La Chine a un problème: les masques hyperréalistes qui dupent la reconnaissance faciale.

En 2006, quand est sorti le troisième volet de la saga Mission impossible au cinéma, une grande partie de l’intrigue reposait sur l’utilisation de masques ultra réalistes, dupant personnages et spectateurs jusque dans les dernières minutes du film. Au point de paraître parfois légèrement excessif.

Vingt-deux ans plus tard, la réalité a rattrapé la fiction et les masques en silicone sont devenus si réalistes qu’ils permettent désormais de pirater les systèmes de reconnaissance faciale, relate le média chinois d’État Sixth Tone.

En Chine, leur utilisation a pris une telle ampleur que les autorités sont obligées de sensibiliser le grand public sur la question. D’autant plus que ces masques, un temps circonscrits aux seuls plateaux de tournage, sont aujourd’hui disponibles sur de nombreuses plateformes de vente en ligne, à des prix tout à fait abordables.

Et leur utilisation détournée ne fait aucun doute: les vendeurs eux-mêmes mettent souvent en avant la possibilité de tromper les scanners de reconnaissance faciale grâce aux masques. Ce qui pose un problème de sécurité évident et ouvre aussi la voie à de nombreuses arnaques.

Mission tout à fait possible

Le journal chinois Legal Daily (détenu par l’État), qui a enquêté sur le sujet, précise que les masques en silicone peuvent coûter quelques yuans pour les premiers prix et monter jusqu’à 25.000 yuans (environ 3.180 euros) pour le haut de gamme et des pièces qui peuvent prendre plusieurs mois de travail.

En plus des habituels masques qui reproduisent le visage de célébrités, certains vendeurs proposent des visages personnalisés. Votre voisin, votre patron, votre banquier: il vous suffit d’envoyer quelques photos de votre cible au fabricant. Évidemment, il n’en fallait pas plus pour que leur utilisation ressemble parfois à celle que l’on peut voir au cinéma.

Par exemple, en mars 2024, à Shanghai (est de la Chine), un cambrioleur a pu pénétrer au sein d’une résidence pour y dévaliser quatre appartements et dérober un butin d’une valeur de plus de 100.000 yuans (environ 12.700 euros). Les enquêteurs se sont basés sur les images des caméras de surveillance pour chercher leur coupable. Sauf que le vieillard qu’ils cherchaient étaient en fait un homme d’une quarantaine d’années portant un masque.

D’autres personnes les utilisent pour tromper des scanners de reconnaissance faciale. Un acheteur l’a confirmé dans la section commentaires d’un revendeur en ligne, affirmant avoir ainsi pu déjouer un système de sécurité sur son lieu de travail.

Il y a quelques années, la reconnaissance faciale de l’iPhone avait été piratée grâce à un masque du même genre et certains téléphones peuvent même être déverrouillés avec une simple photo en 2D. À l’heure où de plus en plus de paiements sont réalisés grâce au téléphone, on comprend que le problème des faux visages inquiète les autorités.

Kori

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