Israël commande 12 hélicoptères CH-53K et 2 avions-ravitailleurs KC-46A auprès des États-Unis.

Le 1er décembre, l’Agence internationale de l’énergie atomique [AIEA] a indiqué que l’Iran avait commencé à produire de l’uranium enrichi à 20% avec une « cascade » de centrifugeuses installée dans le site souterrain de Fordow. Ce qui est formellement interdit par l’accord de Vienne, qu’il a signé en juillet 2015 avec les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU [France, Royaume-Uni, États-Unis, Russie, Chine] et l’Allemagne. Accord que l’administration Trump a décidé de quitter en mai 2018, provoquant en retour la reprise progressive du programme nucléaire iranien, faute d’accord avec les Européens pour contourner les sanctions économiques américaines imposées à Téhéran.

Depuis qu’il est à la Maison Blanche, le président américain, Joe Biden, a l’intention de faire revenir les États-Unis dans cet accord, appelé « PAGC pour Plan d’action global commun » [ou Joint Comprehensive Plan of Action – JCPoA]. Mais pour cela, Washington exige que Téhéran revienne aux engagements pris en 2015. D’où les discussions actuellement en cours.

Évidemment, le constat établi par l’AIEA au début de ce mois et les préoccupations de cette dernière au sujet d’un site nucléaire iranien non déclaré, ne peuvent que fragiliser les négociations en cours… D’autant plus que, par ailleurs, l’Iran poursuit le développement de lanceurs spatiaux, alors que la résolution 2231 du Conseil de sécurité relative au PAGC demande justement à Téhéran de « ne mener aucune activité liée aux missiles balistiques conçus pour pouvoir emporter des charges nucléaires, y compris les tirs recourant à la technologie des missiles balistiques ».

Or, le 30 décembre, Téhéran a annoncé le lancement réussi d’une fusée Simorgh, avec trois satellites de « recherche » à bord. Un précédent tir avait été réalisé en avril dernier, un lanceur « Qassed » [« Messager »] ayant mis sur orbite le satellite militaire « Noor » [« Lumière »]. Et cela alors que, entre 2008 et 2019, le taux d’échec des lanceurs spatiaux iraniens avait atteint 67% [contre 5% au niveau mondial]. Un tel engin « comprend des technologies qui sont presque identiques et interchangeables avec celles utilisées dans les missiles balistiques, notamment ceux de longue portée », a fait valoir la diplomatie américaine.

Pour Israël, il est hors de question que l’Iran puisse se doter d’un arsenal nucléaire avec les vecteurs qui vont avec… Même si, officieusement, il est doté de telles armes et dispose du site de Dimona qui abrite un réacteur à eau lourde dans le désert du Néguev. D’ailleurs, lors du récent exercice Grand Prophète 17, l’Iran a simulé une frappe contre celui-ci, avec des missiles balistiques et des drones Shahed-136. C’est, en tout cas, ce qu’a suggéré une vidéo diffusée par les agences de presse iraniennes.

Aussi, ces tensions avec l’Iran [qui passent aussi par la Syrie] font qu’Israël maintient ses dépenses militaires à un niveau relativement élevé. En juillet, l’État hébreu a approuvé un budget de la défense d’un montant de 58 milliards de shekels [16,5 milliards d’euros] pour 2022. Et, en octobre, il a approuvé une rallonge de 1,3 milliards pour financer, le cas échéant, d’éventuelles frappes contre le programme nucléaire iranien.

Une partie de cette somme pourrait ainsi servir à financer les commandes annoncées par le ministère israélien de la Défense, ce 31 décembre. En effet, celui-ci a indiqué qu’il avait signé l’achat de deux avions ravitailleurs KC-46A Pegasus auprès de Boeing ainsi que douze hélicoptères de transport lourd CH-53K King Stallion [avec 6 autres en option] produits par Sikorsky [filiale de Lockheed-Martin] pour un montant total de 3,1 milliards de dollars [2,7 milliards d’euros].

Responsable des acquitions au sein de la force aérienne israélienne, le général Shimon Tsentsiper a précisé que les deux KC-46A ne seraient pas livrés avant 2025. Cependant, a-t-il ajouté, tout serait fait pour hâter leur livraison. En outre, il a également indiqué que deux autres exemplaires pourraient être ensuite commandés.

Enfin, répondant aux commentaires de la presse israélienne sur le fait que ces KC-46 seront « cruciaux » pour mener des frappes contre le programme nucléaire iranien, le général Tsentsiper a fait valoir que Tsahal disposait déjà de capacités « suffisantes » dans ce domaine. Celles-ci reposent sur sept anciens B-707.

Cela étant, dans un avis publié en mars 2020, la Defense Security Cooperation Agency [DSCA], chargée des exportations d’équipements militaires américains, avait autorisé Israël à en acheter jusqu’à 8 exemplaires, pour un coût estimé à 2,4 milliards de dollars. Finalement, le nombre d’appareils commandés sera donc moindre qu’attendu. Tout comme pour les CH-53K. Du moins pour le moment.

En effet, en juillet dernier, la DSCA avait donné son feu vert à la vente potentielle de 18 appareils à Israël, pour un montant alors évalué à 3,4 milliards de dollars, dans un avis publié le 30 juillet dernier. « La vente proposée améliorera la capacité de la force aérienne israélienne à transporter des véhicules blindés, du personnels et de l’équipement. […] Israël utilisera cette capacité comme moyen de dissuasion contre les menaces régionales et pour renforcer sa défense intérieure », avait-elle alors justifié.

Il s’agit de la première vente à l’étranger pour le CH-53K qui, aux États-Unis, doit équiper l’US Marine Corps. À noter que cet appareil peut être ravitaillé en vol, ce qui fait qu’il pourrait être utilisé par Tsahal pour des opérations d’infiltration et les missions spéciales.

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