Israël prend le parti de la Grèce dans l’impasse maritime avec la Turquie

Jérusalem est restée essentiellement silencieuse sur la montée de la crise ces derniers mois, pour ne pas envenimer des relations déjà fort marquées par l’animosité turque. Resterait à présent, à convaincre Trump qu’il est temps de siffler la fin de la partie et de renvoyer l’Ottomaniaque à ses rêveries solitaires. 

Le président turc Tayyip Erdogan s'exprime lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue iranien Hassan Rohani (non vu) après leur rencontre à Ankara, Turquie, le 20 décembre 2018 (crédit photo: UMIT BEKTAS / REUTERS)
Le président turc Tayyip Erdogan s’exprime lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue iranien Hassan Rohani (non vu) après leur rencontre à Ankara, Turquie, le 20 décembre 2018 (crédit photo: UMIT BEKTAS / REUTERS)
Israël a exprimé son soutien à la Grèce, contre la Turquie dans leur différend sur les zones économiques de la Méditerranée orientale

Le ministère des Affaires étrangères a publié une rare déclaration offensive selon laquelle «Israël suit de près les tensions qui surgissent en Méditerranée orientale.

«Israël exprime son plein soutien et sa solidarité avec la Grèce dans ses zones maritimes et son droit de délimiter sa ZEE [zone économique exclusive]», a déclaré le ministère.

Peu de temps après la publication de la déclaration, l’ambassadeur en Grèce Yossi Amrani a rencontré le ministre grec des Affaires étrangères Nikos Dendias.

Le message est venu alors que la Turquie a envoyé des navires de guerre dans l’est de la Méditerranée cette semaine, affirmant qu’ils étaient censés protéger une mission de recherche, surveillant le plateau continental. Les navires se trouvent dans la ZEE grecque.

 

La Turquie a revendiqué le contrôle de la zone aux termes d’un accord qu’elle a signé avec la Libye en novembre 2019, divisant entre eux de larges pans de la Méditerranée orientale, et créant des frictions entre Ankara et Athènes. La semaine dernière, la Grèce et l’Égypte ont signé leur propre accord, délimitant leurs ZEE dans l’est de la Méditerranée, à la consternation de la Turquie.

La Grèce et Israël sont devenus des alliés proches ces dernières années, travaillant ensemble sur des projets énergétiques tels que le gazoduc EastMed, prévu pour être le plus long du monde, qui irait d’Israël au continent grec en passant par Chypre.

La Turquie et Israël entretiennent techniquement des relations diplomatiques, mais elles ont été tendues pendant la majeure partie de la dernière décennie depuis que l’IHH, une organisation liée à Al Qaïda et au président turc Recep Tayyip Erdogan, a envoyé le navire Mavi Marmara pour briser le blocus naval de Tsahal sur Gaza, armant certains des individus à bord. Les commandos navals de Tsahal ont arrêté le navire, tuant neuf militants-djihadistes. Erdogan est ouvertement hostile à Israël, soutient le Hamas et finance des organisations anti-israéliennes à Jérusalem-Est.

Bien que la Grèce ait fait pression sur ses alliés pour qu’ils fassent des déclarations publiques de soutien et bien qu’il soit clair qu’Israël préférerait la Grèce dans cette situation, Jérusalem a gardé essentiellement le silence sur la crise qui se développait ces derniers mois. Alors que la Grèce est un ami, le gouvernement préférerait ne pas transformer les mauvaises relations avec la Turquie – le 10e partenaire commercial d’Israël – en hostilité.

Une autre raison du long silence était le timing; les tensions augmenteraient rapidement entre la Grèce et la Turquie, mais diminueraient en quelques jours. La crise actuelle ne semble cependant pas trouver de solution rapide et, au contraire, est voulue par Ankara pour s’installer dans la durée et pourrir le climat, afin de procéder à une redistribution des cartes en sa faveur.

En outre, l’accord de ZEE Turquie-Libye signifie qu’Ankara revendique des droits de veto sur la construction du gazoduc EastMed. C’est purement inconcevable pour l’autre partie, dans laquelle Israël a investi tout son savoir-faire industriel et sécuritaire. 

Gabriel Mitchell, directeur des relations extérieures et chercheur en politique à Mitvim – L’Institut israélien pour les politiques étrangères régionales- a souligné que la déclaration et la réunion Amrani-Dendias interviennent alors que le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a demandé une plus grande clarification de la situation dans l’est de la Méditerranée. Jusqu’à présent, Trump, auprès duquel s’exerce le lobby pro-turc à Washington, n’a pas voulu désavouer ouvertement son « allié » remuant, membre de l »‘OTAN ». 

Mitchell a également interrogé le sens de la rencontre entre Amrani et Dendias, pour savoir s’il s’agit d’un « geste diplomatique », ou si elle contient un message spécifique, soit de soutien, soit d’articulation des limites (de la Z.E.E) d’Israël, qui sont partagées avec la Grèce? »

Il a averti que « le vrai risque ici est que les acteurs fassent de mauvais calculs les uns envers les autres et qu’éclate inopinément un accident. Israël ne veut certainement pas que cela se produise. »

Adaptation libre : Marc Brzustowski
source : jpost.com

12 Commentaires

  1. Des « incidents inexplicables » vont commencer à se produire, façon iran…
    Ensuite, le boycott total des produits turcs va être proposé, et le peuple turc va se demander ce qu’il y a à gagner à se lancer dans une gueguerre hégémonique avec un iran sinisé, une Russie attentive, une Europe grimaçante, des USA hostiles, et un…Ysraël génial, « insolent » et surpuissant, soutenant la Grèce, d’autant que les projets du gaz lui sont associés…
    Finalement, Merdowan et famille-complice sera expulsé du pouvoir…
    Les méchants finissent toujours par mourir, disait Gandhi.
    Pas toujours dans leur lit…

  2. Erdogan ne cesse de fustiger Macron, le seul président européen ayant une armée, et qui ose lui tenir tête dans ses désirs de rétablir l’ancien empire ottoman.
    l’OTAN ne bougera pas dans un conflit entre ses membres, reste la France pour tuer dans l’œuf les ambitions du dictateur, pour éviter de laisser s’étendre un nouvel empire nazi qui investirait Syrie, Lybie, Liban, et ensuite Israël si une piqûre nucléaire ne le calme pas avant.

  3. Ca pue, comme en 1914. A l’époque c’était une histoire de voie ferrée. Là c’est un gazoduc.
    Si Erdogan pousse le bouchon trop loin, c’est plus qu’une flotte qu’il va perdre. C’est aussi la partie nord de chypre gardé par un mini contingent perdu dans des champs de ruine. Annexée de facto par les paras turcs à la fin de la dernière guerre.

  4. Tant que les USA ne bougeront pas, le « sultan » continuera car il sait que les Européens sont timorés
    Or Erdogan a acheté Trump en lui donnant le chef de l’Etat islamique Daesh qui était dans la zone d’Idlib sous contrôle turc
    en échange de son silence sur l’écrasement des Kurdes de Syrie
    Et cela Trump n’aimera pas qu’on le sache. (Trump pensait que ce serait déterminant pour sa réélection, et aujourd’hui c’est tombé dans les oubliettes…)
    Donc Trump ne bouge pas. Et le sultan fait (pour le moment) ce qu’il veut.

  5. « Les commandos navals de Tsahal ont arrêté le navire, tuant neuf militants-djihadistes.  »

    voilà comment il faut parler aux Turcs !!! en TURC !!

    sinon ils ne comprennent pas, tout comme les Arabes a qui il faut parler en Arabe, a coups de beignes

    • Vous avez parfaitement analysé le caractère de ces ploucs.
      Erdogan s’attaque au ventre mou de l’Europe comme Hitler jadis mais, comme le japon s’est trompé sur la détermination des Etats Unis, Erdogan se trompe sur le sursaut européen.
      Cela prendra du temps et coûtera sans doute des vies, mais le « dictaturc » finira pendu et son pays anéanti.
      Pour l’heure, il serait utile de couler le bateau d’exploration sous-marine et (au passage) sa flottille de protection afin de rappeler aux barbares les fondements du droit international et celui pour un pays de défendre ses eaux territoriales.

  6. LA TURQUIE DEVRAIT ENTAMER UN REGIME DRACONIEN PARCEQUE « LA GRAISSE » N’EST PAS BONNE POUR LA SANTE ET VOUS ENTRAINER SUR UNE PENTE TRES DANGEREUSE « MOSSIEUR »ERDOGAN !!!!

  7. Ca dépend d’au moins trois choses, l’agacement de la Maison Blanche, qui est dans la nasse à cause de la Covid, de ses élections -où il ne faut pas briser les « équilibres fragiles » avant le scrutin, sachant que Biden ne fera que du bidon pendant 4 ans – et qui peut aussi avoir des intérêts dans les oléoducs-gazoducs, l’exploration : le rachat de Noble par Chevron,
    2) de la nature exacte du jeu de cache-cache du grand Mamamouchi, qui bluffe beaucoup pour se tracer de nouvelles frontières ottomanes un peu partout, mais jusqu’où ira t-il si beaucoup d’acteurs s’y mettent pour le dissuader (Russes, Israéliens…)
    3° De la détermination réelle de ceux qui prennent parti actuellement, de réaliser, notamment leurs propres objectifs sans jamais demander la permission à Erdogan

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