Gilets Jaunes, Salafisme : Claude Moniquet entre en politique

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Pourquoi je rejoins les Listes Destexhe

12/03/2019

J’ai décidé d’entrer en politique.

A 61 ans, ce n’est pas une décision que l’on prend à la légère. Et ce n’est pas non plus pour faire carrière que l’on décide de franchir le pas qui sépare le commentaire et l’analyse de l’action.

Cela fait quelques années que je pensais à m’investir, mais l’actualité des derniers mois m’a convaincu que l’heure était venue. Le mouvement des Gilets Jaunes qui secoue la France depuis bientôt quatre mois et qui – dans une bien moindre mesure heureusement -, a également touché la Belgique a été l’élément déclencheur de mon engagement. Parti de vrais problèmes – une frange de la population qui se sent exclue à la fois socialement et économiquement et méprisée – ce mouvement a débouché sur le déferlement du populisme, de la violence, de la haine, de l’antisémitisme mais aussi sur l’antiparlementarisme et la négation de la démocratie telle que nous la concevons – c’est-à-dire issue du suffrage universel – et sur le rejet de l’Europe. Tout cela a attisé en moi cette envie de m’engager.

Double national franco-belge, né à Bruxelles d’un père belge et d’une mère française, mais ayant fait une grande partie de ma carrière en France – entre autres au sein des services de renseignement – j’aurais pu hésiter sur le pays dans lequel concrétiser cet engagement.

Mais il se fait que je vis à Bruxelles, à Schaerbeek, pour être précis, et que c’est à Bruxelles que je dirige les entreprises d’où je tire, depuis des années mes revenus. C’est à Bruxelles qu’avec mon épouse, nous avons créé, il y a 17 ans, un centre d’études stratégiques qui, par son rayonnement, a modestement contribué à celui de Bruxelles et de la Belgique dans ce domaine. Et c’est à Bruxelles que nous avons créé des emplois qui ont permis à une vingtaine de jeunes diplômés venus de toute l’Europe d’accéder au marché du travail et de faire leur vie. C’est à Bruxelles, enfin, que nous payons nos impôts.

C’est donc à Bruxelles que j’ai décidé de me présenter.

Pourquoi avoir décidé de rejoindre les Listes Destexhe ?

La première réponse, la plus évidente, est que je connais Alain Destexhe depuis plus de vingt ans, c’est-à-dire depuis l’époque où il fut l’initiateur – et le secrétaire – de la Commission d’enquête sénatoriale sur le Rwanda –après avoir révélé, avec courage, la responsabilité écrasante de certains politiques belges dans le soutien sans faille à ceux qui allaient devenir les initiateurs du génocide des Tutsis.

Je l’ai retrouvé quelques années plus tard, lorsqu’il fut l’un des rares politiques à dénoncer la progression du salafisme et de l’intégrisme en Europe et, plus particulièrement, en Belgique. En 2004, par exemple, avec Anne-Marie Lizin, il prônait l’interdiction du voile à l’école et dans les administrations ou encore la pénalisation de l’apologie du terrorisme.

On peut avoir l’impression, aujourd’hui, que les attentats sont derrière nous, mais ce n’est qu’une période de rémission, qui sera plus ou moins longue : les fondamentaux qui ont conduit à la crise sans précédent que nous avons connue entre 2015 et 2017 sont toujours là. Il y aura, malheureusement, d’autres tentatives d’attentats. Tout doit être fait, donc, pour éradiquer la menace.

Et bien entendu, le salafisme dit « quiétiste » ou « piétiste » progresse. Si tous les terroristes islamistes qui nous ont frappé ces dernières années en Europe étaient salafistes – ou inspirés par la salafisme – tous les salafistes ne sont pas terroristes. Mais tous, peu ou prou, par la vision rétrograde de l’Islam qu’ils prônent présentent une menace sociétale et attaquent le « vivre ensemble ». Ce combat contre le salafisme sous toutes ces formes, que je mène depuis des années avec des hommes comme Mohamed Sifaoui ou l’Imam de Drancy, Hassen Chalghoumi, qui me font l’honneur de leur amitié, je continuerai à le porter. Sans relâche. C’est un combat idéologique, comme le fut le combat contre l’idéologie fasciste ou contre le communisme.

La deuxième réponse est que je me retrouve dans les 10 priorités définies par Alain Destexhe – https://www.destexhe.be/nos-10-priorites – et qui serviront de base à la rédaction du programme électoral des Listes Destexhe.

La troisième raison, c’est que le spectre politique, à droite, est singulièrement limité en Belgique francophone, surtout si on la compare à la France, mon deuxième pays de cœur. Nous avons le MR, parti respectable dans lequel j’ai de nombreux amis mais qui est bien forcé de jouer, en permanence, le grand écart entre son aile gauche et son aile droite. Et nous avons, à l’extrême droite des mouvements groupusculaires et sectaires qui ne se préoccupent que d’un seul thème, qui jouent sur les peurs et qui n’offrent aucune solution.

Je pense, comme Alain Destexhe, que l’intérêt de la démocratie est que les choses soient claires et qu’il existe aujourd’hui une place pour une formation libérale de droite qui irait du centre droit à la droite classique. Une formation favorable à la construction européenne, refusant toute alliance avec l’extrême droite mais qui défende pied à pied nos valeurs et notre civilisation. Une formation qui regroupe des personnes de bonne volonté qui, en France se retrouveraient dans un spectre large allant des Républicains à La république en Marche, formation qui, dans l’hexagone, a tout mon soutien.

Notre différence, nous ne la creuserons pas seulement sur les questions sécuritaires, mais aussi sur celles de l’éducation, de l’urbanisme, de la culture, de l’économie ou encore du bien-être animal (j’ai une pensée particulière, ici, pour mes deux Maine-Coons, Cassiopée et Hermione…)

Je conclurai sur Bruxelles, où il y a tant à faire.

Disons-le clairement, pour ceux qui ne s’en seraient pas rendu compte : l’état de la capitale de l’Europe est un véritable scandale : avec des infrastructures publiques –  telles que nos tunnels – qui n’ont jamais été entretenues ou l’ont mal été, avec nos chantiers interminables, mal gérés, d’une lenteur dantesque et qui font de la mobilité un cauchemar, avec ses musées dans lesquels il pleut depuis des années, avec son palais de justice qu’on a laissé pourrir sur pied , avec la saleté indigne de nos rues, avec l’insécurité qui règne dans certains quartiers, la gestion de Bruxelles est une véritable honte. Cela ne peut plus continuer. Je veux contribuer au changement, à faire de Bruxelles une ville digne de son rôle de capitale de l’Europe.

Bien entendu, tout ne dépend pas de la Région : le millefeuille institutionnel que l’on a mis en place depuis longtemps morcelle les compétences. Mais en présentant des Listes Destexhe à la fois dans les régions de Bruxelles et de Wallonne et au Fédéral,  nous comptons bien, au lendemain des élections, agir à ces différents niveaux.

C’est pourquoi j’ai accepté de conduire les Listes Destexhe dans la région de Bruxelles – et de participer à la campagne partout où l’on aura besoin de moi. Ce sera un honneur. D’autant que j’aurai le plaisir de mener une liste jeune, énergique, faisant une large place à la société civile,  et pleine d’idéal.

C’est une longue marche que nous commençons…


Gilets jaunes, climat, Bruxelles: pourquoi Claude Moniquet se lance en politique

Claude Moniquet lors d’une conférence de presse avec Alain Destexhe à Bruxelles, le 12 mars 2019. © belga. 

 

MISE À JOUR Claude Moniquet, co-fondateur et directeur d’un centre d’expertise stratégique et sécuritaire à Bruxelles, emmènera l’une des Listes Destexhe aux élections du 26 mai prochain en tant que tête de liste au parlement bruxellois, a-t-il annoncé mardi.

Ce Franco-Belge autodidacte de 61 ans, ancien militant d’extrême gauche avec laquelle il a rompu à 21 ans pour aller vivre dans un kibboutz en Israël pendant plusieurs mois, a été journaliste-reporter pour plusieurs quotidiens et médias audiovisuels en France et en Belgique, où il traitait des conflits géopolitiques et de la sécurité.

“Si j’étais encore agent de la DGSE, je ne vous le dirais pas”
Il fut aussi agent clandestin pour la DGSE, le service de renseignement extérieur de la France. A l’heure de solliciter la confiance de l’électeur bruxellois, il assure que c’est au début des années 2000 qu’il a mis un terme à cette activité de renseignement pour une puissance étrangère. “Et puis, si j’étais encore agent de la DGSE, je ne vous le dirais pas”, a-t-il souri en répondant à cette question aux côtés d’Alain Destexhe, lors d’une conférence de presse dans les locaux du Sénat.

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“Ça peut arriver de se tromper, en 40 ans de carrière”

Claude Moniquet

Des prédictions pas toujours très bien senties
Sur les plateaux de télévision où il intervenait en tant qu’expert, ses prises de position ont parfois pris la forme d’oracles pas toujours confirmés. En mars 2016, lors de la fameuse perquisition anti-terroriste à Forest, interrogé à la télévision, il disait “très très très peu probable qu’on soit en face de Salah Abdeslam”, après avoir déjà affirmé au lendemain des attentats de Paris que Salah Abdeslam n’était plus en Belgique, probablement de retour en Syrie.

Il est apparu par la suite que Salah Abdeslam était bien revenu se cacher en Belgique et qu’il était notamment passé par l’habitation de Forest visée par l’opération policière. Plus tard, Claude Moniquet dira avoir été “absolument convaincu” que Salah Abdeslam se trouvait dans l’appartement de Forest, deux versions que n’avaient pas manqué de souligner les habitués des réseaux sociaux.

“Ça peut arriver de se tromper”
“Ça peut arriver de se tromper, en 40 ans de carrière”, s’est-il défendu mardi, en soulignant le crédit dont jouit son centre d’expertise ESISC sur la scène internationale.

“Nous sommes probablement dans une période de rémission, mais les fondamentaux qui ont conduit à la crise terroriste de 2015-2017 sont toujours là: le salafisme et le fondamentalisme progressent en Europe et en Belgique”, a-t-il poursuivi.

© belga.
La crise des gilets jaunes, le détonateur
S’il a franchi le pas de l’engagement politique auquel il réfléchissait depuis longtemps, c’est dit-il à la suite du mouvement des Gilets jaunes qui a touché la France et s’est répercuté en Belgique.

“Parti d’une frange de la population qui se sent exclue, à la fois socialement et économiquement, ce mouvement a débouché sur le déferlement du populisme, de la violence, de la haine, de l’antisémitisme, et aussi sur l’antiparlementarisme”, selon Claude Moniquet.

S’il rejoint Alain Destexhe qui a quitté le MR pour créer ses propres listes, c’est dit-il parce que le spectre politique à droite est “limité par rapport à la France”. “Le MR joue le grand écart entre ses ailes gauche et droite”, tandis que l’extrême droite “groupusculaire et sectaire n’offre aucune solution”.

Quel projet pour Bruxelles?
Concernant Bruxelles, l’homme souligne son implication dans la Région-capitale où il a co-fondé un Centre européen pour le renseignement stratégique et la sécurité (ESISC) qui emploie “une vingtaine de jeunes diplômés”, et où il vit “depuis des années”, à Schaerbeek.

Il dénonce “des infrastructures publiques mal entretenues, des chantiers interminables qui génèrent une mobilité cauchemardesque”, et un état de délabrement avancé (musées, rues, palais de justice).

Son profil semblait plutôt le diriger vers les compétences fédérales, mais sa présence sur les listes régionales résulte d’un accord avec Alain Destexhe, a reconnu ce dernier. Le sénateur note que la dispersion des compétences en Belgique permet aussi d’agir à l’échelle régionale pour celui qui veut faire sa priorité du combat contre l’islamisme radical et le fondamentalisme religieux.

Pas climatosceptique, mais…
Claude Moniquet a par ailleurs affirmé, au cours de la conférence de presse, son attachement à la cause du bien-être animal. Interrogé sur la mobilisation actuelle des jeunes en faveur du climat, il a assuré n’être pas climatosceptique, mais refuser “des solutions autopunitives pour l’Europe, alors que la grande part (des émissions polluantes) vient d’Asie et de Chine”. Il s’est notamment prononcé en faveur du nucléaire, “une énergie qui respecte l’environnement au contraire des centrales à gaz”.

© belga.

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