Inflation, croissance… la Bourse risque un krach historique en cas de stagflation, selon UBS

La Bourse risque d’accuser un krach historique en cas de stagflation (inflation forte, mais croissance faible), selon UBS. Une situation qui serait inédite depuis les années 70, quand un choc pétrolier d’envergure avait alimenté l’inflation et plombé la consommation… et la croissance économique. « Nos simulations suggèrent qu’une inflation soutenue, même si elle est principalement due à la demande, verra les actions perdre 10 à 15% en cumulé sur trois ans”, avertit la banque.

Ces pertes pourraient s’amplifier pour atteindre 40 à 50% dans le cas improbable d’une ‘stagflation », indique une note d’UBS. Si le scénario d’une stagflation ne constitue pas le scénario le plus probable, pour l’établissement suisse, il faut tout de même souligner que la croissance de l’économie tend à ralentir après un puissant rebond post-Covid-19 et que l’indice des prix à la consommation aux Etats-Unis traduit une inflation de 6,2% sur un an, nettement supérieure aux attentes (5,8-5,9%) et au niveau de septembre (5,4%)… et au plus haut en 30 ans !

La banque helvétique identifie des parallèles préoccupants avec la situation des années 70. D’abord, les prix de l’énergie (pétrole, gaz, charbon) se sont envolés rapidement. De même que ceux des denrées alimentaires, des voitures d’occasion, du transport aérien… Pour l’heure, la situation actuelle reste éloignée de celle des années 70. L’inflation reste plus faible, la croissance plus élevée et le chômage moins important qu’en 1975.

“Il y a 46 ans, l’économie américaine s’était contractée de 0,2%, l’inflation cœur (hors éléments volatils) ressortait à 9%, et le taux de chômage s’élevait à 8,5%. Or la croissance américaine devrait dépasser 5% cette année, avec un chômage sous 5% et une inflation cœur à 5%. Les données actuelles ne traduisent donc pas une stagflation, caractérisée par une croissance faible, un chômage élevé et une faible consommation des ménages (et une inflation élevée, NDLR)”, souligne UBS. Pour autant, cela ne veut pas dire que les investisseurs ne devraient pas ignorer le risque d’une période de plus forte inflation et de croissance plus faible, met en garde le géant bancaire helvétique…

D’autant qu’aux Etats-Unis, l’indice des prix à la consommation en octobre, mentionné plus haut, “a provoqué un électrochoc. Les tensions importantes au niveau des chaînes d’approvisionnement internationales et la crise énergétique sont les deux principaux facteurs poussant les prix à la hausse. La Réserve fédérale américaine considère que le phénomène est temporaire. On peut en douter. Il apparaît de plus en plus évident que l’inflation élevée va persister plus longtemps que prévu, certainement une grande partie de l’année 2022. En outre, une boucle prix-salaire semble s’amorcer aux Etats-Unis dans certains secteurs en tension, particulièrement dans les services. Cela va alimenter la hausse généralisée des prix”, avertit Mondial Change.

L’Europe n’est pas non plus à l’abri des tensions inflationnistes. En Allemagne, l’inflation a atteint 4,5% sur un an en octobre. Et elle devrait rester plus élevée qu’avant la pandémie, juge le spécialiste du change. “Cela va alimenter les tensions entre la BCE et une partie de la classe politique allemande qui appelle de ses vœux une normalisation de la politique monétaire en zone euro pour contrer l’inflation. La réunion de décembre de la banque centrale va être compliquée”, s’inquiète-t-il.

PhotoAlto/Frederic Cirou/Getty Images

Écrit par Nicolas GALLANT Publié le 15/11/2021 à 10h12

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