L’ancien président du Parlement israélien (Knesset) et patron de l’agence juive, Avraham Burg, a fait part de sa volonté de ne plus être enregistré comme un juif. En effet, ce membre de longue date du Parti travailliste veut que la mention « juif » soit enlevée de la case d’appartenance religieuse figurant sur ses papiers d’identité. Il a donné l’information dans une interview accordée au quotidien Haaretz.

Il n’y a pas de distinction entre la religion et l’Etat

« Je ne peux plus sentir une proximité avec ce collectif. Il ne s’agit pas d’un acte radical, mais quelque chose est devenu nécessaire depuis la promulgation de la loi de juillet 2018 qui fait d’Israël l’État-nation du peuple juif » a-t-il ajouté. Notons que ce type de démarche est rare dans l’Etat hébreu, où il n’y a pas de distinction entre la religion et l’Etat. Par ailleurs, il ne s’agit pas de la seule demande réalisée par Avraham Burg. En effet, ce dernier demande à ce que les paroles de l’hymne nationale israélienne soient modifiées, l’Hatikva.

A l’en croire, ce texte pose problème puisqu’il ne convient pas aux juifs ashkenazes. Pour rappel, ce n’est pas la seule fois que des questions ayant rapport avec la religion font les choux gras de la presse israélienne. Le caractère indissociable de la religion et de l’Etat a entraîné notamment des problèmes comme les mariages religieux.

Avraham BURG

 

Avraham Burg (אברהם בורג), né le 19 janvier 1955 à Jérusalem, est un homme d’État franco-israélien. Partisan déclaré de la laïcité, il milite en faveur de la séparation des institutions religieuses de l’État d’Israël.

Élu à la présidence de la Knesset en 1999, il est le premier député désigné par ses pairs pour présider les travaux du Parlement national étant né sur le territoire israélien. Au mois de juillet 2000, il devient président de l’État d’Israël par intérim après la démission d’Ezer Weizman ; il occupe ce poste un peu moins de vingt jours, jusqu’à l’élection de Moshe Katsav.

Biographie

 

Il est le fils de Yosef Shlomo Burg (1909 – 1990), lequel fut membre du Parti religieux national, ministre dans des gouvernements tant travaillistes que de droite ainsi qu’élu à 11 reprises à la Knesset. Il fait son service dans une brigade parachutiste de Tsahal avec le grade de lieutenant puis étudie les sciences sociales à l’Université hébraïque de Jérusalem.

Burg milite ensuite dans Shalom Archav et est blessé par une grenade lors d’une manifestation de l’organisation à Jérusalem au cours de laquelle Emil Grunzweig est tué. Il se définit comme « une personne qui ne renoncera jamais à rechercher des voisins arabes avides de paix, afin de sauver avec eux le monde qui nous est commun ».

En 1978, il épouse Anne-Joëlle Lazare, dite Yaël, la fille de Lucien Lazare.

Il obtient la nationalité française en 2007.

Évolution de sa position à l’égard du sionisme

Après avoir été président de l’Organisation sioniste mondiale, il rompt avec le sionisme de gauche dans les premières années qui suivent le déclenchement de la seconde intifada en septembre 2000, et participe aux travaux du Forum Bruno Kreisky pour le dialogue international qui a publié le rapport intitulé Repenser la politique en Israël/Palestine. La partition et ses alternatives, présenté en 2014 par le groupe de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen.

En septembre 2003, Burg fait sensation avec la publication dans le quotidien Yediot Aharonot d’un article intitulé : « La révolution sioniste est morte » et reproduit dans la presse internationale.

Dans un entretien publié en juin 2007 dans Haaretz, Burg parle d’Israël, qu’il a quitté, comme d’un « ghetto sioniste ». Il y déclare que « la définition d’Israël en tant qu’État juif mène à sa perte. Un État juif est explosif. C’est de la dynamite. ». Il considère qu’il est temps de dénoncer la théorie de Theodor Herzl, estimant qu’après la création d’Israël, le sionisme aurait dû être aboli.

Il envisage de remettre en cause la loi du retour qui permet à tout juif de venir vivre en Israël. Il estime que cette loi est « le miroir de l’image d’Hitler » et « je ne veux pas qu’Hitler définisse mon identité ».

En juillet 2010, il crée un nouveau parti politique israélien judéo-arabe, Shivyon Yisrael (Israël Égalité) qui « demande la pleine égalité pour tous les citoyens d’Israël, le genre d’égalité que nous exigeons pour les Juifs de la Diaspora, où qu’ils vivent ».

En janvier 2015, il apporte son soutien au parti arabe Hadash.

« Si le Dalaï-lama et le rabbin raciste Kahane tombent à l’eau et que je ne peux en sauver qu’un, je sauve le Dalaï-lama, parce qu’il est mon frère dans le système de valeurs qui est le mien. ».

« Bien sûr que l’antisémitisme existe encore, sous la forme d’un mixte bizarre d’antijudaïsme religieux, de xénophobie, d’anti-impérialisme, d’antiaméricanisme et d’anti-israélisme d’extrême gauche. Mais le phénomène contemporain est celui d’une haine généralisée de l’autre, de l’étranger, de l’immigré, de la différence, de l’homosexualité, des musulmans et, dans le lot, des juifs. L’antisémitisme est désormais une partie seulement d’un phénomène universel plus global. Revendiquer une spécificité en la matière me paraît stupide. ».

 

La haine de soi en tant que juif

La haine de soi juive ou haine du soi juif (allemand : jüdischer Selbsthaß) est le terme utilisé pour décrire une personne juive honteuse de son identité jusqu’à l’antisémitisme en paroles, en idées ou en actes. Le concept est popularisé par le livre éponyme de Theodor Lessing, Der jüdische Selbsthaß1 (traduit en français sous le titre « La Haine de soi : ou le refus d’être juif »), où l’auteur entreprend d’analyser les propos d’intellectuels juifs qui, produits en réaction à l’antisémitisme ambiant, tendent à l’attiser plutôt qu’à le combattre. Le terme a été particulièrement utilisé pour dénigrer les opposants au sionisme mais le concept se rencontre auparavant où divers groupes juifs s’accusent mutuellement de trahir les Juifs ou le judaïsme.

En 1930 Theodor Lessing identifie une « haine de soi » chez certains Juifs, qu’il décrit comme une « souffrance de minorité », et que d’autres décrivent comme un « antisémitisme juif », parfois avec moquerie ou pour faire polémique. Bernard Wasserstein décrit le phénomène comme avant tout relevant d’un antisémitisme juif, qui serait le résultat d’une internalisation en d’éléments du discours antisémite. Peter Gay, affirme que les Juifs, comme toute minorité, incorpore au moins certains préjugés et stéréotypes de la majorité.

Le concept ainsi que le terme de jüdischer Selbsthaß trouvent leurs racines en Allemagne, où elle est l’un des corollaires fréquents de l’assimilation culturelle des Juifs dans cette nation : leur émancipation formelle est complète mais non leur intégration dans une société qui, souvent, les rejette et tire parti des plus infimes détails pour leur rappeler leur différence et les maintenir dans leur infériorité antérieure. Il semblerait que certains Juifs aient voulu lutter contre ces barrières et légitimer leur judéité en poussant à outrance leur auto-critique entreprise dès les prémices de l’émancipation jusqu’à adopter les codes de l’antisémitisme.

La cible première de ces Juifs critiquant d’autres Juifs aurait été les Ostjuden, « Juifs de l’Est » (ou Pollacks), porteurs d’une culture radicalement différente et nullement enclins à adopter les mœurs des Gentils6 (un affrontement similaire quoiqu’inversé opposait, au sein des Westjuden, juifs réformés et orthodoxes qui voyaient dans les premiers des « Juifs inauthentiques »).

En résumer l’amour du non juif, pour lui être semblable au détriment de sa propre identité comme obstacle à cette assimilation totale. La négation de son identité pour épouser celle d’un autre imaginaire, doté de toutes les qualités.

Burg n’est malheureusement pas le seul, mais il est comme une scorie relativement toxique.

JForum

13 Commentaires

  1. M Burg aurait il les mêmes exigences pour le mouvement national palestinien , le Hamas , Egypte , Russie , Pologne , Hongrie , Grèce , Iran , Turquie , Chine , Biélorussie , Turkmenistan , Inde , Pakistan et quelques autres nations de ce monde ?

    Il est évident que la réponse est non et que M Burg exige d’ Israël ce que ni lui ni personne n’ exige d’une nation ordinaire . C’est donc qu’il ne considère pas Israël comme une nation ordinaire . Chacun pourra en tirer les conclusions qu’il voudra .

    Pour ma part , j’en tire un enseignement pratique : les hommes de bonne volonté , sans distinction de nationalité , ne doivent jamais militer dans un mouvement ou figure le mot Paix .

  2. On accorde beaucoup de crédit à ce médiocre fils à papa, né avec une cuillère d’argent dans la bouche, qui en dépit de ses modestes performances intellectuelles a été propulsé aux plus hautes responsabilités. Ejecté pour cause d’incompétence, il fait son caprice d’enfant gâté et crache dans la soupe dont il s’est bien gavé.

  3. la position d’Abraham Burg en tant que juif apparaît comme le miroir du juif très religieux qui se prend pour l’élite, en dehors de laquelle point de juifs ni de judaïsme. Il est vrai que l’on confond juif et judaÏsme. Les juifs sont définis par rapport à leur judaÏsme, selon les non-juifs, mais le judaïsme ne comprend pas tous les juifs. Des juifs laïcs n’ont rien à faire du judaïsme comme religion, pour se définir comme juifs. Et ils finissent par ne plus vouloir se sentir juifs. En Israël, on peut découvrir différents courants de pensée chez les juifs, comme dans le monde entier, et beaucoup ne se conforment pas nécessairement aux principes de la cacherout et de la Rabanout. Et-il possible pour un juif, de quelque tendance qu’il soit de visiter le Mont du Temple sans être préalablement affûblé de tous les oripeaux religieux? non, sauf pour les juifs étrangers qui ne se déclinent pas en tant que juifs: ce n’est pas logique. Le Mont du Temple est certes un lieu religieux juif, mais le Temple n’existe plus, sauf à le reconstruire une troisième fois, et pourquoi pas. Mais il se définit pour un juif laïque; comme un lieu historique juif, sans nécessairement une connotation religieuse. Je crois que Burg, du fait d’être né en Israël, ne fait pas la différence entre juif et judaïsme et cela le pousse à des idées extrêmes, d’où son histoire entre le Dalaï-lama et le juif religieux. Etablir ces distinctions pourrait permettre de ne pas avoir la haine de soi. Personnellement, je me sens laïque, sioniste, et profondément juive et fière de l’être, puisque je n’ai pas rechigné à faire mon alyia

  4. Un positionnement discutable, certes, mais les réactions haineuses à son égard me semblent aussi très discutables. Il a le mérite de poser de vraies questions, avec des réponses probablement pas les meilleures, mais à ses opposants de trouver la réplique dans le respect.
    Je préfère une Gauche ainsi annoncée au bêtement « anti bibi » qui n’a rien à proposer!

  5. Ne lui jetez pas la pierre, il n’est pas le seul. J’ai rencontré plusieurs juifs en France qui après s’être assuré que je ne suis pas antisémite ( il faudrait que je renie ma femme à 1/2 juive dont je suis …) ils sont gênés, voir agressifs lorsque je leur fait part de mon intérêt pour Israël et du judaïsme en général en me rappelant qu’ils sont français et pas grand chose d’autre. Un zest schizophrènes. Lorsqu’on me rappelle mes origines grecques je ne me sens pas agressé.

  6. Je lui conseille 4 choses
    1) Se convertir à l’Islam et changer son prénom en Ibrahim
    2) De quitter Israël pour l’Allemagne ou la Pologne où il sera reçu à bras ouvert
    3) De créer une association avec des collègues comme Ether Benbassa, Roni Brauman, Berny
    où il sera comme un poisson dans l’eau
    4) Et ensuite d’aller au Diable

  7. Pourquoi lui consacrer tant de texte. Ce pauvre type est actuellement oublie de tous. Qui se souvient de lui en Israel ? Ignorez le et ignorez ses semblables .. La publicite que vous lui faites sert uniquement ses interets . Il peut rentrer dans sa patrie d’origine : L’Allemagne.

  8. nous avons l’incarnation de ceux que la THORA appelle « EREV RAV » ces, personnages apparemment juifs que ne le son pas et ne l’on jamais été. Issus de la, sitra ahar , ils minent le vrai peuple de Moise et descendants de ABRAHAMISAAC ET JACOB. ils se font élire pour, mieux combattre Israël et ses fondamentaux de Thora. Ils ne savent que le mensonge derrière ils se cachent pour mieux se manifester contre les juifs. Ces faux juifs étaient KAPOS dans les camps nazis. Tels des taupes a la solde de pays étrangers , ils s’infiltres pour se réveiller le moment qui leur parait, opportun pour accomplis leurs actions négativistes. Bref DES EREV RAV portant des noms juifs comme LUSTIGER; iLS SERONT DETRUITS CORPS ET AME (‘s’ils en on une) a l’avènement de la gueoula. Il existent a mi chemin entre l’animal et l’homme.

    • Pas d’accord avec vous, johan. Ces juifs ne sont pas à mi-chemin de l’homme et de l’animal. Ils ne sont ni humains, ni animaux : ils ne sont que le néant. C’est leur place pour l’éternité.

  9. Et dire que cet homme a occupé les plus hautes fonctions dans l’Etat d’Israël,. Je plains la mémoire de son père. Que pense son beau père qu’on n’entend pas beaucoup. Lui aussi a eu un rôle important dans le mouvement sioniste. Nous a-t-il dupés ?

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