Les journalistes israéliens sont-ils victimes d’un boycott au sein des instances professionnelles internationales ?
Depuis plus de 10 ans, les syndicats de journalistes israéliens sont exclus de la Fédération internationale des journalistes (FIJ).
Fondée en 1926, la FIJ est la plus grande organisation mondiale de journalistes. Son siège se trouve à Bruxelles. Elle fédère 187 syndicats dans 146 pays du monde, représentant plus de 600.000 professionnels des médias.
Elle est membre associée de l’Unesco et représente les journalistes à l’ONU, auprès de l’Organisation internationale du travail (OIT).

Le 7 juin 2009, le Comité exécutif de la FIJ a voté « à l’unanimité » l’exclusion de la Fédération nationale des journalistes d’Israël (NFIJ).
La décision a été publiée quelques semaines plus tard sur le site de la FIJ.

Officiellement, la FIJ s’abrite derrière une raison administrative :
Le syndicat israélien n’aurait été « viré » que « parce qu’il n’était pas à jour de ses cotisations ».
Dans son communiqué, le Comité exécutif souligne que cette exclusion a été prise pour des raisons « financières » et « n’est pas une décision politique ».
Les Israéliens avancent d’autres raisons
Nous avons pris contact avec les dirigeants du syndicat israélien et avons recueilli une version quelque peu différente.
Dirigeant de l’Association des journalistes de Jérusalem, le journaliste Haïm Shibi nous a communiqué son témoignage par e-mail.
Il était l’un des responsables de la Fédération des journalistes israéliens au moment de son exclusion à l’été 2009.

Haïm Shibi confirme qu’en 2009, la Fédération des journalistes israéliens refusait depuis plusieurs années de payer ses cotisations à la FIJ.
Mais il en donne les raisons :
« Une ligne anti-israélienne systématique s’est forgée et même aggravée au fil des ans au sein de la Fédération internationale des journalistes », explique Haïm Shibi. « Lorsque des dirigeants de la FIJ venaient en visite au Moyen-Orient, ils tenaient des réunions à Ramallah (chez les Palestiniens, ndlr), mais boycottaient l’Association des journalistes de Jérusalem. Nous n’étions jamais invités aux réunions. Nous étions confrontés à une volonté manifeste de ne pas tenir compte du point de vue israélien. »
A plusieurs reprises, la FIJ a publié des communiqués condamnant l’attitude d’Israël envers les journalistes. « Ils ne prenaient pas la peine de nous avertir à l’avance de ces communiqués ni de nous demander notre avis », poursuit Haïm Shibi qui ajoute que ces communiqués « étaient souvent des copiés-collés de textes émanant des organisations palestiniennes ».
Haïm Shibi renvoie en outre à un rapport de 2009 dans lequel il expliquait que « la délégation israélienne n’a même pas été conviée à la réunion, à Oslo, où a été prise la décision d’exclusion », réunion lors de laquelle elle aurait dû pouvoir plaider sa cause.
« La raison officielle de l’exclusion était le non-paiement des cotisations, mais le principal motif de cette destitution était une ligne farouchement anti-israélienne adoptée par les responsables de la fédération, dirigée à l’époque par son Secrétaire général Aiden White ».
« Nous avons dit à Aiden White que nous n’accepterions plus que la FIJ envoie des “missions de solidarité” avec les habitants et les journalistes de la bande de Gaza sans qu’il y ait des missions équivalentes avec les habitants de Sdérot et les journalistes israéliens », poursuivait Haïm Shibi.
Lire la suite https://infoequitable.org/pourquoi-les-israeliens-sont-ils-exclus-de-la-federation-internationale-des-journalistes/
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