Irlande : un Boycott illégal dénué de fondements juridiques

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Irlande : un Boycott illégal dénué de fondements juridiques

Le 24 janvier 2019, l’Irlande a adopté en seconde lecture un projet de Loi empêchant la commercialisation de produits en provenance des implantations juives de ce qui est indiqué être « la Cisjordanie occupée ». Plus précisément, la Loi interdit l’achat des biens et services des implantations juives réputées « illégales selon le Droit international ». La Chambre basse (le dail) a voté en faveur du texte, tout comme l’avait fait la Chambre haute (le Seanad) le 11 juillet 2018. Le texte porte d’ailleurs le nom de Loi sur le contrôle de l’activité économique dans « les territoires occupés ». Lorsque la Loi sera définitivement approuvée, les importateurs ou les revendeurs des produits provenant du Golan de Jérusalem Est ou de Cisjordanie seront passibles d’amendes de 250 000 € et 5 années d’emprisonnement. Bien évidemment, la méprise irlandaise résulte une fois encore de sa référence au concept faux de « territoires palestiniens occupés » que la communauté internationale répète en boucle, dans l’espoir d’en faire une vérité.

Le montant des exportations de produits en provenance des implantations juives de Cisjordanie 
se situe entre 580 000 et 1.1 millions de dollars, annuel. Les responsables palestiniens de BDS 
considèrent la mesure comme « une grande victoire » et espèrent ainsi  « faire adopter des lois 
similaires dans un certain nombre de pays européens dans un avenir proche » (sic). 
La sénatrice irlandaise Frances Black s’est même félicitée : 
« L’Irlande défendra toujours le droit international et les droits de l’homme, 
et nous sommes sur le point de faire l’histoire. En avant! », avant d’ajouter 
« Nous avons maintenant uni tous les partis d’opposition derrière ce projet de loi, 
parce que ce n’est pas une demande radicale : nous voulons concrétiser les dispositions 
fondamentales du droit international et des droits de l’homme. »

Pour sa part, le bureau du Premier Ministre s’est offusqué de la décision : « Israël est scandalisé par la législation présentée dans le Dail contre lui, qui est révélatrice d’hypocrisie et d’antisémitisme ». Il s’est désolé de ce que « l’Irlande ne condamne pas la Syrie pour le massacre de centaines de milliers de civils, ni la Turquie pour l’occupation de la partie nord de Chypre ou les organisations terroristes responsables de l’assassinat de milliers d’Israéliens. L’Irlande préfère s’en prend à Israël, la seule démocratie au Moyen-Orient ». De même, le Ministère des Affaires étrangères a qualifié le vote « d’expression de pure hostilité de la part de ses initiateurs », précisant « C’est une expression claire de discrimination obsessionnelle qui devrait être rejetée avec dégoût. »

Il est vrai que l’Irlande partage la position de BDS depuis longue date : en octobre 2018, le radiodiffuseur national irlandais, RTE, a indiqué qu’il ne sanctionnerait aucun membre de la structure qui refuserait de se rendre en Israël, en mai 2019, pour le concours de l’Eurovision organisé à Tel-Aviv. La Campagne de solidarité Irlande-Palestine (IPSC) venait alors d’appeler au boycott de l’Eurovision « en raison de l’oppression d’Israël par le peuple palestinien » (sic). De même, le Conseil municipal de Dublin a voté une résolution en avril 2018 en signe de solidarité avec le mouvement BDS. Les étudiants de la prestigieuse université « le Trinity College of Dublin »  ont également indiqué « se conformer aux principes du BDS dans toutes les points de vente, commerces, entreprises et toutes autres activités de l’Union des étudiants» (sic).

La décision irlandaise peut en réalité s’expliquer par la confusion entretenue, au niveau international, quant à la renonciation par la Jordanie à la Cisjordanie, depuis le 31 juillet 1988 et sa volonté de lui installer à la place l’Etat de Palestine.

Cette confusion s’illustre parfaitement par le propos du parlementaire irlandais Maurice Quinlivan, lorsqu’il appelle le gouvernement à reconnaître l’Etat de Palestine : « Il est maintenant temps de concrétiser la volonté du Dáil en reconnaissant l’état de Palestine ». Manifestement, il ne doit pas être informé de ce que la Palestine existe bien comme Etat depuis le 29 novembre 2012. Or, elle ne s’est pas vue affecté de territoire particulier ni de frontière.

L’erreur commune résulte de la volonté, par la communauté internationale de substituer « la Cisjordanie occupée » (à la suite de la guerre de juin 1967), par le concept de « Palestine occupée ». Il n’en est rien. Si l’Etat de Palestine n’est pas doté de territoires spécifiques, c’est précisément parce que les arabes de la Palestine sous mandat Britannique n’ont pas voulu établir leur territoire sur la Cisjordanie.

La Transjordanie a donc été contrainte, en novembre 1949, d’occuper la Cisjordanie (sans que personne n’élève la voix) avant de l’annexer le 24 avril 1950, annexion qui a été reconnue par la Ligue Arabe. Le Roi Hussein de Jordanie a finalement renoncé à ce territoire le 31 juillet 1988 (annexé par son grand père Abdallah), ce qui a fait de la Cisjordanie un bien sans maître (efker). Ce sont finalement les accords israélo-palestiniens de paix d’Oslo de 1993 qui ont organisé les prérogatives sur la Cisjordanie en divisant le territoire en 3 zones : A (sous contrôle exclusif palestinien 20%), B (sous contrôle partagé israélo palestinien 20%) et la zone C sous contrôle exclusif israélien (60%).

Cette configuration géopolitique ne satisfait pas la communauté internationale qui conserve le terme de « territoires (jordaniens) occupés », et qui entend lui substituer celui de « territoires palestiniens occupés ». Or, l’Irlande considère (comme bon nombre des Etats de la communauté internationale) que la Palestine est bien occupée par Israël, ce qui est faux. Elle souhaiterait donc procéder à sa reconnaissance, ce qui signifie lui affecter une assiette territoriale en l’occurrence la Cisjordanie, Gaza, et Jérusalem Est. Il n’est hélas pas possible de gommer les étapes historiques qui ont abouti à la configuration contemporaine.

Il n’y a pas de « territoires occupés », encore moins de « territoires palestiniens occupés » et donc pas de nécessité de « boycotter les produits en provenance des territoires occupés ». Ce faisant, le mouvement BDS essaye d’inventer une vérité bien relayée par l’Onu qui fait également référence à cette notion de « territoires occupés ».

Le concept faux de « territoires palestiniens occupés » est un peu du même acabit que les vérités selon lesquelles « la terre est plate » ou encore « le soleil tourne autour d’elle ». On a pu, à une époque, tuer les individus qui soutenaient le contraire, les enfermer ou les torturer : cela n’a rien changé à sa forme géométrique.

De la même manière, ce n’est pas en répétant, inlassablement que la Palestine est occupée qu’elle l’est. Ce n’est pas en martelant des contre vérités que l’on parvient à en faire une. Il convient donc de s’en tenir à la seule réalité : la Palestine est un Etat reconnu depuis 2012, sans qu’aucun territoire ne lui soit, et donc la population, les palestiniens, ne sont pas d’accord sur ce qu’elle doit être réellement. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils sont incapables de s’entendre et bien évidemment de s’auto administrer…

Les irlandais ses sont menés une guerre fratricide pendant 7 siècles, avant d’en mesurer l’absurdité. La quête de mobile absurde pour guerroyer est peut être devenu un modèle culturel chez eux. Si c’est le cas, il sera difficile de lutter.

Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

6 COMMENTS

  1. Un pays si proche de l’Allemagne nazie, des terroristes si proches des terroristes palestiniens. Rien de surprenant de ce havre fiscal, qui s’enrichit sur le dos dès autres pays européens.

  2. Espérons que l’Etat d’Israël élevera immédiatement un différend dans le cadre de l’OMC contre l’UE (représentant l’Irlande). Car cette décision de boycott est, pour sa part, véritablement contraire au droit international. (restriction quantitative à l’exportation non justifiée)

  3. Remettons les choses à leur place. L’Irlande est un pays insignifiant dans une Europe en perte de vitesse et asphyxiée par des problèmes bien plus énormes qu’une Palestine inexistante.

  4. faut transmettre cet article à l’irlande et a l’UE et même à l’ONU !!Suis pas sûr qu’ils lisent les journaux israéliens .
    S’ils ne sont pas d’accord il faut qu’ils nous rappellent pourquoi y a pas eu d’état palestinien en 1947 alors que beaucoup d’états ont été créés à cette époque , pourquoi l’angleterre et la france qui ont remodelé l’empire otoman n’ont pas créé un état palestinien et s’ils l’ont créé pourquoi il n’existe pas .
    merciiiii!!

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