusalem, le Premier ministre Naftali Bennett a promis des autotests gratuits pour les enfants. Une étude du ministère israélien de la Défense le souligne : près de la moitié des résultats des tests antigéniques sont erronées.

Pourquoi le gouvernement d’Israël a-t-il choisi d’ouvrir ses frontières, au moment où le variant Omicron provoque un nombre inédit de contaminations dans le pays ? Dimanche 9 janvier, en direct de Tel-Aviv, la journaliste Agnès Vahramian apporte des réponses sur cet « immense paradoxe« . « Les premiers touristes vaccinés sont arrivés ce matin après 21 mois de fermeture, alors que le nombre de cas de contaminations atteint des sommets ici », indique d’abord la journaliste sur France 3.

Omicron beaucoup moins dangereux que Delta en Israël

Si Israël a décidé de rouvrir ses frontières « au pire moment de l’épidémie« , c’est en réalité par choix stratégique de la part du gouvernement, qui constate qu’arrêter la propagation du virus n’est plus possible. Pour Israël, les quelques cas venus de l’étranger ne changeront pas la donne. « [Nous] constatons ici que ce virus est beaucoup moins mortel que ne l’était Delta« , explique Agnès Vahramian. Le pays souhaite développer une forme d’immunité collective, et préfère se concentrer sur la quatrième dose afin de protéger ses habitants.

Covid: entre 2 et 4 millions d’Israéliens vont être contaminés au cours de la vague actuelle (N. Bennett)

1,4 million de contaminations ont été recensées depuis le début de la pandémie en Israël

Le Premier ministre Naftali Bennett a prévenu qu’entre 2 à 4 millions d’Israéliens sont susceptibles d’être touchés par le Covid lors de la vague de contaminations que traverse actuellement le pays. Dans un message publié sur sa page Facebook, le dirigeant israélien a appelé à ses concitoyens à la patience et à la compréhension.

« Je comprends la frustration et je l’écoute. « J’ai aussi des enfants scolarisés, et nous essayons aussi de manœuvrer dans cette situation complexe », a-t-il écrit. Naftali Bennett a indiqué que les informations présentées au cabinet plus tôt dans la journée montrent la probabilité qu' »un total de 2 à 4 millions de citoyens soient infectés pendant la vague actuelle ».

« C’est une tempête qui se produit dans le monde entier, même dans les pays qui ont institué un confinement, » a-t-il ajouté. Le Premier ministre a ajouté que le gouvernement s’efforce de continuer à apporter des solutions aux problèmes en cours. « J’écoute la détresse, les longues files d’attente et le prix élevé des tests », a-t-il assuré. « Nous nous efforçons d’alléger les choses autant que possible, mais nous aurons tous besoin de patience et de résilience. »

Au total, 1,4 million de contaminations ont été recensées depuis le début de la pandémie en Israël, dont 8.265 décès d’après les chiffres du ministère de la Santé.

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