Le tribunal spécial condamne 1 des 5 membres du Hezbollah pour avoir tué l’ancien Premier ministre libanais

Acquittement de trois responsables du Hezbollah, doute concernant la participation d’un responsable mort, Badreddine.

Le Tribunal spécial pour le Liban a condamné mardi un haut responsable du Hezbollah pour l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri en 2005 et acquitté trois autres responsables du Hezbollah.

Salim Ayyash a été condamné, tandis que Sassad Hassan Sabra, Hassan Habib Merhi et Hussein Hassab Oneissi ont été acquittés.

Concernant Mustafa Amine Badreddine – qui a été tué en 2016 et était un parent du célèbre commandant du Hezbollah éliminé en 2008, Imad Mughniyeh – le tribunal a déclaré qu’il y avait des preuves solides le liant à un réseau de téléphonie mobile considérée comme «coupable» (impliqué dans le meurtre), mais qu’il n’y avait pas suffisamment de preuves quant à ses intentions d’y participer, tels qu’on les retrouve contre Ayyash.

En outre, le tribunal a déclaré qu’il n’avait pas besoin de condamner ou d’acquitter Badreddine parce qu’il est mort.

En fin de compte, une partie de la raison pour laquelle l’un des accusés a été condamné et les autres acquittés reposait sur des preuves très complexes de «co-implantation» de téléphones portables liant les téléphones cellulaires anonymes des «coupables» aux téléphones portables personnels des accusés – éliminant les explications alternatives potentielles (ou faisceaux de présomption).

Concernant Ayyash, le tribunal a trouvé des preuves accablantes pour le relier aux téléphones portables des «coupables» qui avaient systématiquement suivi Hariri et étaient présents dans les zones où des aspects centraux du crime se sont produits. Le tribunal a également trouvé des preuves supplémentaires pour prouver l’intention marquée chez Ayyash.

En revanche, alors qu’il y avait des preuves claires qu’Oneissi et Badreddine étaient connectés au même réseau de téléphonie cellulaire considéré «coupable», il manquait des preuves d’intention et d’autres failles factuelles.

En ce qui concerne Sabra et Merhi, il y avait des preuves les reliant au réseau de téléphonie cellulaire tenu pour «coupable», mais il y avait d’autres explications et variables qui bloquaient la preuve de leur culpabilité au-delà de tout doute raisonnable, même sans avoir besoin d’analyser la question de l’intention.

Harari a été assassiné lors d’un attentat à la bombe massif, audacieux et horrible le 14 février 2005 qui a également tué 21 autres personnes, blessé des centaines de personnes et laissé la zone couverte de fumée et de débris.

Des travailleurs préparent une affiche géante représentant l'ancien Premier ministre assassiné du Liban, Rafik al-Hariri, dans le centre-ville de Beyrouth, au Liban, le 12 février 2010 (crédit photo: REUTERS / MOHAMED AZAKIR)
Les travailleurs préparent une affiche géante représentant l’ancien Premier ministre assassiné du Liban, Rafik al-Hariri, au centre-ville de Beyrouth, Liban, le 12 février 2010
(crédit photo: REUTERS / MOHAMED AZAKIR)

Le Tribunal spécial pour le Liban jugeant des hauts responsables du Hezbollah pour l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri en 2005, annoncera son verdict mardi vers midi, heure d’Israël.

Harari a été assassiné lors d’un attentat à la bombe massif audacieux et horrible le 14 février 2005 qui a également tué 21 autres personnes, blessé des centaines de personnes et laissé la zone couverte de fumée et de débris.

Le verdict devrait constituer un tremblement de terre dans le système politique déjà fragile du Liban.

Une explosion à Beyrouth le 4 août, tuant près de 200 personnes et en blessant des milliers a conduit le gouvernement libanais à démissionner le 10 août, et le pays a été plongé dans un nouveau stade de dénonciation contre le Hezbollah et d’exigences de changement.

Le verdict était initialement fixé pour le 7 août, mais a été reporté à mardi en raison de l’explosion.

Les procureurs ont concentré le procès pour le meurtre de Hariri en 2005 principalement sur cinq hauts responsables du Hezbollah inculpés (qui ont été jugés par contumace) sans inculper aucun responsable syrien.

 

L’un des cinq, le commandant militaire du Hezbollah Mustafa Amine Badreddine, a été rayé de l’acte d’accusation après avoir été tué en Syrie en 2016. Le , le général Gadi Eizenkot, chef d’État-Major de l’armée israélienne, déclare que Moustapha Badreddine a probablement été tué par « ses propres officiers ».

Le site Web du Tribunal spécial pour le Liban soutenu par l'ONU montre les photos de quatre hommes recherchés pour l'assassinat de l'homme d'État Rafik al-Hariri dans cette capture d'écran réalisée à Singapour le 29 juillet 2011 (Crédit: REUTERS / Tribunal spécial pour le Liban / Document / Fichier photo)Le site Web du Tribunal spécial pour le Liban soutenu par l’ONU montre les photos de quatre hommes recherchés pour l’assassinat de l’homme d’État Rafik al-Hariri dans cette capture d’écran réalisée à Singapour le 29 juillet 2011 (Crédit: REUTERS / Tribunal spécial pour le Liban / Document / Fichier photo)

Cependant, l’enquête initiale sur l’incident alléguait une implication syrienne. L’explication de l’accusation pour son hypothèse selon laquelle des agents du Hezbollah ont assassiné Hariri concernait des ordres que l’organisation terroriste aurait reçus de Syrie en raison de la tendance de Hariri à en faire trop pour demander une action indépendante à l’égard de la Syrie.

Les procédures ont été retardées pendant des années en raison de la prise de pouvoir du Hezbollah au Liban. Même après l’explosion du 4 août et quel que soit le verdict de mardi, beaucoup s’attendent à ce que le groupe maintienne sa mainmise parce que ses forces armées peuvent maîtriser n’importe quel autre groupe.

«Le premier mandat était une période d’enquêtes et de préparatifs», a déclaré un communiqué antérieur du TSL. «Le deuxième a vu l’ouverture du premier procès le 16 janvier 2014. Le troisième mandat comprendra l’achèvement du procès en cours.»

Le TSL a également déclaré qu’il «est particulièrement bien placé pour apporter une contribution à l’état de droit. Dans notre nouveau mandat, nous devons redoubler d’efforts pour faire en sorte que notre héritage soit une valeur importante et durable pour le Liban principalement, mais aussi pour la région et au-delà. »

Loprs du procès, on a assisté au témoignage de grands dirigeants et personnalités. L’un des faits marquants est survenu en novembre 2014, lorsque le député libanais Marwan Hamade a déclaré au Tribunal que la Syrie avait empêché le Liban d’engager des pourparlers de paix avec Israël.

Hamade, membre du parlement libanais, ancien ministre et proche allié du Premier ministre libanais assassiné Rafic Hariri a fait la déclaration dans l’affaire contre les assassins présumés de Hariri.

S’exprimant alternativement en anglais et en arabe, Hamade a expliqué que dans le cadre de sa tentative de prendre le contrôle de la politique étrangère et de la gouvernance libanaises, la Syrie « a interdit » au Liban de négocier avec Israël « avant que la Syrie n’ait fini » de négocier avec Israël.

Il a ajouté que « bien que le Liban ait des sujets brûlants » à discuter avec Israël, y compris la question des réfugiés palestiniens au Liban, la Syrie a bloqué tout dialogue.

Le principal sujet de témoignage de Hamade était d’aider les procureurs à établir leur dossier sur le motif de l’assassinat de Hariri.

Parce que l’affaire est dirigée contre quatre hauts responsables du Hezbollah pour avoir tué son ancien dirigeant sunnite, elle oppose essentiellement les chiites du pays à ses sunnites dans une région où les deux obédiences ont été quelque part entre en désaccord et en guerre pure et simple.

Jusqu’en novembre 2014, l’accusation avait soigneusement évité les mises en cause contre la Syrie, en essayant d’éviter de nouvelles controverses et l’opposition diplomatique des partisans de la Syrie et elle n’a pas expliqué la raison du moment du changement de stratégie.

Assad a perdu une position considérable dans une grande partie du monde au cours de la guerre civile syrienne et n’est pas aussi fort politiquement qu’il l’était lorsque le procès a commencé.

Le procès a commencé en janvier 2014, suscitant un intérêt international massif. Il a été diffusé en anglais, arabe et français et a impliqué une salle d’audience complète de quelques dizaines d’avocats, qui ont tous fait les premières présentations.

Initialement, le procès impliquait Badreddine (parent du célèbre commandant du Hezbollah éliminé, ainsi que ses enfants successeurs, Imad Mughniyeh), Salim Ayyash, Hussein Hassab Oneissi et Sassad Hassan Sabra, mais finalement Hassan Habib Merhi a été ajouté comme accusé.

La cour est un tribunal de caractère international créé le 1er mars 2009, dont le siège se trouve à la périphérie de La Haye ainsi qu’un bureau à Beyrouth.

Adaptation : Marc Brzustowski

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