En moins d’une semaine, le Hezbollah a perdu près de 60 terroristes, au Liban ou en Syrie. Israël va chercher un à un les cadres de la milice et les élimine méthodiquement.

« La Syrie et le Liban sont devenus un champ de bataille étendu du point de vue israélien », décrypte Riad Kahwaji, directeur de l’Institut du Proche-Orient et du Golfe pour les analyses militaires (Inegma).

Le Hezbollah a été vendredi la cible de frappes massives attribuées à Israël avec l’élimination d’un de ses chefs au Liban et la mort de plusieurs de ses combattants en Syrie, sur fond de crainte d’une conflagration régionale.

L’armée israélienne n’a pas commenté les frappes en Syrie, mais a déclaré avoir tué dans le sud du Liban le « commandant adjoint de l’unité des roquettes et des missiles du Hezbollah », Ali Naïm, dans une frappe aérienne. Le parti chiite a annoncé « le martyre » de sept de ses combattants, dont Ali Naïm, sans préciser où ni quand ils ont été tués. Toutefois, selon les informations, les six combattants, dont le « martyr » a été annoncé par le parti, Ali Bakka (né en 1994 et originaire de Saïda), Moustapha Nassif (né en 1991 et originaire de Hafir, dans la région de Baalbeck), Ali el-Haf (1984, Halloussiyé, Liban-Sud), Ibrahim el-Zein (1982, Chhour, Liban-Sud), Moustapha Makké (1983, Tebnine, Liban-Sud) et Ahmad Cheheimy (1964, Markaba, Liban-Sud) sont bien les victimes des frappes dans la région d’Alep.

Frappe israélienne sur une voiture près de Tyr : qui était le responsable du Hezbollah ciblé ? 

Les forces israéliennes ont visé « un dépôt de roquettes appartenant au Hezbollah » dans le nord d’Alep, tuant 36 soldats syriens, sept combattants du Hezbollah et trois autres terroristes pro-iraniens, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

D’après cette ONG, il s’agit du bilan le plus lourd pour l’armée syrienne dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre.

Moscou, principal allié du régime de Damas, a accusé Israël d’avoir mené des frappes « catégoriquement inacceptables » en Syrie, dénonçant des conséquences régionales potentiellement « dangereuses ». Mais la Russie ferme en réalité les yeux sur ces frappes et secrètement apprécie l’élimination des terroristes musulmans avec qui elle est en guerre.

Depuis le déclenchement de la guerre en Syrie en 2011, Israël y a mené des centaines de frappes visant l’armée et les groupes pro-iraniens, dont le Hezbollah, un soutien du régime de Bachar el-Assad. Israël, qui commente rarement ces frappes, a intensifié ses bombardements depuis le début de la guerre à Gaza, ciblant notamment des positions du Hezbollah, allié du Hamas. Parallèlement, Israël et le mouvement chiite se livrent à des échanges de tirs quotidiens le long de la frontière israélo-libanaise.

« Instabilité »

« Les avions de guerre israéliens frappent des cibles dans les deux pays presque quotidiennement dans un effort soutenu visant à détruire l’infrastructure militaire du Hezbollah et à ternir l’image du groupe ». « La Syrie est la principale voie d’approvisionnement reliant l’Iran au Hezbollah au Liban (…) Israël a frappé cette ligne d’approvisionnement, détruit des dépôts d’armes et éliminé les dirigeants du Corps des gardiens de la révolution islamique (l’armée idéologique de l’Iran, NDLR) en Syrie », ajoute l’expert.

L’attaque de vendredi est la deuxième contre la Syrie en 24h, après une première frappe israélienne ayant tué deux terroristes, selon l’agence officielle syrienne.

« Calculs » israéliens modifiés

Le Hezbollah a revendiqué plusieurs attaques contre des positions israéliennes vendredi, notamment « en réponse aux attaques de l’ennemi israélien à Damas et Alep ».

La guerre entre Israël et le Hamas a été déclenchée par l’attaque du mouvement islamiste ayant fait environ 1.430 morts en Israël, essentiellement des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des chiffres officiels israéliens. Israël a juré de détruire le Hamas après cette attaque et son offensive de grande envergure à Gaza a fait 32.623 morts, majoritairement des terroristes contrairement à ce qu’annonce le ministère de la Santé du Hamas. L’armée israélienne a annoncé ce mois-ci avoir atteint « environ 4.500 cibles du Hezbollah » au Liban et en Syrie depuis le début de la guerre à Gaza.

Depuis le 7 octobre, au moins 347 personnes ont été tuées au Liban -des terroristes du Hezbollah pour la plupart et au moins 68 civils ou prétendu comme tels. Côté israélien, dix soldats et huit civils ont été tués selon l’armée.

« Israël augmente la pression sur le Hezbollah, l’armée syrienne et d’autres groupes soutenus par l’Iran en Syrie et au Liban, car elle sait qu’il n’est pas dans leur intérêt d’intensifier les combats », affirme à l’AFP Lina Khatib. « Les attaques du Hezbollah contre le nord d’Israël modifient les calculs d’Israël », qui « ne tolère plus le statu quo actuel et va probablement continuer d’intensifier ses frappes en Syrie pour affaiblir considérablement le front pro-iranien », estime cette analyste pour le groupe de réflexion Chatham House.

Un responsable du Hezbollah tué par une frappe au Liban.

L’homme était notamment «chargé de mener et de planifier des attaques contre des civils israéliens», selon Tsahal. Il a été tué. «Un peu plus tôt vendredi, un avion de l’armée de l’air israélienne a tiré et éliminé Ali Abdel Hassan Naïm, commandant adjoint de l’unité des roquettes et des missiles du Hezbollah, dans la région de Bazouriyé», a indiqué l’armée israélienne dans un communiqué. Vendredi, l’agence de presse officielle libanaise ANI a rapporté un «raid ciblé mené par un drone ennemi (israélien, ndlr) sur une voiture» à Bazouriyé, près de la ville côtière de Tyr, faisant état d’au moins un mort. S’exprimant sous couvert d’anonymat, une source militaire libanaise a précisé que la victime était «un important responsable du Hezbollah».

Depuis près de six mois, les violences opposent quotidiennement à la frontière israélo-libanaise l’armée israélienne au Hezbollah qui affirme vouloir soutenir le mouvement islamiste palestinien Hamas dans sa guerre contre Israël dans la bande de Gaza. Le mouvement armé pro-iranien vise des positions militaires et des localités proches de la frontière, et Israël riposte en bombardant de plus en plus en profondeur le territoire libanais, menant notamment des attaques ciblées contre des responsables du Hezbollah et du Hamas.

Israël «reconnaît les conséquences malheureuses de la guerre sur la population civile de Gaza», a déclaré l’organe du ministère israélien de la Défense qui coordonne les activités civiles de l’armée dans les territoires palestiniens (Cogat). Mais Israël ne s’occupe pas de la distribution de nourriture à Gaza, a-t-il ajouté, accusant des agences de l’ONU d’être incapables de gérer la quantité d’aide qui y arrive chaque jour. «À tout moment, des centaines de camions sont bloqués du côté gazaoui du point de passage de Kerem Shalom après avoir été entièrement traités par les autorités israéliennes», ajoute le Cogat. Le Cogat a également remis en question l’exactitude d’une ligne du rapport selon laquelle une moyenne quotidienne de 500 camions, dont 150 transportant de la nourriture, arrivaient à Gaza avant le début de la guerre le 7 octobre, contre 60 camions de nourriture après. «Avant la guerre, seuls 70 camions par jour en moyenne transportaient de la nourriture», a écrit le Cogat, sans fournir de source.

Les combats se poursuivent autour de l’hôpital Al-Shifa, bombardements à Rafah et Khan Younès. L’armée israélienne, qui accuse les terroristes du Hamas de se cacher dans les hôpitaux, a dit poursuivre ce vendredi ses «opérations» dans et autour du complexe hospitalier Al-Shifa dans la ville de Gaza, affirmant y avoir «éliminé environ 200 terroristes» depuis le 18 mars et fait 800 prisonniers qui ont refusé le combat, et ont préféré se rendre. Elle a dit s’assurer de «prévenir toute atteinte aux civils, patients et équipes médicales».

Plus au sud à Khan Younès, plusieurs victimes d’un bombardement ont été transportées à l’Hôpital européen. «Un missile a été tiré, sans avertissement préalable, sur un bâtiment de quatre étages» qui abritait plus de 50 personnes, a raconté à l’AFP Ibrahim Amak, un déplacé. «Le monde entier garde les yeux fermés devant cette situation.» Dans la ville proche de Rafah, des dizaines d’hommes dégagent des blessés et des corps des décombres d’un bâtiment touché par une frappe. Selon le ministère de la Santé du Hamas, les frappes israéliennes ont fait 71 morts ces dernières 24 heures.

JForum.fr et AFP

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Pauliltique

La communauté internationale empêchera le hezbollah de déclencher une guerre totale afin de protéger le Liban, elle se fiche d’ Israel, n’ est ce pas Gutererres, Macron, François…

Guidon

On sait lorsque une guerre commence, on ne sait pas quand elle finira !