Le leader du Labour Jeremy Corbyn lors du congrès du parti travailliste à Liverpool, le 25 septembre 2016 crédits/photos : PAUL ELLIS (AFP)
Le leader travailliste de l’opposition britannique Jeremy Corbyn n’a pas fait assez pour éradiquer le sentiment anti-juif au sein de son parti, a estimé une commission d’enquête parlementaire.
Le rapport de la commission des Affaires intérieures de la Chambre des communes publié dimanche souligne que le responsable socialiste pouvait être fier de son combat contre le racisme, mais qu’en revanche, son manque de fermeté sur la question de l’antisémitisme avait créé un espace protégé dans les rangs au sein du Labour « pour ceux qui sont pourvus d’attitudes ignobles envers le peuple juif ».

« L’échec du parti travailliste de traiter de manière cohérente et efficace les incidents antisémites ces dernières années risque de renforcer les allégations selon lesquelles des éléments du Labour sont institutionnellement antisémites », précise le rapport intitulé « Antisémitisme en Grande-Bretagne ».

« Le résultat est que le Parti travailliste, malgré sa noble histoire de lutte contre le racisme et de promotion de l’égalité des droits, est considéré par certains comme un espace hostile pour les membres et les militants juifs », peut-on encore lire.

Le rapport cible également l’Union nationale des étudiants et le géant des réseaux sociaux Twitter, à qui il reproche de ne pas répondre de manière adéquate et appropriée ce qu’il qualifie de « pernicieuse forme de haine ».

Dans une longue réponse, Corbyn a reproché aux députés d’avoir ignoré l’antisémitisme présent au sein d’autres partis, de s’être fiés à un échantillon pas assez représentatif et d’avoir fustigé les individus sans leur donner le droit d’être entendu.

« Sous ma direction, aucun autre parti n’a mené une action aussi important contre l’antisémitisme que le Labour », a déclaré Corbyn, qui a été élu de façon inattendue l’an dernier à la tête du parti travailliste après trois décennies en marge de celui-ci.

Pourtant, en juin dernier, le dirigeant travailliste avait même mis Israël et l’Etat islamique sur le même plan alors qu’il présentait un rapport commandé après plusieurs accusations d’antisémitisme au sein du Labour.

« Nos amis juifs ne sont pas plus responsables des actions d’Israël ou du gouvernement Netanyahou que nos amis musulmans ne le sont pour les soi-disant Etats ou organisations islamiques », avait-il déclaré.

Des rapports sur les incidents antisémites en Grande-Bretagne, où vit la cinquième plus grande communauté juive au monde (environ 270.000 Juifs), ont explosé ces deux dernières années, ce qui a incité les députés à mener une enquête.

Selon la police, les actes antisémites ont augmenté de plus de 60% à Londres l’an dernier, tandis que le nombre d’incidents enregistrés par le Community Security Trust, qui prodigue des conseils en sécurité aux Juifs de Grande-Bretagne, a augmenté de 11% au cours des six premiers mois de l’année.

Dans ce contexte, un certain nombre de lignes ont éclaté sur les commentaires de membres du Labour et de certains de ses militants, largement considérées comme antisémites. Le parti a suspendu plusieurs de ses membres, parmi lesquels l’ancien maire de Londres Ken Livingstone.

AFP "Jeremy Corbyn (en haut à gauche), Naz Shah (en bas à gauche) et Ken Livingstone (à droite)"
AFP
« Jeremy Corbyn (en haut à gauche), Naz Shah (en bas à gauche) et Ken Livingstone (à droite) »

Selon l’agence de presse Reuters, certains partisans de Corbyn estiment que les accusation formulées contre le Labour, qui est embourbé dans des conflits internes entre ceux qui soutiennent le leader du parti et ses détracteurs, sont destinées à le salir.

Niklas HALLE'N (AFP/Archives) "Manifestation devant le Parlement britannique de soutien au chef du Parti travailliste Jeremy Corbyn le 26 juin 2016"
« Manifestation devant le Parlement britannique de soutien au chef du Parti travailliste Jeremy Corbyn le 26 juin 2016 » (Niklas HALLE’N (AFP/Archives)

« Les députés juifs du Labour ont été soumis à de niveaux de violence effroyables, notamment à des menaces de mort antisémites émanant d’individus qui prétendent être des partisans de M. Corbyn », révèle le rapport.

Le réseau social Twitter a également été visé par le rapport, dont les auteurs ont dit être choqués par le volume et la nature des tweets antisémites visant les députés. Selon le rapport, le géant de l’internet peut et doit faire beaucoup plus pour résoudre le problème.

« Fort d’un chiffre d’affaires global de 2,2 milliards USD, il est déplorable que Twitter continue d’agir comme un hôte atone devant ces vastes étendues de discours de haine antisémite », ajoute le rapport.

I24 News

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