Israël va t-il être confronté à une quatrième élection, un troisième confinement, juste à cause du désarroi/ déraillement politique?

Pas nécessairement. Mais les deux dangers relèvent la tête, à cause du duel farouchement acrimonieux qui fait rage entre les deux partis à la tête de la coalition gouvernementale israélienne. Même en une semaine où la joie est induite par la forte baisse de l’infection à coronavirus – à la suite d’un confinement de trois semaines – une tempête d’accusations mutuelles et de médisances sévères s’est emparée des ministres de Kahol Lavan et du Likud.

Les dirigeants en second des 2 partis ont rejoint la bataille le lundi 19 octobre . Le Ministre des Affaires étrangères Gaby Ashkenazi de Kahol Lavan a lancé un ultimatum : si d’ici la fin du mois, le gouvernement refuse de revenir sur le budget de l’État 2020/21, approuve les nominations des hauts fonctionnaires et réglemente les réunions du cabinet, «Nous nous tournerons vers l’électeur , » a t-il dit.

Le ministre des Finances du Likud, Israël Katz, a riposté : «Si Kahol Lavan veut une autre élection, allons-y. Nous allons les battre », a-t-il déclaré, ajoutant qu’une quatrième élection en moins de deux ans était indésirable et mauvaise pour le pays.

Le coronavirus a durement frappé l’économie israélienne, l’obligeant à se contracter pour la première fois depuis des décennies. Souvent jusqu’à présent, les dépenses au jour-le-jour reposaient sur la version au prorata du budget (précédent) 2019, y compris (30 milliards de dollars) d’allégement pour les salariés, les entreprises et les ménages, en l’absence de budget 2020.

La controverse sur le budget de l’État a troublé les relations de la coalition depuis ses débuts en mai. Mais Ashkenazi a révélé que ce qui a vraiment dérangé son parti était le manque de respect dont il souffre de la part du Premier ministre du Likud, Binyamin Netanyahu: C’est insultant, non seulement pour les Ministères des Affaires étrangères et de la Défense, mais pour la totalité du pays, que nous n’ayons pas été mis au courant, au prétexte que nous risquions de « faire des révélations à l’Iran! », à propos de l’établissement des relations et des accords de paix (avec les Émirats arabes unis et Bahreïn) », s’est plaint le ministre des Affaires étrangères.

Netanyahu a accusé Kahol Lavan et son chef Ganz de se comporter comme un gouvernement au sein d’un gouvernement. «Il est temps pour Kahol Lavan de travailler avec le gouvernement et pour le peuple d’Israël», a-t-il dit, citant son opération réussie de confinement pour «freiner la contagion et sauver des vies».

Si les dirigeants de Kahol Lavan se sentent humiliés par le style de gouvernement autoritaire de Netanyahu, le Premier ministre est furieux de ce qu’il considère comme une campagne personnelle persistante contre lui. Pour lui, les manifestations menées régulièrement devant la résidence du Premier ministre semaine après semaine sous des slogans exigeant sa démission, ne sont que la continuation du ticket «N’importe qui sauf Bibi» sur lequel le parti de Gantz s’est présenté à trois élections.  

Lorsque Kahol Lavan a insisté – au nom des droits démocratiques – pour permettre à ces manifestations de se poursuivre tout au long du confinement pour vaincre le Covid-19, le Premier ministre a pris cela comme un affront personnel.

Gantz, pour sa part, perçoit le traitement laxiste du leader du Likud envers les communautés ultra-orthodoxes qui ont ouvert des écoles cette semaine, au mépris des restrictions sanitaires, comme une tentative de gagner les faveurs de ce puissant groupement en préparation pour une quatrième élection au début de l’année prochaine, et Kahol Lavan accuse Netanyahu de complot.

Indépendamment du mauvais esprit qui traverse le gouvernement de coalition de 36 membres, ses deux principaux partis feront en fin de compte le calcul de leurs meilleures perspectives pour diriger un gouvernement en cas d’élections au début de 2021. Bien que les sondages aient une valeur limitée, ils indiquent certaines tendances. Le segment Kahol Lavan que Ganz et Ashkenazi ont séparé du corps principal dirigé par Yair Lapid (qui mène l’opposition) ne peut espérer plus de 7 à 10 sièges (dans la Knesset de 120 membres). Gantz a détruit ses ponts avec Yair Lapid. Le Likud baisserait à 25-28 bien qu’il soit toujours en haut du classement. Et bien que le bloc religieux de droite qu’il dirige puisse espérer une majorité de plus de 60 sièges, cela obligerait Netanyahu à résoudre sa querelle amère avec Naftali Bennett, dont le parti Yemina (droite) a explosé depuis qu’il a opté pour les bancs de l’opposition.

À moins d’événements imprévus, les deux partenaires de la coalition auraient très peu de choses sur lesquelles compter pour mener à bien une élection anticipée en ce moment, selon les sondages. Pour le moment, par conséquent, les ministres de Kahol Lavan devront peut-être ravaler leur fierté et Netanyahu devra peut-être faire un effort pour s’entendre avec eux. Il est de leur responsabilité partagée non seulement de lever les nuages ​​liés au coronavirus, qui pèsent toujours fortement sur le pays et de faire face à ses dommages désastreux, économiques, sociétaux et psychologiques, mais de générer une humeur plus optimiste et confiante dans un pays qui travaille toujours dur contre tous les risques de surmonter les dislocations douloureuses générées par la pandémie.

Does Israel face a fourth election, third lockdown from political disarray?

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