C’était un 23 août il y a 80 ans : comment ce couvent aveyronnais va cacher 86 Juifs dont 75 enfants

L’histoire du couvent Notre-Dame-de-Massip à Capdenac-Gare sous l’Occupation refait surface avec l’enquête réalisée par Simon sur ses ancêtres juifs durant la Seconde guerre mondiale.

1942, « l’année de la solution finale », dit Simon sur sa chaîne Youtube et sur le site consacré à l’histoire de son arrière-grand-père Isidore durant la Seconde guerre mondiale. « Fils de déportés, père d’enfants cachés, résistant français juif, soldat de la Libération » : un livre sur sa vie devrait bientôt voir le jour aux éditions Ouest France.

En attendant, Simon livre étape par étape la vie de son ancêtre sur les réseaux sociaux. Et nous sommes le 23 août 1942, à Toulouse, il y a tout juste 80. Ce jour-là l’archevêque Saliège, jusqu’à lors soumis au régime de Vichy mais alerté par la condition de vie des juifs dans les camps de détention, faisait lire dans tout le diocèse de Toulouse, au grand dam du régime de Pétain, une « lettre sur la personne humaine ». « Les Juifs sont des hommes, les Juives sont des femmes. Les étrangers sont des hommes, les étrangères sont des femmes. Tout n’est pas permis contre eux, contre ces pères et mères de famille. Ils font partie du genre humain », écrit-il notamment.

Cette lettre émeut les chrétiens de la région et  un réseau d’entraide se forme. Ce sera le cas au couvent de Massip, à Capdenac-Gare, où sur la demande de l’archevêque, la mère supérieure et chargée de l’internat Denise Bergon, aidée notamment des soeurs Marguerite Roques, professeur de mathématiques, infirmière et responsable de la colonie de vacances,  et Louise Thèbes, vont accueillir et cacher en tout 86 personnes juives, dont 75 enfants, selon les archives qu’a consultées Simon. Parmi eux, la grand-mère de Simon Marylène, et sa sœur Monique, âgées respectivement de 3 et 6 ans. Toutes deux échapperont à la rafle, grâce aux soeurs du couvent.

Ce ne sera pas le cas des parents d’Isidore : ce même 23 août 1942, la mère Rachel écrit à son fils depuis le camp de Drancy, où elle était internée avec son mari : « Mes chers enfants, je pars pour un pays inconnu ». Le lendemain, elle était déportée à Auchwitz. Le convoi portait le n° 23…

Source : centre presse aveyron.fr

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