Les dissensions au sein du Hamas pourraient fragiliser la trêve avec Israël

Les tensions des pays musulmans au MO divisent les ailes politiques et militaires de l’organisation terroriste

Karim Jaafar (AFP)
Karim Jaafar (AFP)« Le chef du mouvement islamiste Hamas Khaled Meshaal, lors d’une interview avec des journalistes de l’AFP à Doha au Qatar, le 10 aout 2014 »
 

Des experts israéliens en stratégie estiment que la scission qui s’est dessinée entre les ailes politiques et militaires du Hamas pourrait compliquer le maintien d’un cessez-le-feu à long terme avec Israël, rapporte jeudi le quotidien Haaretz.

Deux questions semblent diviser aujourd’hui les deux ailes de l’organisation terroristes : la position du mouvement sur les différentes crises qui frappent les pays musulmans au Moyen-Orient, et sa politique à l’égard d’Israël et de l’Egypte.

Selon les sources du journal, cette fracture pourrait notamment conduire l’aile militaire à mener des attaques à la frontière entre Gaza et Israël, sans les coordonner avec les dirigeants politiques du Hamas.

Il y a trois ans, le Hamas a rompu avec Téhéran et Damas en raison de la guerre civile en Syrie et de l’affrontement entre le régime de Bachar Al-Assad et les Frères musulmans sunnites, idéologiquement associés au Hamas.

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Le massacre de civils sunnites par le régime syrien a forcé le Hamas à dénoncer publiquement Assad. Ceci a conduit à une rupture ouverte entre le Hamas et l’Iran, qui soutient Assad.

Or, l’aile militaire du Hamas à Gaza est resté lié à l’Iran et a continué à profiter de l’aide des Gardiens de la Révolution via la contrebande d’armes vers la bande de Gaza, même si la plupart de l’aide iranienne est allée au Djihad islamique.

Après la guerre entre Israël et le Hamas de l’été dernier, Gaza et Téhéran ont mené des efforts de réconciliation. L’Iran a salué les efforts militaires du Hamas contre Israël et a accueilli des délégations de hauts fonctionnaires de l’organisation terroriste.

Mais récemment, en raison de la confrontation opposant les Etats sunnites modérés et les rebelles Houthis au Yémen soutenus par Téhéran, les tensions entre l’Iran et le Hamas ont resurgi.

Selon les experts israéliens, le dirigeant politique du Hamas Khaled Meshaal souhaite à présent se rapprocher de l’Arabie saoudite, tandis que l’aile militaire de l’organisation dans la bande de Gaza préfère maintenir ses liens étroits avec l’Iran.

La contrebande d’armes depuis l’Iran vers la bande de Gaza s’est compliquée, en raison des efforts déployés par Israël et l’Egypte pour contrecarrer ces mouvements clandestins.

L’Egypte a rasé presque toutes les maisons qui se trouvaient à proximité de sa frontière avec Gaza, dans la ville de Rafah, et construit une zone tampon de deux kilomètres.

De plus, les forces navales israéliennes et égyptiennes ont déjoué de nombreuses tentatives de contrebande par voie maritime depuis le Sinaï.

L’aile militaire du Hamas a donc dû intensifier sa production locale de roquettes et d’explosifs, tandis que Téhéran transférait des dizaines de millions de dollars aux banques gazaouies.

i24news.tv

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