Vidéo de campagne : Eric Zemmour sort le portefeuille pour éviter les poursuites 

L’ex-candidat à la présidentielle a dû régler des dizaines de milliers d’euros aux plaignants, après avoir utilisé sans leur accord des extraits vidéos.

Dix petites minutes de vidéo, mais un gros budget. Éric Zemmour n’avait pas prévu que son clip de campagne – dans lequel il annonçait sa candidature à l’élection présidentielle – lui coûterait si cher. Mise en ligne le mardi 30 novembre 2021 sur YouTube et retransmise en direct sur les chaînes d’information en continu, la vidéo avait immédiatement déclenché une polémique.

En cause, l’utilisation sans autorisation de diffusion de plusieurs extraits vidéos, qu’il s’agisse d’émissions de télévision (France 2, France 3, France Culture…), de films – A bout de souffle, Jeanne d’Arc, Les Misérables… – ou de personnalités, comme Yann Barthès, Aymeric Caron ou le ministre de la justice Éric Dupond-Moretti.

Des accords confidentiels de 15 000 à 30 000 euros

Des ayants droit qui, en nombre, ont porté plainte. Selon nos informations, plusieurs accords confidentiels ont été trouvés entre les plaignants et les équipes d’Eric Zemmour. Des sommes allant de 15 000 euros à 30 000 euros ont été versées, ou sont en cours de versement à plusieurs plaignants. Parmi eux, la société Bangumi, qui produit Quotidien, et Yann Barthès, son présentateur. L’accord trouvé, confidentiel, doit permettre de clore deux procédures toujours ouvertes. L’une au nom de la société pour « l’utilisation des images au titre de la contrefaçon des droits voisins du producteur », l’autre, devant la 17e chambre, pour atteinte aux droits à l’image de Yann Barthès, qu’on aperçoit dans le film. L’intéressé avait d’ailleurs publiquement fait part de sa volonté de reverser l’argent obtenu à des associations d’aide aux migrants.

Eric Zemmour a déjà versé 70 000 euros au printemps

Des accords financiers qui s’ajoutent à des versements antérieurs. Ainsi Eric Zemmour, le parti Reconquête ! et l’un de ses proches, François Miramont, ont déjà été condamnés, le 4 mars, pour « contrefaçon de droits d’auteur », pour un total de 70 000 euros. Dans le jugement, que nous avons pu consulter, on retrouve parmi les plaignants les sociétés Gaumont et EuropaCorp, les réalisateurs Luc Besson et François Ozon, la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD), ou les ayants droit du réalisateur Henri Verneuil et de l’écrivain Jacques Prévert. A l’époque, l’entourage d’Eric Zemmour avait annoncé faire appel de cette condamnation. Le polémiste s’est finalement désisté, selon les informations de L’Express, et a réglé les montants demandés au printemps.

Une facture provisoire de 115 000 euros

Pour l’heure, selon nos calculs, la facture s’élève au total à 115 000 euros pour Eric Zemmour. Un montant provisoire, puisque « trois ou quatre procédures sont encore en cours », selon maître Laurence Dauxin-Nedelec, qui représente l’ancien journaliste du Figaro dans cette affaire. La stratégie d’Eric Zemmour est désormais de privilégier les accords, pour éviter les procédures judiciaires depuis la déconvenue de mars. Certains plaignants ont également abandonné les poursuites, comme l’écrivain et économiste Jacques Attali.

Quoi qu’il advienne, la somme n’entrera pas dans les frais de campagne, et ne sera donc pas remboursée par l’Etat. « Par essence, tout ce qui est contentieux n’est pas éligible au compte de campagne », nous affirme, par SMS, le mandataire financier de la campagne, Gilbert Payet, qui rappelle à juste titre que « les condamnations, pour quelque motif que ce soit, ne peuvent être considérées comme dépenses électorales ». De quoi faire de cette vidéo Youtube – qui n’est plus disponible sur la plateforme, comme l’a exigé la justice – une bien chère prestation.

L’EXPRESS

4 Commentaires

  1. Avec 130 000 adhérents qui donnent en moyenne 80 Euros par an, cela fait une rentrée de plus de 10 M€ de cotisations par an ; les 100 k€ de dommages-intérêts versés à ces « minables » ne représentent donc que 1 % des cotisations annuelles, une broutille donc !!
    Je me marre aurait dit Coluche.

  2. si cela avait été un autre homme politique, jamais on lui aurait demandé des droits d’auteur. c’était uniquement pour le mettre en difficulté et tenter de lui nuire

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